Né en 1559, mort en
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La Force, et devint gouvernante des enfants du comte d'Artois
Cette petite orpheline, unique rejeton de cette illustre famille, était appelée à recueillir à elle seule l'énorme succession des Caumont, et le vieux duc, son grand-père, dernier représentant de la branche ducale2, après avoir vu disparaître, à soixante-seize ans, successivement tous ses enfants, ne songeait pas sans une profonde tristesse que son nom glorieux allait s'éteindre et que son antique maison allait disparaître avec lui.
Une singulière aventure vint en décider autrement.
Un jour que dans les grands appartements du palais de Versailles il traversait la salle où s*» tenaient les gardes du corps du Roi, il s'entendit appeler familièrement à voix haute par l'un des jeunes gentilshommes: « (Caumont! ».
Le duc se retourna étonné et s'adressant à celui qui l'interpellait avec si peu de cérémonie : « Puisât je savoir, Monsieur, ce qui vous autorise à vous « adresser à moi avec une telle familiarité? » Le
1. Corre^wndtmces et documents inédits de la maison de La Force publiés par le marquis de La Grange.
2. Il s'agit du duc Armand -Nom par de Caumont, et non du maréchal Jacques-Nom par uV Caumont comme on Ta quelquefois écrit à tort.
LES CAIMONT-LA FOIICE.
jeune homme, nouveau venu à la cour, ne connaissait pas le duc de La Force, mais il s'empressa de s'excuser et répondit au vieux seigneur, outré d'un pareil manquement aux usages, que ce n'était pas à lui qu'il s'était permis de parler. « J'appe- « lais, lui dit-il, un de mes camarades que voici « et qui s'appelle M. de Caumont1. »
La surprise du duc se changea en stupéfaction devant cette rencontre inopinée avec un de ses parents dont il ne soupçonnait pas l'existence. Frappé de ce curieux hasard qui lui faisait retrouver un Caumont si à propos, le duc manda près de lui le jeune homme et, après s'être assuré que, quoique n'étant pas de la branche ducale, il était bien de sa maison, il lui fit épouser sa petite-fille, Adélaïde-Luce-Madeleine. C'est ce chevalier, puis marquis de Caumont, qui devait être le père de M1,e de Balbi.
Le vieux duc mourut après avoir rédigé en partie son épitaphe qui se voit encore sur un monticule dominant la Dordogne, au milieu des ruines du château de La Force, près de Bergerac. Elle est ainsi libellée:
1 . Histoire des pairs de France, par do Courcelles (t. VI) et registre manuscrit du cabinet du Roi (t. III).