Le marquis et la marquise de la Tour-du-Pin-Gouvernet
8. Théophime-Gérard, marquis de Lally-Tollendal, fils du fameux et malheureux gouverneur des Indes eondamné à mort comme traître à sa patrie, en 1766. Après avoir consacré plusieurs années de sa vie à obtenir la réhabilitation de son père, il se consacra à la politique et fut député aux États généraux en 1780. An été en 1792, il échappe à lu mort et émigré en Angleterre pour ne rentrer en France qu'à la Restauration, où il reçoit le titre de pair de Fiance. Il était né en 1751 et mourut en l&tt).
9. Louis-Philippe de Noailles (17bl-183VS frère du maréchal, marié à Anne de Beaudau.
le jardin. Après le déjeuner, on a été se promener à volonté dans le jardin; quelques gouttes de pluie qui sont survenues et des violons que Ton a vus entrer au château ont engagé nos jeunes dames à rentrer. Aussitôt un orchestre, assez mauvais pour dire la vérité, a joué des anglaises et des écossaises qui ont mis en train nos danseurs et nos danseuses... Après deux heures de danses et d'éloges prodigués aux aimables françaises, il a été question de laire ses adieux à la maîtresse de la maison, qui était bien aise d'être débarrassée de nous, malgré tous nos charmes pour plaire. »
Après ce billet, d'un ton si savoureux, le duc de Bourbon en écrit un autre pour célébrer un dîner organisé par M,ne de Balbi « à l'intelligence aussi aimable que gourmande » chez le duc de Queensbury :
« Londres, 18 septembre 1798.
» Toute la société qui était établie à Ham 1 , commune près de Hichmond, revient aujourd'hui et j'y devais dîner, mais Mim* de Balbi, avec l'in-
1. Petit village situé entre Kichiuond et Kingston à une douzaine de kilomètres de Londres.
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telligenee aussi aimable que gpurmande que vous lui connaissez, a pensé que le dîner serait mieux soigné chez le duc de Queensbury et, sûre de son consentement à cet égard, a si bien arrangé les choses que nous avons fait hier une chère plus que divine. Le nectar et l'ambroisie ne sont que des pommes de terre et do la petite bière en comparaison des blanquettes aux truffes, des émincés de concombres, des salmis de perdrix truffées, des vins de Champagne, de Bourgogne, de Madère, de Malvoisie, de Tokay à la glace, et des fruils, glaces, etc. qui nous ont été prodigués avec une profusion délicieuse pour des émigrés habitués à ne vivre que de privations. Le duc était d'une telle gaîté après le dîner, et m'avait pris dans une telle amitié qu'il voulait presque employer la force pour me faire coucher dans sa maison.... Enfin, sans Mnu de Balbi, qui a l'habitude des princes et qui sait qu'en général ils sont entêtés et volontaires, je crois que j'y serais encore, toujours mangeant des glaces et des pèches. Elle lui dit si naïvement que si j'avais envie de rester je ne me ferais pas prier, qu'il m'a laissé tranquille. J'ai pris mon chapeau, monté mon superbe cheval, et, à minuit, jetais dans Brianston chez la marquise que j'ai trouvée faisant la veillée avec Mme de Frogers et Philippe » (de Vaudreuil).
L'épigramme est aimable et l'ironie légère, mêlée d'ailleurs de reconnaissance. Voici un plus grave sujet :
« Nous avons eu chez Mmc de Belzunce trois messes de minuit, les plus longues qui aient jamais existé. De suiteaprès, une dinde aux truffes, des poule» au riz, des jambons, gâteaux, punch, enfin tout ce qui fait l'essence d'un excellent réveillon, farci de parties de whist, ont prolongé tellement la veillée, que Ton ne s'est retiré que vers six heures. Il n'y avait en femmes que Mmef de Balbi, de Bouillé, de Coigny, de Rouault, de Lévis, de Sigy, de La Fare, de Puisignieux, de Piennes ; aucune des Fitz-James n'y est venue. »
Mme de Balbi joue toujours ! La lettre du prince permet de le constater. Elle est partout, d'ailleurs, et c'est chaque jour quelque nouvelle distraction. « Depuis huit jours, écrit le duc, lady Alméria a arrangé à Barme une small party où Mmes de Belzunce, de Rouault et de Balbi devaient se trouver : parties « whist-casino », calculées par individus : duc de Glocester1, duc de Laval2, Livarot, de