‹ Les relations internationales des industries de guerre;Chapitre 42 sur 57 · COMMENT DONG ESI-CE POSSIBLE · texte numérisé non relu

COMMENT DONG ESI-CE POSSIBLE

On est en droit de se demander par quel extraordinaire phénomène des faits aussi curieux sont ignorés du public, qui est loin de partager à leur égard la façon de voir des fournisseurs de guerre.

Il paraît inimaginable que les gouvernements ne sachent pas ce qui se passe dans les industries concernant la défense nationale, et, s’ils savent, qu’ils tolèrent un tel état de choses, que le fondateur du prix de la paix, le grand fournisseur de guerre, Alfred NoBEL, jugeait contraire à la sécurité militaire.

Il paraît invraisemblable que les parlementaires, les diplomates, les officiers supérieurs de terre ou de mer, les hauts fonctionnaires, en cas d’ignorance ou de défaillance du gouvernement, n’en appellent pas au pays.

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190 LES RELATIONS hace. a

I paraît, enfin, prodigieux que la presse, qui a pour métier de savoir, de fouiner par-. tout, et qui se vante d’être bien informée, ne clame pas son inquiétude et son indignation à tous les échos. ë

Sans doute, le gouvernement est loin d’être aussi renseigné qu’on le croit en général, et les ministres sont parfois de pauvres hommes. Les parlementaires savent très souvent encore moins, et leurs étonnements ou leur indifférence passent la normale. Diplomates, officiers, tous les fonctionnaires, ont le souci de leur carrière. Quant à la presse, à la grande presse, à celle qui forme ou plutôt qui fabrique l’opinion, on en parlera tout à l'heure.

Tout ce qui sait est enserré par un réseau de faiblesses, de complaisances, de compro- : missions, parfois — et peut-être moins souvent qu’on ne pense — de corruption. |

Il y a tant d'avantages à éviter de heurter les puissances d'argent ! Le

Et les magnats des industries de guerre ont tant d'argent à leur disposition, grâce aux profits fabuleux des périodes fructueuses, on veut dire des périodes où les millions se ramassent dans la pourriture des champs de SRE “a taille ! cu.

pa A:

N.YÉS

A. — Petite histoire d’une grande firme.

L’examen du passé permet de parler avec plus de liberté et sans être soupçonné de part pris. On va donc donner l’histoire du dévelop-

LÉ RE 20 Sn MS AE Des Co CES ét ee ED Te Sn A ds SES | | A Ca a: | :

pement d’une des plus importantes sociétés métallurgiques.

La COMPAGNIE DES FORGES ET ACIE- RIES DE LA MARINE ET D’HOMECOURT est, pour le public, une affaire dont le nom n’évoque rien. Le public se souvient encore, par contre, de Saint-Chamond; mais il ne se doute pas que Saint-Chamond est la Compa-

“ gnie des Forges et Aciéries de la Marine et

d’Homécourt.

La société est aujourd’hui au capital de 180 millions, divisé en 333.000 actions À de 500 francs, et 54.000 actions B de 250 francs, obligatoirement nominatives; toutes libérées. Au cours moven des actions en 1930, l'affaire était capitalisée à plus de 400 millions.

Si l’on tient compte des réserves et primes d'émission, le capital propre de Ia société atteint d’ailleurs 286 millions 496.693 fr. 69. En outre, la société a emprunté, à la date de fin juillet 1952, 259 millions 245.500 fr., ce qui porte les capitaux engagés à 525 millions 742.193 fr. 69.

Le bilan au 30 juin 1931 se totalise par 809 millions 609.139 fr. 26.

Le président-délégué, M. THEODORE LAU- RENT, qui vient d’être fait grand-officier de la Légion d'honneur, est vice-président du Comité des Forges, et trésorier de l’Union des Industries Métallurgiques et Minières.

On sait que les administrateurs des sociétés

; anonymes touchent habituellement un pour-

centage appelé tantièmes prélevé sur les bé-

néfices, et qui varie selon les sociétés. Le

chiffre est parfois donné, globalement, pour

l'ensemble des administrateurs, et il peut en

tous cas presque toujours être calculé. Il …

est difficile de savoir ce que reçoit au total comme ftantièmes un administrateur, car, dans chaque société, les conventions de ré-

partition entre les administrateurs varient,

le président et les administrateurs-délégués ayant, en particulier, d'ordinaire droit à des tantièmes plus élevés. En outre, on ne parvient jamais à connaître toutes les sociétés des administrateurs importants. Les calculs sont donc toujours approximatifs et expri-

ment plutôt un ordre de grandeur qu'un chiffre absolu. M. Théodore LAURENT, selon

des calculs établis en janvier 1932 sur les

résultats financiers des principales sociétés

dont il est administrateur, pour 1930 ou 1931 .

selon le cas, touche :

Marine et Homécourt, prés.-dél. 750.000 (14) 53.000 …

Cie Fse Matér. Ch. d. fer, pr. .. 735.000 (11) 66.000 SHIZÉT.: VRIL 2 d'ancrage 428.000 (11) 38.000 Fret Ac Nord-et Est 5:70: 2.997.000 (17) 176.000 ARRET 25 2) CR ar Ve UN 1.273.000 (11) 115.000 Anderny-Chevillon, pr. . . ..... 775.000 (11) 70.000 CMÉBER LUI SRE NE 406.000 (16) 25.000 Redange-Dilling, vpr. . . ....... 447.000 (9) 49.000 Delattre et Frouard, vpr. . ..... 2.156.000 (8) 269.000 Aubrives et Villerupt ........ 240.000 (12) 20.000 Houill. Sarre et Mos. ,....... 1.777.000 (19) 90.000 Auto. Chenard et Walcker .... 236.000 (8) 29.000 FLAT, DT SN Diana creme 1.044.000 (14) 74.000 Divers . .

Total des tantièmes ............ 1.325.000 :

RS UN en 241.000

Dans le tableau ci-dessus, la première colonne de chiffre indique le total des tantièmes par société; la seconde, entre parenthèses, le nombre d’administrateurs dans cette société; la troisième, la moyenne des tantièmes par administrateur pour la société visée.

Si l’on tient compte du fait que M. Théodore LAURENT est président, vice-président ou administrateur-délégué de nombreuses affaires; que toutes sont loin d’être relevées ici; on est amené à conclure que M. Théodore LAURENT touche sûrement comme tantièmes, chaque année, plus deux millions et demi de francs.

Il est bien entendu qu’on doit y ajouter les dividendes et autres profits directs ou indirects.

On voit donc qu’il s’agit d’une firme considérable, dont les dirigeants sont des personnalités de premier plan.

La Société a été constituée le 14 novembre 1854 par MM. PETIN et GAUDET, sous la raison sociale Jackson frères, Petin, Gaudet et Cie, Compagnie des Hauts-Fourneaux, Forges et Aciéries de la Marine et des Chemins de Fer.

Elle résultait de la fusion des sociétés: Jackson frères; H. Pétin, Gaudet et Cie; Neyrand, Thiollière, Bergeron et Cie; Parent, Shaken, Goldsmith et Cie.

Dès son origine, en 1855, la société était la plus importante productrice d’acier en France. Aussi, pour ne pas déchoir, lorsque l’épuisement des gisements locaux de minerai de fer

se fit pressentir dans le Centre, elle prit part à la ruée métallurgique vers l’Afrique du Nord,, où la métallurgie de guerre s’assurait des concessions civilisatrices. Les industries de guerre ont donc, on le voit, doubles raisons d’impérialisme colonial : les colonies assu-. rent à la fois les matières premières et la consommation par réinvestissement dans le corps

des indigènes.

D’accord avec le groupe Mirabaud, d’ori-

gine suisse, qui sût discerner dès le début les chances d’enrichissement que présentaient l'Algérie et la Tunisie, et qui entraîna derrière

lui le Comptoir National d’Escompte, les métallurgistes exploitèrent les minerais de fer magnétique de Mokta-el-Hadid, en Algérie,

dont le transport leur fut facilité par des ta-

rifs spéciaux des chemins de fer. Ces mines

en avaient bien besoin, puisque dès 1906, avec

un capital de moins de 20 millions, elles dé

claraient un bénéfice net de 3 millions 401.000

francs, plus de 15 %. Maïs concessions et faveurs coloniales vont aux magnats comme les fleuves vont à la mer.

Les fondateurs mêmes de la société étaient

déjà des fournisseurs de guerre. En 1849, Petin et Gaudet fournissaient des canons.

Les fournitures de la nouvelle société fu- #

rent très facilitées par une circonstance sur

laquelle on se permettra d’insister, parce qu’elle est caractéristique; c’est la liaison d'in térêts entre les administrateurs de la société

et l'entourage du gouvernement, en l'espèce. …

FE

l’entourage et même la famille de l’empereur NaPoLÉON Ill. Il sera d’ailleurs plus aisé de comprendre pourquoi les militaires, le ministre de la guerre et l’empereur lui-même, malgré la supériorité des canons Krupp, refusèrent toujours de commander chez Krupp. Il ne s’agit pas de scrupules patriotiques, puisque l’usage des commandes à l’industrie étrangère était général, et qu’en outre les canons Krupp auraient indiscutablement assuré à l’armée française, en 1870- 1871, vis-à-vis de l’armée allemande, une égalité qui lui manquait; il s’agit simplement d’une concurrence, et la Compagnie de la Marine, bien en cour,

tenait à ses dividendes.

L’entourage impérial avait de gros intérêts dans la Compagnie de la Marine.

Le général baron BoIssoNNET, administrateur de la Compagnie de la Marine, était de famille bonapartiste. Le titre de baron a été créé par décret impérial du 30 avril 1862.

M. Léon MoiNos qui devint président de la Marine, était parent des WaLEwski; le comte Alexandre WALEWSKI était fils naturel de NAPOLÉON [°* et ministre de NAPOLÉON Ill]; M. le comte André WALEWsKki est aujourd’hui vice-président de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt.

Il est donc certain que la Compagnie de la Marine et ses dirigeants, d'accord avec l’entourage et la famille de NAPoLÉON III, ont une part de responsabilité dans le mauvais arme-

ment de l’armée française en 1870-1871, et

une plus large part dans les copieux bénéfices | des fournitures de guerre.

La Compagnie de la Marine fût transformée en 1871, le grand protecteur étant disparu pour faire place à la république. MM. PETIN et GAUDET restèrent et furent administrateursdélégués. Mais, en 1874, les fondateurs furent liquidés et remplacés par M. de MONTGOLFIER, une nouvelle orientation étant nécessaire.

Les MONTGOLFIER sont originaires du Vivarais. [ls avaient une notoriété comme fabricant de papier et la famille fût anoblie en 1783.

Ils reçurent par décret impérial du 24 juin 1868 l'autorisation d’ajouter la particule « de » à leur nom. Marie-Catherine de Mont- GOLFIER se maria à un MANTE (on a vu que les MANTE, de Marseille, sont alliés aux Ros- TAND, dont deux membres, Alexis et Jules, ont successivement présidé et vice-présidé le Comptoir National d’'Escompte). M. Jean-Raymond MONTGOLFIER, puis « de » MONTGOLFIER, né le 10 avril 1812, mort en 1873 était conseiller général. Rose-Pauline de MonrGoL- FIER se maria à Mathieu Aynarp, député. M.

Adrien de MONTGOLFIER, entré, comme on vient de le voir, à la Compagnie de la Marine en 1874, était député de la Loire en 1871, et sénateur en 1876.

Malgré la transformation, la disparition du grand protecteur se fit sentir, et la société était en situation grave en 1874, lorsque M.

Adrien de MONTGOLFIER accourût au secours

avec des influences « républicaines » ou au moins gouvernementales.

En 1903, la société devint la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt, nom actuel. Le capital fût porté à 28 millions, qui représentent 140 millions actuels. On voit que son importance était déjà considérable.

En 1908, le conseil d'administration comprenait:

M. Lucien MoiNos, président (apparenté aux WALEWSKI;

M. Georges BROLEMANN, vice-président;

M. Florent GUILLAIN, vice-président; inspecteur général des Ponts-et-Chaussées en retraite, ancien ministre, député, président du Comité des Forges;

M. Charles CAMBEFORT, administrateur du Comptoir National d’Escompte de Paris; Mme née de WITT;

M. Ferdinand GUÉRIN, banquier;

M. de KERMAINGANT; Mme née Loutis-Bin- DER ;

M. le vicomte de MATHAREL’;

M. J. PERRIN, à Lyon;

M. le vicomte Jehan de SAINT-GENYS, Mme née de MONTGOLFIER (M. le comte de SAINT- GENYS était ministre plénipotentiaire, ce qui pouvait être favorable pour les commandes de l’étranger);

M. H. TAVERNIER, à Lyon;

M. F.-L. VERNY, à Aubenas (Ardèche);

M. le comte André WaLEwsKl: Mme née .

MoL1iNos :

M. Alexandre SEPULCHRE, à Solières près. > je

Huy, Belgique (on constate le caractère inter- eu

national de laffaire); rot

M. François SEPULCHRE, à Havelange, Bel gique; Directeur général : M. Adrien de MONTGOLFIER. (Annuaire Chaix, et divers);

Les usines de Saint-Chamond se sont rendues célèbres par leur fabrication d’artillerie: artillerie de campagne et de siège; artillerie de marine; canons de tous calibres; affüts; projectiles; tourelles cuirassées pour la défenses des côtes, des places fortes et l’armement des navires; plaques de blindages. (Annuaire du Comité des Forges).

En 1914, à la veille de la guerre, le Conseil d'administration avait subi peu de modifications :

M. Lucien Morinos, président;

M. Florent GUILLAIN, vice-président; commandeur de la Légion d'honneur, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées en retraite, ancien vice-président de la Chambre des Députés, ancien ministre; président du Comité des Forges;

M. C. MAGxNIN, vice-président; membre du Comité des Forges; ce

M. Charles CAMBEFORT; administrateur du Comptoir National d’'Escompte de Paris (c’est à ce moment que le groupe Comptoir National d'Escompte-Anciens Etablissements Cail, avec MM. ULLMANN, RosTAND et LE CHATELIER, in-

troduisaient en Normandie, aux Hauts-Fourneaux de Caen, les puissants fournisseurs de guerre allemands, les frères THYSSEN; au même moment, le Comptoir National d’Escompte de Paris avait c:mme administrateur M. Calixte CARRABY, vice-président de la Dynamite Centrale, et rejoignait ainsi le trust cosmopolite de la dynamite Nobel);

M. Charles GOMEL;

M. Ferdinand GUÉRIN, banquier, à Lyon;

M. Armand GUILLAIN;

M. de KERMAINGANT ;

M. Emile HEURTEAU, commandeur de . Légion d'honneur; Mme née SoLACROUP;

M. Edouard PRENAT, à Lyon;

M. le comte Jehan de SAINT-GENYS;

M .H. TAYERNIER, à Lyon;

M. le comte André WALEWSKI:

M. Alexandre SEPULCHRE, à Solières, près Huv, Belgique;

Directeur général : M. Théodore LAURENT.

(Annuaire Chaiïix, et divers).

Alors arrive la guerre mondiale, qui, pour la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’'Homécourt, va être fructueuse. Pour ne pas être accusés de partialité, voici ce que disait, dans une étude purement financière, le grand quotidien financier l’Information, en 1920 : « La situation industrielle et financière des Aciéries de la Marine se présente dans

des conditions nettement favorables, et cette situation est d’autant plus intéressante que, malgré les bénéfices considérables réalisés

pendant la guerre, la société obtiendra sans doute de très fortes indemnités pour dom-

mages de guerre ». (Information, 11 novembre 1920).

On voit le procédé : les industries de guerre,

non contentes de faire des bénéfices énormes durant les hostilités, ont encore le cynisme d'arguer de pertes et dommages de guerre, et

de réclamer à l'Etat des indemnités formidables, qui, au su et au vu des compétences, leur permettent non de rétablir la situation antérieure (principe des indemnités; les compagnies d’assurance ont bien soin de spécifier qu’en aucun cas l'indemnité ne saurait cons-

tituer le sinistré en bénéfice), mais d'établir

des usines bien plus perfectionnées et de leur

conférer des avantages considérables. On peut.

ajouter que la surproduction provient en bon-

ne partie de l’investissement abusif des indemnités dans des installations exagérées pour les-

quelles on calculait d'autant moins que le

payeur était l'Etat.

Les bénéfices des Forges et Aciéries de la

Marine et d’'Homécourt pendant la guerre sont :

d'autant plus dignes d’être remarquées que.

Pusine d’Homécourt, qui était avant la guerre

une des plus grosses productrices françaises

de fonte et d’acier, a dû cesser son exploita-

tion et que ce sont par conséquent les seules

usines du Centre et du Sud-Ouest qui ont apporter « les beaux bénéfices que l’on constate » (Information, 9 novembre 1921).

Pendant les cinq exercices de guerre, la s0siété a réparti les bénéfices suivants aux actions :

D 3.391.000 LE ES APRES 4.044.000 IN RCE 4.666.000 A 4.978.000 HSE ANR 5.444.000

Fotal er. 22.523.000

Mais ce n’est pas tout, à beaucoup près.

L’ Information du 11 novembre 1920 écrit ; « Compte tenu des 280 millions et demi de ressources nouvelles, que s’est procurée la société, l’accroissement net du fonds de roulement ressort à 73 millions. Ce sont là 73 millions qui proviennent des bénéfices réservés. » On . voit que la société à conservé par devers elle des profits bien plus élevés que ceux qu’elle a répartis aux actionnaires, sans aucun doute pour ne pas attirer l’attention.

D'autre part, l’augmentation de capital de 28 à 70 millions s’est faite moitié par prélévement sur les réserves. Or, les actions ont été émises à 790, dont la moitié est de 375 francs, que la société répartissait sous cette forme. C’est donc 29.500.000 francs qu’il faut encore ajouter aux bénéfices.

Le total général des bénéfices certains et contrôlables pendant la guerre ressort donc .:

actionnaires, dividendes . 22.523.000

actionnaires, capital . ... 29.500.000

société, réserves . . .... 73.000.000 . |

Total . .... 1250235000

soit plus de 125 millions de francs. Mais on

doit se souvenir qu'il s'agissait de francs non. dépréciés, qui ont été ou ont pu être investis (notamment pour la société) en capital valant

aujourd'hui bien plus selon le franc actuel.

Les 125 millions de fin 1918 correspondent à 625 millions actuels. La Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt

a donc gagné pendant la guerre largement

plus d’un demi-milliard. Et quel était le Re :

tal ? 28 millions, soit en francs actuels 140.

millions. Elle a réalisé par exercice à peu près |

en moyenne, 100 % de bénéfices nets.

Mais on aurait tort de croire qu'on est au.

bout des bénéfices. Il y a en outre les avanta-

ges plus ou moins directs.

Ainsi, selon le rapport de la société, « tous |

les travaux de reconstruction de lusine d’Ho-

mécourt, qui étaient déjà très avancés, au 30 juin 1920, ne figurent nulle part dans les

comptes de lactif » (/nformation, 11 novem-

bre 1920) ; c’est-à-dire qu’ils ont été payés sur

les bénéfices avant établissement des bénéfices nets et avant prélévement des réserves.

Comme la société évalue la a

d’'Homécourt à 109 millions, prix de fin 1919,

et que ces travaux sont très avancés à ce

moment, les dépenses ainsi faites et qui pee -

tent un prélévement anticipé sur les bénéfices,

étaient d’au moins le tiers, soit 35 millions

environ. Les cours extrêmes de la livre en 1919 ont été de 45,15 et 25,975, soit une moyenne approximative de 35, perte du franc de 40 %.

La valeur correspondante actuelle serait d’en-

viron 125 millions.

La société « a payé sur ses bénéfices tout l'accroissement de puissance industrielle de ses usines du Centre. » ({/nformation, 11 novembre 1920). Il s’agit, bien entendu, des bénéfices avant bilan, puisque la même étude établit l’accroissement du fonds de roulement à 7/3 millions. Or, l’accroissement de puissance industrielle des usines du Centre a

. été considérable, puisqu’au mois de septembre

1915 la production des usines de Saint-Chamond atteignait un chiffre que l’on osait à peine attendre de ia France entière au début de la guerre (/njormation, 30 novembre 1917).

En résumé, les bénéfices de guerre de la Compagnie des Forges et Actéries de la Marine et d'Homécourt semblent ne pas devoir être inférieurs à 800 millions de francs ac-

tuels.

C’est après cette « catastrophe » que la société, selon le rapport de 1919, a réclamé à l'Etat des indemnités pour dommages de guerre, « le traité de paix et la loi du 17 avril

. 1918 nous assurant le droit à la réparation in-

tégrale. » | Selon le bilan au 30 juin 1913, les Immo-

bilisations de la société, avant-guerre, étaient

204 LES RELATIONS INTERNATIONALES es

de 24.351.000 francs; les Approvisionnements

et Marchandises, de 41.761.000 francs; au to- .

tal 66.112.000 francs. Il est certain que tout n’a pas été détruit, puisque la société avait des usines à Saint-Chamond, à Assailly (Loire), au Boucau (Basses-Pyrénées), à Ho-

mécourt (Meurthe-et-Moselle), et à Hautmont (Nord). On ne peut pas se fier au coût de re-

construction pour évaluer les pertes, car les nouvelles installations sont différentes des

installations détruites. Mais il est certain que

les chiffres du bilan étaient comptés amortissements déduits, alors que la société a établi ses exigences en tenant compte du prix de

remplacement. D’après le rapport présenté à l'assemblée du 23 octobre 1919, le Conseil d'administration évalue les indemnités demandées à l'Etat à 279 millions 350.000 francs. On

a vu ci-dessus que le franc n’était déprécié … que de 40 % moyenne de 1919. Les 66 millions

portés au bilan du 30 juin 1913 équivalaïent à 330 millions actuels. Comme la société était loin d’avoir perdu tout son actif inscrit sous ce chiffre, on sera modéré en déduisant 40 % des 330 millions, pour ramener la perte réelle, …

d’après le bilan, à 198 millions de francs actuels. Or, les 279 millions et demi que la société réclamait à l’Etat équivalaient à envi

ron 996 millions de francs actuels. La Com- .

pagnie des Forges et Aciéries de la Marine et.

d'Homécourt réclamait à l'Etat le paiement |

des investissements amortis. es Selon le rapport à l’assemblée des action- ë

* ae :

Ls

paires du 27 novembre 1922, la société avait déjà reçu, au titre des indemnités, un total de 177 millions. En tenant compte.du fait que la livre a coté en 1922 en moyenne 59 approximativement, la dépréciation du franc faisait correspondre les 177 millions de 1922 (en réalité reçus avant au moins en partie et par conséquent de valeur supérieure) à environ 375 millions de francs actuels. Beaucoup de petits et de moyens sinistrés, vraiment sinistrés, attendaient encore — et ont attendu long-

temps -— le premier acompte de PEtat sur

leurs indemnités.

On comprend pourquoi les financiers, qui ne tenaient pas outre mesure à la clarté des comparaisons, ont vu d’abord d’un œil pas trop fâché le trouble des changes, brouillant toutes les notions de valeur. Et, si l’on tient compte du rôle néfaste joué par les fameuses réparations dans les querelles internationales depuis la fin de la guerre, comme on peut être sûr que les financiers étrangers n’ignoraient pas plus que ceux de la France l’art d’arranger le Trésor public et par suite les combinaisons autour des réparations qui étaient réclamés à leurs pays, on voit dans quelle situation périlleuse les magnats des industries de guerre et — il faut être justes — des autres dustries ont, par leurs abus, placé la diploma-

tie de leur propre pays, obligée de soutenir

des revendications scandaleuses, qui n’ont déquivalent que les indemnités de l'Allemagne

à ses magnats.

206 é LES RELATIONS INTERNATIONALES

Les Forges et Aciéries de la Marine et d'Ho- 4 mécourt sont largement cosmopolites. Il su

fira de quelques exemples.

Avant-guerre, la Marine et Homécourt était :

intéressée au Charbonnage Carolus Magnus, dont le contrôle appartenait à la firme Rôchling, qui détenait 75 %. (L. BRUNEAU, l’Allemagne en France). La société est toujours in-.

téressée à ce charbonnage, situé en Allemagne. (J. Trisor-LasPiERRE, l'Industrie de l'AS n.

cier en France).

Elle avait aussi, et elle a conservé, des inté- Da rêts dans les Charbonnages de Beeringen,

Campine belge (Recueil Financier).

Elle s’est intéressée à l'Economique Franco- A Suisse, avec d'importantes maisons suisses 0

Société Suisse de Construction de Locomotives

et de Machines: Crédit de la Suisse française : :

(Petites Affiches, 24 février 1920).

Elle était intéressée et l’est restée, aux Mi- . nes de fer de Heras-Santander, Espagne (J

TRIBOT-LASPIERRE, Op. cit.).

Elle s’est intéressée pour 9.200 actions à la Societatea Franco-Romana de Material de Drum de Fier, Société Franco-Roumaine de Matériel de Chemins de fer, constituée en 1921.

(Annuaire des Sociétés anonymes roumaines).

Elle s’est intéressée au Groupement Indus-

triel pour Dantzig (Petites Affiches, 10 novem- Fe bre 1922). On n’ignore pas les difficultés que Dantzig provoque à jet continu entre la Polo- à

gne et l’Allemagne.

Elle était intéressée et l’est réstee à la HO- : :

HENLOHE WERKE, dont le Conseil d’administration est composé comme suit :

MM. le prince Hans zu HOHENLOHE-OERIN- GEN, président; |

Ignaz PETSCHEK, vice-président;

le président de chambre D’ Kurt von KKEE- FELD, à Berlin, vice-président;

le directeur général Ernest CUVELETTE, commandeur de la Légion d'honneur; viceprésident du Crédit Commercial, vice-prési dent du Comité des Houïllères, membre du Comité des Forges;

Jakob GOLDSCHMIDT, directeur de la Darmstädter und Nationalbank, à Berlin (cette banque est tombée en difficultés) ;

le D’ Ernst HEIMANN, à Breslau (Allemagne) ; e

le prince héritier August zu HOHENLOHE- OERINGEN ;

le prince Gottfried zu HOHENLOHE-SCHIL- LINGSFURST, à Mariazell (Autriche);

le D' Wojcieh KoRFANTY (chef nationaliste polonais) ;

le directeur Waldemar MAUVE:

Franz PETSCHEK:;

Karl PETSCHEK, à Berlin;

le président Henri de PEYERIMHOFF de Fox- TENELLE; |

le président Ernest WEyz, à Bruxelles (Bel-

gique); administrateur de l’Union Européen-

ne, administrateur de la Société Générale d'Entreprises; ingénieur Stanislas WinoMsxt (Saling's).

Enfin, elle a de larges intérêts dans plu-.

sieurs affaires métallurgiques de la Sarre, pe ont été étudiées dans la première partie :

A. G. der Dillinger Hüttenwerke, FOFBPSES et Aciéries de Dilling:

Halbergerhütte G. m. b. H,; | et l’on pourrait en trouver d’autres, ne serait ce que la Société des Aciéries et Usines à Tu ne bes de la Sarre, au Conseil d’ administration de laquelle figure notamment : ï

M. le comte André WALEWSKI, vice-président de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’'Homécourt, à côté de :

M. Oscar ALTMANN, directeur des Mannesmannrôhrenwerke, à Düsseldorf;

M. Henri BIERWES, directeur général dés.

Mannesmannrôhrenwerke, à Düsseldorf; ee,

M. Hermann HAECKER, directeur des Mannesmannrôhrenwerke, à Düsseldorf; en

M. Louis LAzaRp, directeur de la Deutsche Bank, à Sarrebruck; Se

M. Alexandre ZOLLENDORPF, directeur des a Mannesmannrôhrenwerke, à Düsseldorf Ge S nuaire de la Société Générale Alsacienne de.

Banque).

En 1930, la Marine et Homécourt a d'ail .

leurs conclu une entente avec Mannesmann, ne Wolff et les Vereïnigte Stahlwerke (Vie pi nancière, 5 juillet 1930). :

Le Conseil d'administration comprend actuellement :

M. THEODORE LAURENT, président, promu récemment grand-officier de la Légion Le

d'honneur par le gouvernement de la République Française, au titre du Ministère du Commerce (cosmopolite) ; ancien élève de l’Ecole Polytechnique; marié à Mille HALLÉ; viceprésident du Comité des Forges; trésorier de l'Union des Industries Métallurgiques et Minières; président d'honneur du Comité des Forges de la Loire; président du Comité des Forges et des Mines de fer de l'Est de la France; administrateur, entre autres, de :

Hauts-Fourneaux et Forges d’Allevard, président;

Mines d’Anderny-Chevillon, président;

S. À. Métallurgique d’Aubrives et Villerupt;

Hauts-Fourneaux et Fonderies de Brousseval;

Etablissement Delattre et Frouard réunis, vice-président;

Etablissements Métallurgiques de la Gironde, vice-président;

Compagnie Française de Matériel de Che-

mins de fer, président (M. Théodore LAURENT

est membre du Conseil Supérieur des Chemins de fer);

Forges et Aciéries du Nord et de l'Est;

Compagnie des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Givors, Etablissements Prénat, viceprésident;

Société Provencale de Constructions Navales;

Société Lorraine des Aciéries de Rombas, président; (Annuaire du Comité des Forges);

Société anonyme de Crédit à l'industrie :

Française, ou Calif; Compagnie de Constructions mécaniques, procédés Sulzer, vice-président; ‘ Ateliers et Chantiers de France; Re Usines Franco-Russes, président; Compagnie des Mines d’Anzin; Charbonnages de Faulquemont, président; Société de lOuenza; Etablissements Kuhlmann:; Société Financière et Industrielle de Chemins de fer; (Annuaire Chaix); Mines de l’Escarpelle, président; Mines de Gouy-Servins et de Fresnicourt .

réunies; Houïillères de Saint-Chamond, président;

Houillère de Sarre-et-Moselle; (Annuaire du

Comité des Houillères);

Energie Electrique de la Basse-Isère, vice-. ur

président’; Forces Motrices de la Tarentaise, résidents

(Annuaire de la Chambre Syndicale des For: : ;

ces Hydrauliques);

Société Nouvelle de Sondages « Bonne Es- -

pérance » (Annuaire du Pétrole);

Mines et Usines de Redange-Dilling, prési- cn

dent; Tubes de Vincey, président;

Société Industrielle et Commerciale de.

Transports et Manutentions, ou Sitram, prési- :

dent; Société Lorraine des Aciéries de Rombas, président;

RS

Automobiles Chenard-Walcker:

Automobiles Delaunay-Belleville;

A. G. der Dillinger Hüttenwerke, Société des Forges et Aciéries de Dilling (Sarre); prési-

dent;

Produits chimiques Marles-Kuhlmann (Annuaire Sef);

Hauts-Fourneaux de Differdange, Saïint-Ingbert et Rumelange, ou Hadir, président;

Charbonnages de Beeringen, vice-président (Recueil Financier);

Dépôts et Agences de Ventes d’Usines métallurgiques, où Davum (Journée Industrielle, 27 novembre 1927);

Halbergerhütte G. m. b. H. (Annuaire de la

Société Générale Alsacienne de Banque);

Marmorosch, Blank et Cie, à Bucarest (Roumanie (Annuaire des Sociétés anonymes roumaines; cette banque est tombée en difficultés: elle avaït des relations avec la métallurgie allemande);

Société Minière du Djebel-Lorbeus (Nouvelles Economiques, 10 décembre 1927);

Société de Recherches et d'Exploitation mi-

nières de l’Afrique Française Equatoriale

(Journée Industrielle, 9 juin 1928);

Etablissements Saint - Chamond - Granat (Journée Industrielle, 13 février 1927);

Aedilitas A. G., président (Journée Industrielle, 26 octobre 1950).

Cette liste est loin d’être complète et n’a au-

cune prétention à l’êtree On a simplement donné un peu plus de développement que d’or-

ANR

212 LES RELATIONS INTERNATIONALES dinaire, pour montrer que les relations sont beaucoup plus complexes qu’un apercu sommaire ne permet de l’établir. Il a été facile . de reconnaître au passage des sociétés nettement cosmopolites, telles l’'Ouenza, Sulzer, et autres, en sus des sociétés sarroïses signalées.

Le Conseil d'administration de la Marine * et d’'Homécourt comprend en outre :

M. le comte André WALEWSKI, vice-président; ;

M. Gabriel BRIzoN, vice-président:

M. Louis CHAMPY;

M. Georges CHARPY;

M. le vicomte Guy de DAMPIERRE; :

M. Léon Daum; administrateur-directeur gé- Fe néral; ee

M. Charles DUBREUILH:

M. Jacques LAURENT;

M. F. PauL-DuBors:

M. Edouard PRENAT:

M. le comte de SAINT-GENYS;

M. Henri TAVERNIER;

M. Georges TEISSIER; :

M. Paul Nicou (Annuaire Chaix et Vie Fi- me nancière, 2 décembre 1931). OR

Telle qu’on a pu l’exposer en peu de mur l’histoire de la grande société métallurgique est instructive.

Elle montre la souplesse d'adaptation des :

fournisseurs de guerre, qui servent aussi bien ee l’armée républicaine que l’armée impériale, + et qui savent s’assurer dans tout régime l’ap-

pui fructueux des sphères gouvernementales, cueillant les profits et les honneurs.

B. — Hauts fonctionnaires, parlementaires, gouvernants.

On a vu, sans qu’il ait été besoin de le chercher, paraître dans les études ci-dessus un assez grand nombre de hauts fonctionnaires, diplomates, généraux, amiraux, et des hommes politiques.

La finance, l'administration et la politique sont intimement mêlées, et l’on prétendrait en vain les séparer. Une des plus grosses erreurs populaires est justement de parler de politique sans chercher immédiatement laspect administratif et financier. On crée ainsi un monde artificiel si éloigné de la réalité que les mesures préconisées dans un pareil état d'esprit sont fatalement absurdes et inefficaces. |

Les financiers n’ignorent pas le fait, et ils usent largement de l’ignorance populaire pour leurs intérêts.

Les hommes que l’on voit mélés aux affaires servent d’ailleurs moins une société qu’un groupe, et l’on a compris, par l'exemple de M. Théodore LAURENT, l’étendue des ramifications des groupes financiers. Il serait inexact, par conséquent, de chercher les hommes qui peuvent servir les industries de guerre uniquement dans les conseils d’administra-

tion des firmes qui fournissent l’armée ou la marine. Toutefois, il est certain que les sociétés fournisseurs de guerre préfèrent s'assurer

directement la présence des personnalités in-

fluentes utiles dans leurs propres conseils

d'administration.

Les Forges et Aciéries de la Marine et d'Ho-

mécourt ont eu d’abord le général baron

BoissonNNET, et un président, M. Léon Morr-

Nos, allié.aux WaLEwski, parents de lEmpe-

reur. Plus tard, les MONTGOLFIER assuraïent à

la société l’appui de Mathieu AYNARD, député

influent, apparenté à eux, et de M. Adrien de

MONTGOLFIER, lui-même député, puis sénateur; et la société avait, en outre, dans son conseil

M. Florent GUILLAIN, député, ancien ministre,

ancien inspecteur général des Ponts-et-Chaus- te sées. La diplomatie était représentée par M

le vicomte Jehan de SAINT-GENYS, parent du … comte de SAINT-GENYS, ministre plénipoten-

tiaire.

Actuellement, M. Georges CHARPY est professeur à l'Ecole Polytechnique, et membre

de l’Académie des Sciences. Sans doute, M. le

vicomte Guy de DAMPIERRE n’est pas person-

nellement militaire; mais s’il faut croire à l’es-

prit de famille, on observera que M. le comte … de DAMPIERRE est lieutenant-adjoint au Conseil

supérieur de la Défense Nationale, et M. le

comte Aymar de DAMPIERRE, capitaine à l'Etat

Major de l'Armée, sans parler de M. le vicomte Robert de DAMPIERRE, qui est secrétaire d’ambassade et qui peut servir en un autre

Gites.

domaine. M. Georges TEISSIER, membre de l’Institut, est maître des Jouue honoraire au Conseil d'Etat.

On en trouverait bien d’autres dans le groupe de la Marine et Homécourt, en dehors de la société même. Le Comptoir National d’Escompte de Paris, qui est étroitement lié avec la Marine et Homécourt, peut lui apporter un contingent appréciable. M. le comte Alexandre CELIER est ancien inspecteur des Finances, ancien directeur du Mouvement général des Fonds, directeur général honoraire au Minis-

.tère des Finances. M. Jean PARMENTIER est

ancien inspecteur des Finances, ancien directeur du Mouvement général des Fonds, directeur général honoraire au Ministère des Finances; chargé après-guerre de mission du Gouvernement aux Etats-Unis, puis membre du Comité des Experts.

Aux Etablissements Kuhlmann, M. Paul LEDERLIN est sénateur,

Au Conseil d'administration de PI. G. Farbenindustrie, ce ne sont que personnages munis de titres à faire frémir : staatsminister, ministre d'Etat; gesandter und bevollmächtigter minister, ambassadeur et ministre plénipotentiaire; unterstaatssekretär, sous-secrétaire d'Etat; staatssekretär, secrétaire d'Etat; sans parler des autres !

La Société d’Electrochimie d’Ugine, si cosmopolite, met en présence MM. Georges PAINviIN, ingénieur en chef des Mines, et Georges PATARD, inspecteur général des Pou-

216 LKS RELATIONS INTERNATIONALES dres, lequel est très bien placé dans une so ciété qui se rattache parfaitement aux exple sifs. .

La Lonza d'après-guerre s’orne d’un ancien conseiller national suisse, M. le D: DER :

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