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Chambre des Députés, lors de son interpella- - :
tion de février 1932, un cas qui a paru, tout de
même, gêner un peu le gouvernement; —— Etes-vous sûrs que vous n’exportez pas de la poudre secrète de guerre, à travers les
frontières, d’abord à une adresse allemande,
ensuite à la Skoda, pour des commandes inconnues. Oh ! il faudra que vous fassiez une enquête, j’en suis bien sûr, car vous ne savez rien, n'est-ce pas !
— M. le MINISTRE pu BUDGET. — Je ne suis vraiment pas qualifié, comme ministre du budget, pour répondre à ce genre d’interpellation. ;
— À l’extrême-gauche. — Vous représentez le Gouvernement. |
— M. le Ministre du Budget. — Il eût mieux valu choisir une autre heure !
— M. Paul FAURE. — Cela est tout à fait dans le budget.
M. le MINISTRE DU BUDGET. — Ah ! Je me
demande quel rapport cela peut avoir avec le budget. (Exclamations à l’extrême-gauche.)
— M. Rémy Roux. — Cela a bien quelque rapport avec l'intérêt de notre pays.
— M. Paul FAURE. — Je ne vous ai pour-
. tant pas surpris. J’ai fait poser la question à
M. le Ministre de la Guerre lui-même par un membre de la Commission de l’Armée, mon
collègue et ami M. RoGnon. M. le Ministre de
la Guerre a répondu qu’il ne savait pas de
quoi il retournait.
— M. Etienne RoGNon. — En effet, mis au courant de la question par M. Paul FAURE, je l’ai jugée tellement grave que je n'ai pas voulu en saisir officiellement la Commission de l'Armée avant d’avoir fait poser la question
par le Président de la Commission, d'accord
avec lui, de façon à savoir s’il était exact que
la maïson Schneider avait pu fournis de .
poudre française à une fabrique d'armes .
étrangère, située en Tchécoslovaquie. maïs en passant d’abord par le canal de Allemagne.
Jl nous a été répondu qu’on ignorait cette.
affaire complètement, que l’on n’avait pas tra-
ce du passage et de la livraison de ces pou-
dres.
Or, c’est le contraire de la vérité et nous
avons la preuve que ces poudres ont bien . é
passé la frontière.
— M. le MINISTRE pu BUDGET. — Intetnel. :
lez, maïs ne choisissez pas ce débat pour y
porter une question qui lui est étrangère.
— M. Etienne RoGNon. — Je ne comprends pas que vous ne soyez pas indigné.
— M. Paul Faure. — Voici un pe do-.
cument :
« 1.000 kïlos de poudre B. G. 4, pour car-
touches fusil Mauser.… » — cela intéresse le
budget : c’est la poudre nationale qui traverse la frontière et qui s’en va on ne sait où — à destination de Mauser Fabriken, à Leipzig. —
Commande Japon 6.307 ».
L'ingénieur patriote qui est dans l’entou-
rage de M. Schneider et aui m’a remis ce do-
cument, m’a déclaré qu’il n’était pas socialiste, mais qu’il était indigné des agissements
ape D Een
de la firme. Il m’a remis ces documents pour
que je les apporte à la tribune française. (Ap-. plaudissements à l'extrêéme-gauche.)
Le document que je viens de citer a été ke. Fe : posé une première fois à la régie pour de
mande d'autorisation d’exportation. Est-ce la campagne que nous menions? Est-ce réflexion en haut lieu ? Cette demande d’exportation fut retirée, paraît-il.
Mais en voici une autre qui a été exécutée et comme j'avais peur qu’on la retirât, je l’ai fait photographier. (Très bien ! très bien !
à l’extrême-gauche.)
« Nous soussignés. Schneïder et Cie, maîtres de forges au Creusot. sollicitons d’expédier à M. Paul Caprr, à Palmrath (duché de Bade.. » — c’est en Allemagne, messieurs — « … la poudre désignée ci-après (en provenance de la poudrerie de Pont-de-Buïis) :
€ 2.200 kilos de poudre B.M. 11.
« 200 kilos de poudre B.M. 13.
« Notre envoi comprendra 66 caisses, etc. »
(Exclamations à l'extrême gauche et à gauche.) Ne Vo
J’ai demandé ce awr’était cette poudre. M. de LASTEYRIE, à qui j’avais communiqué ce document, m'avait dit que c'était peut-être de la poudre de mine.
— M. Charles de LASTEYRIE. — Jai dit que
je n'étais pas renseigné, ce qui est la vérité.
Je ne suis pas poudrier.
— M. Paul FAURE. — Je vous comprends.
Mais j’ai beaucoup réfléchi à ce que vous m'avez dit et j’ai prié un de mes amis, M.
BuRTIN, membre de la Commission de lArmée, de demander au Ministre de la Guerre, ce qu'était cette poudre. On lui a répondu que