Archives du château de Vic-sur-Aisnc
2. Charlotte-Louise-Éléonore d'Osmond, comtesse de Boigne, née à Versailles en 1781, morte en 1866. — V. les Mémoires de la comtesse de lioigne, publiés par Ch. Nicoullaud. 4 vol. in-8°, Pion, 1907.
3. Éléonore Dillon, dame de Madame Adélaïde, fille de Louis XV, mariée en 1777 à Eustache-René, marquis d'Oamond. mestre de camp de cavalerie.
4. Le comte Pozzo di Borgo, célèbre diplomate d'origine corse, issu d'un»' famille noble, né en 1764 mort en 1842. Député à l'Assemblée Législative, il fut déclaré suspect après le 10 août et condamné à la mort civile. Réfugié en Corse, puis en Angleterre et en Autriche, il s'v trouva mêlé à diverses intrigues politiques. Entré définitivement au service de la Russie, il se voua entièrement à la diploma-
nombreuse compagnie et bonne conversation. Voilà Monsieur le vicomte toute mon histoire, j'ajouterai malgré tout ce que vous en dites que Saint-Germain à beaucoup (Pat traits pour moi, puisqu'il a le bonheur de vous posséder ainsi que M,n" de Caux. Mais avec la faible santé de Mme de Lordat on ne sait jamais, quand elle se couche, si elle ne sera pas malade le lendemain; pour preuve, depuis deux jours elle garde son lit s'étant donné une indigestion quoiqu'elle ne mange presque rien.
» Puisque vous retournez à Paris, si nous pouvons trouver un logement pour aller y passer un mois cet hiver nous irons sûrement beaucoup mais beaucoup rue de Choiseul. »
» Les inséparables offrent au ménage les choses les plus tendres.
» Comtesse de Balbi, née Caumont-La Force. »
L année précédente, en effet, Mmc de Lordat s'était trouvée inopinément fort malade à son retour
tic et joua un rôle important au Congrès de Francfort-sur-le-Mein. Kn 1814 il défendit activement auprès dos puissances les intérêts de la France. Ambassadeur de Russie à Londres, puis à Paris, il jouissait du plus grand crédit auprès de Louis XVIII qu'il avait suivi à Gand en 1815. — Le roi Charles X ne lui témoigna pas la même faveur, et il se rallia en 1830 au nouveau Gouvernement.
de Touraine où elle avait fait un séjour prolongé !.
« Il faut, Monsieur, écrivait-elle à M. de Saint- Paul, que je vous fasse part de tous mes chagrins, de toutes mes calamités, bien sur que vous y prendrez intérêt. Partie de Tours le 2;>, je couche à Chateaudun. Mmc de Lordat dans la nuit, se trouve si malade que je suis obligée (renvoyer chercher un médecin. Être malade à l'auberge, c'est l'être doublement; elle ne pouvait pas y tenir. Je cours chercher des logements, j'en trouve un, fort cher mais près de cette auberge, le médecin ne voit pas d'inconvénients à l'y transporter, nous y sommes établies depuis dix jours. Mme de Lordat a eu une irritalion de poitrine mêlée à d'autres maux. Elle tousse beaucoup moins, mais elle est d'une faiblesse extrême, je ne sais donc pas quand nous pourrons aller à Paris. Voilà, Monsieur, la part du chagrin, celle des calamités est sans nombre :
Je laisse un homme à Tours pour faire emballer mes effets, je lui adjoins un tapissier, ils ont fait cette besogne tout de travers et par comble ont mis dans la caisse du vin, dix ou douze bouteilles de plus qu'ils n'avaient déclaré. On a saisi mes effets il a fallu déposer de l'argent pour les
1. C'est sans doute à cette époque que la vit à Tours M. de Beaumont- Yassy. Mémoires secrets du XIX* siècle, page 21.
ravoir, je suis à présent en négociations. Heureusement qu'un député de mes amis est venu me voir, il a été chez le docteur et tout cela grâce à lui va s'arranger. J'étais menacée d'une amende de plus de 200 francs! Ajoutez à ces tribulations, que j'ai eu a payer, pendant huit jours, au moins cinq logements : celui de Tours, celui de l'auberge, l'appartement que j'ai loué à côté, un autre qu'on m'avait retenu à Paris pour quinze jours, et enfin celui que je loue à l'hôtel Chabrillan pour mettre mes meubles! Il faut bien compler sur votre intérêt pour vous faire tous ces détails, mais j'en étouffe!
Je crois vous avoir mandé que j'avais reçu les mille francs pour le mois d'avril ; dites à M. Lavoisier de m'envoyer les mille francs pour le mois de mai. Quand la santé de Zénobie me permettra d'aller à Paris, je ne manquerai pas de vous en prévenir ayant, Monsieur, le plus grand désir de vous voir.
» Les inséparables vous disent mille et mille choses, vous savez combien elles vous aiment. »
La duchesse de Luynes était restée la grande amie de Mme de Balbi, cette dernière faisait chez elle, à Paris ou à la campagne, de fréquents séjours : « Décidément je pars lundi pour Dampierre, écrit-elle le 21 juin 1836, de là je vais en
rl94 LA COMTESSE DE BALOl.
Normandie à Esclimont, peut-être je reviendrai à Dampierre, me voilà dehors pour trois mois au inoins... Quand vous avez quelque chose à me faire passer, envoyez à l'hôtel de Luynes, 33, rue Saint- Dominique; il y a sans cesse des occasions sûres. »
Depuis de longues années, elle se rendait chaque été pour plusieurs semaines ou plusieurs mois dans ce magnifique domaine où la famille de Luynes tenait un état de maison somptueux et menait un train princier. Tous les familiers de l'hôtel de Luynes y passaient alternativement : MM. de La Vaupalière^de Sainte-Foix, de Ferrette2, MMn,cs de la Ferté, de Vaudemont3, MM. de Talleyrand, de Choiseul-Gouffier ; on se promenait, on causait, on chassait à cheval ou en calèche et le soir on se mettait à jouer jusqu'au jour. Dès 182">, le vicomte Sosthène de La Rochefoucauld 4 nous parle du séjour qu'il avait fait avec elle à la cam-
1. Pierre-Charles-Etienne Maignerd, marquis de La Vaupalière, né en 1730, mort en 1817, un des chefs de l'armée de Condé, lieutenant-général, marié à Diane de Clermont, déjà veuve de François < le Govon -Matignon.
2. Jean-Baptiste, comte de Ferrette, né en 1749, mort en 1831. Grand-bailli de Tordre de Malte, ambassadeur à Paris de la Cour de Bade.
3. La princesse de Vaudemont, née Montmorency, avait épouse le frère cadet du prince de Lambescq. Elle habitait Pété à Suresnes une très belle propriété et l'hiver un hôtel situé rue de Provence où elle recevait chaque soir.
h. Mémoires de La Rochefoucauld, 5 vol. in-8°, Allardin, Paris, 1837.
LA MORT DE ANNE l>E BALBI 495
pagne chez Mn,c de Luynes et semerveille de la verve avec laquelle elle raconte maintes.anecdotes sur le feu roi et les personnages de l'ancien régime qu'elle a connus et fréquentés...
A la fin de l'hiver de 1K42, M"10 de Balbi tomba malade à la suite d'un refroidissement : « Ma mère garde son lit depuis quinze jours par un catarrhe affreux qu'elle a dans la tète et qui lui donne beaucoup de fièvre écrivait M'ne de Lordat. Elle est dans l'impossibilité d'écrire... » Dès qu'elle se trouva un peu moins souffrante, Mme de balbi qui se sentait gravement atteinte se rendit à Paris pour consulter son médecin. Ce devait être son dernier voyage; à peine arrivée elle dut reprendre le lit et après quelques jours d'indisposition elle s'éteignit presque sans souffrance le 3 avril à trois heures de l'après-midi. Elle avait eu le temps de réclamer les consolations de la religion et de les receyoir en pleine connaissance. Au prêtre qui venait la confesser et lui administrer les derniers sacrements, M""' d<* Balbi aurait pu tenir peut-être le même langage que la comtesse de Grolée à son lit de mort1.
I. Françoise-Ouérin de Tencin comtesse de (Jrolée, fille de Antoine de Tencin, premier président du Sénat de Savoie et de Louise de Bussevant. Klle était la sœur du cardinal de Tencin et de la fameuse Claudine, marquise de Tencin.
« J'ai été jeune, j'ai été jolie, on me Ta dit, je l'ai cru, .jugez du reste! » Mais si son passé n'était pas sans reproches, si elle s'était montrée longtemps peu fervente elle avait cependant gardé ses convictions, et les doctrines philosophiques du XVIIIe siècle qui avaient bercé sa jeunesse n'avaient pas altéré les principes religieux de son enfance.
Terrassée hors de chez elle par la maladie, elle
n'avait pas eu du moins le déplaisir de tomber
malade à l'auberge, et la pauvre femme dont
l'existence avait été si cahotée aux quatre coins
de l'Europe eut la consolation de ne pas mourir
dans une maison étrangère. Comme elle le faisait fréquemment lorsque son séjour devait être de
courte durée, elle était descendue chez son frère à l'hôtel de Caumont-La Force.
L'acte de décès tut dresséà la mairie du Xe arrondissement le 5 avril 1842, à dix heures et demie du matin :
Le jour d'avant-hier à trois heures après midi est décodée à son domicile, rue de Grenelle, 105, Anne- Jacobé de Caumont-La Force, âgée de 83 ans: propriétaire, née à La Force (Dordogne), veuve de François- Marie-Armand, comte de Balbi.
Constaté par nous, Auguste Hessas-Lamégie, maire du Xe arrondissement de Paris, chevalier de la Légion
d'honneur, remplissant les fonctions d'oflicier de l'État civil, sur la déclaration de Jean-François Pector, pensionnaire de l'État, demeurant rue de Grenelle, 47, âgé de 60 ans et d'Adolphe Grétry, demeurant rue du Four, 19, âgé de 36 ans, lesquels ont signé avec nous après lecture à eux faite de l'acte.
Signé : Pectob, Gbétby, Bessas-Lamégie.
Les registres de l'église de Saint-Thomas ri'Aquin nous apprennent que les obsèques eurent lieu le <> avril et que le convoi fut de 2° classe :
Le 6 avril a été présentée à celte église Anne-Jacobé de Caumont-La Force, comtesse de Balbi ; décédée le 3 de ce mois à l'Age de 83 ans, munie des sacrements de l'Église.
Témoins : François-Philibert-Bertrand Nompar de Caumont-La Force, pair de France, frère de la défunte et Alfred-Philibert-Victor Guignes de Moreton, marquis de Chabrillan, pair de France, neveu de la défunte.
Voici le billet de faire part qui conviait à la cérémonie :
Vous êtes prié d'assister au convoi, service et enterrement de Madame la comtesse de Balbi, née de Caumont- La Force, décédée à Paris, à l'hôtel de Caumont, rue de
Grenelle-Saint-Germain, n° 115, qui se feront le mercredi 6 avril 1K42, à onze heures du matin, en l'église Saint-Thomas-d'Aquin. sa paroisse.
De profundis !
De la part de M. le duc de Caumont-La Force, de Minp la marquise de Chabrillan, de Mme la duchesse douairière de La Force, de M. le marquis et Mn,e la marquise de Lordal. de M. le comte Victor de Lordat, de M. le comte Auguste de Lordat1, de M. le comte et Mnie la comtesse d'Hautpoul, de M"u' la comtesse Edmond de Caumont-La Force 2, de M. le comte et Mme la comtesse Auguste de Caumont-La Force 3. de M. le marquis et Mine la marquise de la Grange 4, de M. le marquis et Mrae la marquise de Chabrillan, de Mme la comtesse de lîelbeuf. de M. le comte et Mwe la comtesse de Mazin, de M1* Léonline de Chabrillan8, ses frère, sœur, belles<vur, neveux et nièces.
1. Le marquis de Lordat, les comtes Victor et Auguste de Lordat etM^,• d'Hautpoul étaient les enfants de la marquise de Lordat, née Caumont-La Forte.
2. La comtesse Edmond de Caumont-La Force était veuve en premières noces de Georges Craven et était née Charlotte-Georgine Smyth. Elle était veuve en secondes noces dEdmond-Micbel- Philibert de Caumont-La Force, fils de Françore-Étienne de Caumont et de la princesse Galitzine.
3. Auguste-Luc Nom par de Caumont, marié à Edméc-Ghislaine de Vischer de Celles (père et mère du duc actuel, marié à Planche de Maillé de la Tour de Landry».
4. La marquise Constance de la Grange était veuve en premières noces du comte de Clermont Lodève.
5. La comtesse de BellxFuf, la comtesse de Mazin, M"* Léontine de Chabrillan et le marquis de Chabrillan, marié à M"c de Saint- Vallier étaient les enfants de la marquise de Chabrillan, née Caumont-La Force.
LA MO HT tu: AN NT-: UE BALBI.
M,oe de Balbi en mourant avait tout laissé à sa nièce, la marquise de Lordat :
J'annule tous testaments que j'aurais pu faire, disaitelle dans ses dernières disf>osilions
Je fais ma nièce, Mme de Lordat, née Mesnard, mon héritière, ma légataire universelle ; je donne à Mme Cécil, femme Michel, ma femme de chambre, si elle est encore à mon service à l'heure de ma mort, une pension viagère de cent francs.
Je nomme Mme de Lordat, née Mesnard. ma nièce, mon exécutrice testamentaire, et je lui donne la saisine pendant un an à compter du jour de mon décès.
Versailles, ce i«r novembre 1839.
Comtesse de Balbi, née Caumont-La Force.
Si ses contemporains avaient été parfois durs * pour MUIC de Balbi, de son vivant, il semble cependant qu'on ait voulu rendre justice au moment de sa mort à ses réelles qualités et à ses brillants dons naturels. Le lendemain de son décès, le Journal des lM>bals publiait l'article ci-joint. 11 était écrit, il faut se le rappeler, au moment où la presse n'était pas prodigue comme aujourd'hui «le longs articles biographiques ou nécrologiques, et l'importance de ce dernier n'échappera à personne :
!. Klndede3laTolIu,sutrtfSSc>ui'dcM*Tourinf 9, rue de Grenelle.
« Hier à deux heures, à l'hôtel de Caumont, rue de Grenelle-Saint-Germain, une noble existence finissait. Mme la comtesse de Balbi, sœur du duc de La Force, entourée des secours d'une religion qui adoucit tous les sacrifices et d'une famille profondément affligée, terminait à l'âge de 83 ans une vie qui avait traversé bien des phases diverses. Une partie des nombreuses années qui lui ont été données en ce monde s'est écoulée dans une cour dont elle était l'ornement par ses grâces et son amabilité; une autre partie dans l'émigration, où la fermeté de son caractère livrée à de rudes épreuves, ne s'est jamais démentie. Tombée des hauteurs de sa position sociale, Mme de Balbi a prouvé que l'intelligence est encore une puissance plus redoutable que la fortune et les grandeurs; celte puissance de l'esprit * qui ne ployait pas sous la main qui renversait les trônes, Napoléon voulut la briser à la fois et dans Mme de Staël et dans Mn,e de Balbi; toutes deux furent punies par l'exil, l'une pour avoir écrit, l'autre pour avoir parlé avec trop d'indépendance.
La Restauration rendit Mme de Balbi à sa famille et à Paris. Depuis lors elle a vécu d'une vie retirée du grand monde, mûrie par l'expérience, calmée par sa haute raison, active par la chaleur de ses
sentiments et la vivacité de son esprit. Aucune des idées du temps ne lui était étrangère; sa pensée, toujours jeune malgré les années, se mêlait et s'intéressait à tout ce qui se passait autour d'elle. Le cercle de ses relations était étendu et varié; car sa loyauté, sa fidélité, son dévouement en amitié lui avaient attaché irrévocablement ceux qui l'avaient connue à des époques et sous des régimes différents. Elle avait su garder ses amis comme ses souvenirs ; ils occupaient une place dans son cœur, comme les traditions du passé dans sa mémoire. Sa supériorité la rendait indulgente et habile à saisir dans chacun ce qu'il avait de meilleur et de plus distingué; aussi personne plus que M,nH de Balbi n'a jamais compté un si grand nombre d'amis véritables et dévoués et il suffira de leur annoncer sa perte pour leur faire ressentir tout ce qu'elle a de douloureux et d'irréparable ».
Vingt-trois ans après Muie de Balbi, en 186%), Zénobie de Mesnard, marquise de Lordat, s'éteignait à son tour et les premières lignes de son testament étaient consacrées à sa tante pour laquelle elle avait toujours eu la plus filiale affection et à qui elle avait sans cesse donné le nom de mère.
LA r.oMTKSSE UK UM.M.
Je désire qu'il soit dit écrivait-elle le 2ê déceûibre 18G2, |>our ma tante de Balbi et pour moi, cent messes pendant les deux années qui suivront mon décès, je désire en quelque endroit que je meure que mon corps soit réuni à cehii de ma tante de Balbi dans le tombeau où elle repose au IV-re-Lachaise
Son vœu a été réalisé, et, grâce à une fondation établie par Mel,e Léontine de Chabrillan2, la tombe est soigneusement entretenue par l'Assistance . publique. Le sarcophage de marbre surmonté d'une croix et dont quatre acrotères ornent les angles, s'abrite tout blanc sous un massif de lilas dont l'épaisse ramure ombrage la tombe voisine, celle de la marquise de Fontenay Le monument contient trois cercueils et M™* de Balbi repose entre sa mère et sa nièce. Sur l'une des faces on lit les noms de la marquise de Caumont-La Force sur l'autre ceux de la marquise de Lordat, sur le côté
1. M"" de Lordat distribuait dans son testament ses souvenirs les plus précieux venant de Mme de Balbi, aux membres de sa famille : « Je lègue, y était-il dit, à mon cousin le duc de La Force le portrait du roi Charles X, les deux autres portraits placés dans mon salon et ma boite en piqué d'Espagne donnée à ma graad'mèrc par le duc de Penthièvre. Je lègue à Ml,e Caroline de Mesnard, ma cousine, le portrait de M"* la duchesse de Berry qui est dans mon salon; à ma cousine et lilleule Zénobiede Mazinmon argenterie. » (Étude de M* Bessant, successeur de M** Crouzilliat et Denouille) .
2. Aimée-Sophie-Léontinc Guignes de Moreton de Chabrillan, par son testament du 28 avril 187Î, laissa à l'Assistance publique une rente de 300 francs sur laquelle est prélevée la somme nécessaire à l'entretien du tombeau. La rente fut constituée par son frère le comte Paul de Chabrillan en 1874.
opposé à l'allée est gravée l'inscription suivante :
Ci-git :
Dame de Calmoxt-La Force Comtesse de Balbi décédée le S avril 4842
« Les deux inséparables » qu'une si tendre affection avait attachées Tune à l'autre sont désormais réunies et dorment ensemble leur dernier sommeil. L'épitaphe est moins pompeuse que celle de l'ancêtre de la comtesse, le vieux duc de Caumont-La Force, et rien ne vient rappeler les triomphes éclatants de celle qui fut la plus séduisante des reines de l'Émigration, mais son nom seul suffit pour évoquer les souvenirs passionnants de cette curieuse époque et pour faire revivre à nos yeux tout un passé disparu.
t. Le tombeau de Mme de Balbi se trouve au IVre-Lachaise, 28- division, chemin Camille-Jordan un peu en retrait de l'allée. La concession avait été achetée en 1825 par le comte de Caumont, lors de la mort de sa mère.
Un peu avant d'arriver à celte sépulture on trouve celle des Chabrillan, placée sur le bord de l'avenue tout proche du monument Jordan. Elle contient les tombes du beau-frère, de la sœur et de la nièce deMm' de Balbi : Hippolvte-César Guignes deMoreton, marquis de Chabrillan, né à Paris le 8 novembre 17G7, mort à Paris le 16 octobre 1835.
Antoinette- Françoise-Marie Nompar de Caumont-La Force, marquise de Chabrillan, née le l, r juillet 1771, morte le 2 mai 1857.
Aimée-Sophie-Léontine Guignes de Moreton de Chabrillan, née le 8 février 1809, morte le 24 novembre 1823.