‹ Les regrets de la grande îleChapitre 11 sur 12 · DERNIER CHANT · texte numérisé non relu

DERNIER CHANT

O mon fils, si l'ennemi D'une balle me renverse Dans la boue et dans le sang.

Tu porteras la nouvelle Aux morts de notre tombeau.

Tu leur diras que la France A réclamé son enfant Et qu'ils ne m'attendent pas Pour prendre part aux conseils Qu'ils tiennent les soirs de lune,

Tu leur diras que mon corps Repose sous un ciel bas Dans un pays que la guerre A rendu plus désolé Que la brousse en feu de l'île,

Puis, non loin de leur tombeau, Quand tes bras auront grandi, O mon fils, tu dresseras, Toute seule et désolée, La pierre du souvenir.

Mais si V arbre de la Race, Grâce à toi, porte des fruits, Leurs parfums chargés de vie Viendront me réconforter Dans mon exil éternel.

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