‹ Les règles de la méthode sociologiqueChapitre 30 sur 45 · Division du travail social, 52, S · texte numérisé non relu

Division du travail social, 52, S

2, Ibid., 301 et suiv.

les phénomènes qui en sont la matière concourent entre eux de manière à mettre la société en harmonie avec elle-même et avec le dehors. Sans doute, la formule courante, qui définit la vie une correspondance entre le milieu interne et le milieu externe, n'est qu'approchée ; cependant elle est vraie en général et, par suite, pour exphquer un fait d'ordre vital, il ne suffit pas de montrer la cause dont il dépend, il faut encore, au moins dans la plupart des cas, trouver la part qui lui revient dans l'établissement do cette harmonie générale.

Ces deux questions distinguées, V nous faut déterminer la méthode d'après laquelle alv.- s doivent être résolues.

En même temps qu'elle est finaliste, la méthode d'explication généralement suivie par les sociologues est essentiellement psychologique. Ces deux tendances sont solidaires l'une de l'autre. En efi*et, si la société n'est qu'un système de moyens institués par les hommes en vue de certaines fins, ces fins ne peuvent être qu'individuelles; car, avant la société, il ne pouvait exister que des individus. C'est donc de l'individu qu'émanent les idées et les besoins qu? ont déterminé la formation des sociétés, et, si c'est de lui que tout vient, c'est nécessairement par lu*, que tout doit s'expliquer. D'ailleurs, il n'y a rien dans la société que des consciences particulières; c'est donc dans ces dernières que se trouve la source de toute l'évolution sociale. Par suite, les lois sociolo-

giques ne pourront être qu'un corollaire des lois^ plus générales de la psychologie; l'explication suprême de la vie collective consistera à faire voir comment elle découle de la nature humaine en général, soit qu'on Ten déduise directement et sans observation préalable, soit qu'on l'y rattache après l'avoir observée.

Ces- termes sont à peu près textuellement ceux dont se sert Auguste Comte pour caractériser sa méthode, ce Puisque, dit-il, le phénomène social, conçu en totalité, n'est, au fond, qu'un simple développement de Vhumanité, sans aucune création de iacultés quelconques, ainsi que je l'ai établi ci-dessus, toutes les dispositions effectives que l'observation sociologique pourra successivement dévoiler devront donc se retrouver au moins en germe dans ce type primordial que la biologie a construit par avancepour la sociologie *. » C'est que, suivant lui, le fait dominateur de la vie sociale est le progrès et que, d'autre part, le progrès dépend dun facteur exclusivement psychique, à savoir la tendance qui poussel'homme à développer de plus en plus sa nature. Les faits sociaux dériveraient même si immédiatement de la nature humaine que, pendant les premières phases de l'histoire, ils en pourraient être directement déduits sans qu'il soit nécessaire de recourir à l'observation '. Il est vrai que, de l'aveu de Comte,, il est impossible d'appliquer cette méthode déductive aux périodes plus avancées de l'évolution. Seulement cette impossibilité est purement pratique.

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