LES INDUSTRIES CHIMIQUES
métallurgiques, et l’on doit observer, « | dant, que la guerre prend de prise en pl
plosifs et aujourd hui étendu aux gaz.
Il n'y à rien de plus FR que
int dus son ouvrage À la Conquêt L Richesse. a Les NoBez sont originaires de Suèd père, Emmanuel NoBEL, ingénieur, profes à l’Université de Stockholm, monte, à à mande du Tsar, une usine d’armem roi de la dynamite, Alfred NOBEE, :
21 octobre 1633. Il travaille che SO:
puis il part en Amérique, chez le célèbre ingénieur suédois John ERICSSON, qui s’occupait de constructions navales.
Alfred NoBez quitte New-York à vingt-etun ans et retourne en Russie, en 1854. La guerre. de Crimée donne à ce moment une grande activité aux affaires du père, qui fabrique surtout des mines et torpilles. Après cette heure de prospérité, la maison NOBEL est délaissée par le Tsar, et Emmanuel NoBet, qui se lance dans la construction navale, fait faillite.
Après avoir vainement tenté de monter une nouvelle affaire en Suède, Alfred NoBez vient à Paris pour chercher des fonds, et, grâce à Pappui de NAPOLÉON IIT, qu’on a déjà vu plus haut s'intéresser à KruPP, il obtient des capitaux des banquiers PÉREIRE. NOBEL installe une usine dans son pays, se livre à des recherches, et invente la nitroglycérine, qu'il fait breveter par le Collège royal du Commerce de Suède, le 15 juillet 1864. Mais le 3 septembre 1864, l’usine fait explosion, tuant un grand nombre d'ouvriers. Le gouvernement interdit l'installation d'usines nouvelles. L’opinion, dans un certain nombre de pays, agit avec tant de vigueur que l'importation de l’explosif diabolique est arrêtée. Cependant, les perspectives de gain sont telles que NoBEL trouve quand même des associés, et parvient à obtenir l’autorisation de construire une usine en pleine campagne. Enseignement significatif au sujet des gaz de guerre, que l'o-
104 LES RELATIONS INTERNATIONALES pinion condamne aujourd'hui comme ee :
condamnait hier la nitroglycérine. R Des Allemands s'intéressent à NoBet, et en.
1865 une usine est installée à Krummel, près de Hambourg. Quelques années plus tard, une autre usine est construite en Norvège.
NoBEL, qui poursuit ses recherches, invente la dynamite. Et alors commence une série de terribles explosions. D’abord à New-York; puis, en avril 1866, un bateau transportant deux cents barils de dynamite, saute près de . la côte: quarante-sept hommes sont tués.
Quelques jours plus tard, dans un entrepôt américain, quatorze personnes sont tuées. Catastrophe à Sidney (Australie). En mai 1866, l'usine allemande de Krummel saute. Une vé-.
ritable panique fait proscrire partout les explosifs Nobel. NoBez, sur l’appel d’un de ses agents, part aux Etats-Unis, et parvient mal gré tout à créer une société pour la fabrication de l’explosif liquide, la United States 5 Blasting Oil Cy. | Les explosions ont attiré l’attention univer- selle sur NoBer, l’efficacité du nouvel explosif se trouvant démontrée de façon péremptoire par l'ampleur des catastrophes. NoBeL voyage durant six ans à l’étranger pour mets .
route des usines de dynamite. | :
Il construit une nouvelle usine à Kroms sur l’emplacement de l’ancienne, pour le compte de la société Alfred NoBez et Cie, … qui devient la Dynamit A. G. Il monte la Fabrique Rhénane d’Opladen et la eee de. .
+ CO RE EE EE ur En — F |; SCENE
Dresde. Il s’introduit en Finlande, en Autriche, en Hongrie, en Suisse, en Italie, en Espa- : gne, au Portugal, un peu avant et après 1870.
Il éprouve quelques difficultés en Angleterre. Après que NoBEL a obtenu autorisation, le Parlement anglais, à la suite de nouvelles explosions, interdit absolument la fabrication et la vente. Le marché anglais se trouve complètement fermé à NoBEL. Après deux années, NoBez fait lever l’interdiction et crée à Glasgow, en 1871, la British Dynamite Cy.
En France, les portes sont d’abord fermées.
Il a pourtant un allié adroit et influent, Paul BARBÉ; mais la fabrication des explosifs est monopole d'Etat, et l’on s’oppose même à l’entrée d’une tonne de dynamite pour des expériences. La dynamite est introduite seulement après la guerre franco-allemande. Toutefois, PAssemblée Nationale interdit la fabrication en France de tout explosif par des particuliers. Enfin, en 1875, la fabrication devient libre, et sous la direction de BARBÉ, la Société Française Nobel se constitue et se développe.
Un grand nombre de fabriques s'installent en Europe, au Japon, dans l’Afrique du Sud, au Canada et dans l’Amérique du Sud. Le monde entier est recouvert comme d’un filet par les entreprises Nobel.
La vie d'Alfred Nobel est aussi internationale que son commerce : « Je suis citoyen du monde, dit-il; ma patrie est là où je travaille, et je travaille partout. » Il faut songer
D IAE
que c'est un des plus puissants [RTE de guerre qui s'exprime ainsi. 10
On a beaucoup parlé de lexistence cosmo- on polite de ZAHAROFF. Avant lui, le célèbre Suédois a été un voyageur perpétuel, surtout dans
les dix dernières années de sa vie. Il séjourne souvent en Allemagne, mais après 1871 son
principal domicile est à Paris. A la suite d’une campagne menée contre lui en France, en
1890, il quitte Paris et s’installe à San Remo,
en territoire italien. Il se charge de la plus
grande fabrique de canons scandinave, à Bofors, et rentre en Suède. Et il revient mourir à San Remo, le 10 décembre 1896. F4 Le TRUST DES EXPLOSIFS ébauché par - NoBEL s’est perfectionné et consolidé. | D’ apr ès une brochure éditée par la Vée Fi-
nancière : L'Industrie des Explosifs, un trust
fût créé en Allemagne en 1886. Il compre- … pait : < LAN Nobel Explosives Cy Ltd, à Glasgow:
Dynamit A. G. à Hambourg; Rheinische Dynamitfabrik, à Opladen: Deutsche Sprengstoff À. G., à Hambourg; Dresdner Dynamitfabrik, à Dresde.
Le trust engloba ensuite : cn South Wales Explosives Cy Ltd, à Londres; Alliance Explosives Cy Ltd, à Londres; Sociedad Nacional Mexicana de la Dynamite Nobel, à Mexico; ee Sociedad Nacional Brazileira de la Dynss de mite Nobel, à FRio-de-Janeiro; ik Australian Explosives and Chemical Cy..
: RE Let
En outre, les sociétés allemandes suivantes s'y affilièrent :
Sprengstoff Ges. Hoppecke, à Hambourg;
Westfalische-Anhaltische Sprengstoff A. G., à Berlin;
Castroper Sicherheïitsprengstoff A. G.
Il est bon de préciser la composition de quelques conseils d’administration à la veille de la guerre, en 1914 :
Dresdner Dynamitfabrik, à Dresde : MM.
Fr. MAcKowSKY ; P. MiLLINGTON Hermann ; Ad. Puicipr, à Vienne; C.-E. Bicxez, et J.
SHAND, à Glasgow; M. G. AUFSCHLAGER, directeur.
Deutsche Sprengstoff A. G., à Hambourg; MM. M. SCHINKEL; Graf WoLFF-BAUDISSIN; L. HANAU ; Th.-F. WALKkER, à Birmingham ; Ed. KRAFTMEIER, à Londres; E. WESTPHAL; M.
G. AUFSCHLAGER, directeur.
Dynamit A. G., à Hambourg: MM. M.
SCHINKEL ; sir R. ANSTRUTHER ; W. BENKEN- BERG, R. MUSER; Rud. von SCHRÔDER; L. HA- GEN; E. WESTPHAL; F. FUNCKE; Paul MiLLincG- TON HERMANN; M. G. AUFSCHLAGER, directeur.
(Handbuch. d. deutsch. A. G., 1915.)
Il est aisé de voir que non seulement les affaires sont liées par le trust, mais qu’elles s’interpénètrent de façon intime.
M. R. LEWINSOHN confirme le fait en écrivant que NoBEz parvint à réunir la plupart de ses sociétés en deux groupes, dont l’un liait les affaires anglaises et allemandes par la Nobel Dynamite Trust Cy, ainsi qu’on vient
rique du Sud, par la Société de Dy-
namite.
Il a ainsi créé l’un des premiers trusts in-
se
de le voir, et l’autre liait les affaires de Fran- : v ce, de Suède, d'Italie, d'Espagne et de l’Amé- .
pee)
ternationaux modernes. D’ailleurs, tant qu'il
a vécu, chacune de ses affaires fut toujours dépendante de sa volonté personnelle, car de lui partaient les perfectionnements et les inventions nouvelles.
La SOCIETE CENTRALE DE DYNAMITE,
appelée vulgairement Dynamite Centrale, a été constituée le 1° juillet 1887, à Paris. Le capital était en 1914 de 14 millions. Le Conseil d'administration comprenait :
M. Lucien BoRDET, président; ancien inspecteur des Finances; président de la Compagnie Algérienne, groupe Mirabaud;
M. Charles BaARpY, vice préside directeur. : :
honoraire au Ministère des Finances;
M. Lucien ARNAUD, à Marseille; +
M. Jules CHAUBET;
M. Henri CourioT, professeur à l'Ecole .
trale; membre du Comité des Houillères;
M. Augustin FaLcouz, vice-président de la.
Compagnie d’Electrochimie de Bozel; |
M. Pierre LE Pray, Mme née PEREIRE;
M. Jacques LEVEL;
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