CHAPITRE II (p. 20 à
RÈGLES RELATIVES A l'OBSERVATION DES FAITS SOCIAUX
Règle fondamentale : Traiter les faits sociaux comme des choses.
— Phase idéo!o;^ique que traversent toutes les sciences et au coars de laquelle elles élaborent des notions vulgaires et
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pratiques, au lieu de décrire et d'expliquer des choses. Pourquoi cette phase devait se prolonger en sociologie plus encore que dans les autres sciences. Faits empruntés à la sociologie de Comte, à celle de M. Spencer, à l'état actuel de la morale et de l'économie politique et montrant que ce stade n'a pas encore été dépassé.
Raisons de le dépasser : 1° Les faits sociaux doivent être traités comme des choses parce qu'ils sont les data immédiats de la science, tandis que les idées, dont ils sont censés être le développement, ne sont pas directement données. 2° Ils ont tous les caractères de la chose.
Analogies de cette réforme avec celle qui a récemment transformé la psychologie. Raisons d'espérer, dans l'avenir, un progrès rapide de la sociologie.
IL — Corollaires immédiats de la règle précédente :
1° Écarter de la science toutes les prénotions. Du point de vue mystique qui s'oppose à l'application de cette règle.
2" Manière de constituer l'objet positif de la recherch,e : grouper les faits d'après leurs caractères extérieurs communs. Rapports du concept ainsi formé avec le concept vulgaire. Exemples des erreurs auxquelles on s'expose en négligeant cette règle ou en l'appliquant mal : M. Spencer Bl sa théorie sur l'évolution du mariage; M. Garofalo et sa définition du crime; l'erreur commune qui refuse une morale aux sociétés inférieures. Que l'extériorité des caractères qui entrent dans ces définitions initiales ne constitue pas un obstacle aux explications scientifiques.
3" Ces caractères extérieurs doivent en outre être les plus objectifs qu'il est possible. Moyen pour y arriver : appréhender les faits sociaux par le côté où ils se présentent isolés de leurs manifestations individuelles.