I. Voir chap. z, II* partie
A Villeurbanne, les religieuses formèrent un groupe uni, sous la direction de la Révérende Mère Saint-Joseph, qui travailla de toutes ses forces à la formation de sa famille spirituelle.
La vie de la fondatrice devait se passer dans les plus grandes souffrances et les épreuves de tout genre. Souvent on Tentendait dire ces paroles : c Comme je ne sais si les Sœurs qui viendront après moi seront assez fortes pour supporter les grandes douleurs, je demande au divin Maître qu'il daigne m'envoyer à moi-même toutes les croix nécessaires pour assurer l'avenir de la congrégation ! 9 De fait, ce ne fut qu'après la mort de la bonne Mère, que les Franciscaines du Sacré-Cœur purent jouir du fruit de ses labeurs.
La Révérende Mère Lorain pratiqua la pauvreté, comme une véritable fille de saint François. Dans ce but, elle faisait ses longues courses, à pieds, même dans un âge avancé, et souvent chargée de lourds fardeaux. Son amour pour la sainte Eucharistie était extrême et volontiers, durant ses fréquents voyages, elle restait à jeun jusqu'à une heure prolongée, parfois vers midi, afin de pouvoir faire la sainte communion, dans l'église de la paroisse où elle arrivait, si un prêtre charitable voulait bien lui accorder cette faveur. Elle désirait vivement depuis de longues années établir l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement dans la chapelle de sa communauté des Buers, mais cfette grâce ne fut accordée qu'après sa mort.
Après l'amour de la sainte Eucharistie, c'était celui des âmes et plus spécialement des âmes des petites orphelines abandonnées qui dévorait son cœur maternel. Elle aurait voulu avoir des millions pour recueillir toutes ces pauvres enfants. Aussi, l'œuvre des orphelines, la seule établie par la Mère fondatrice, tiendra toujours la première place dans la congrégation.
Pendant les dernières années de sa vie, les épreuves qui fondirent sur la bonne Mère ne firent que redoubler, et c'est sur un véritable calvaire qu'elle rendit le dernier soupir en l'année 1882, à l'âge de soixante-douze ans.
La maison-mère est toujours établi 8, chemin des Buers, près Lyon, parc diocèse de Grenoble (i).
Le 29 juillet 1884, MgrFava, évêtjue prouva leurs Constitutions.
Ces bonnes religienses se proposent, la grâce, de marcher sur les traces de le en observant la sainte pauvreté, l'esprii simplicité évangélique. Elles professen:
tîculîère au divin Cœur de Jésus et à Reine du très saÎQl Rosaire,
Outre les jeûnes et abstinences de 1 font maigre les mercredis, vendredis et carême de l'Avent, et tous les mercred jeûnent tous les vendredis.
Elles couchent sur une planche avec nombre suffisant pour se garantir du fro
Leurs œuvres sont : le soin des malai
asiles d*enfants pauvres, orphelines ou abandonnées, les catéchismes, ouvroirs, patronages, tenue des sacristies, en un mot toutes les petites œuvres qui peuvent être utiles aux curés cU campagney à Texception des classes dont la congrégation ne s'occupe que dans la maison-mcre et dans les orphelinats.
Les postulantes sont reçues de seize à trente-cinq ans. Les vœux perpétuels ne sont émis qu'après dix ans de vœux temporaires. Les jeunes filles de treize à seize ans qui aspirent à la vie religieuse y sont préparées dans le petit noviciat.
Costume : tunique de bure brune avec corde de chanvre et rosaire ; long scapulaire de bure avec une petite croix en velours noir et image du Sacré-Cœur au milieu ; guimpe courte, long voile noir et manteau brun pour les professes ; voile blanc et scapulaire sans croix pour les novices.
Les Franciscaines du Sacré-Cœur sont au nombre d'environ deux cents et possèdent vingt-deux maisons dont voici les noms :
Villeurbanne y maison- mère, noviciat, école, orphelinat. Les enfants sont admises gratuitement dans les orphelinats de l'institut, depuis l'âge de cinq ans. Jusqu'à l'âge de treize ans, elles suivent les cours des classes établies dans la maison, selon la loi de l'enseignement primaire. De treize à vingt et un ans, elles sont conservées dans la maison-mère ou envoyées dans les succursales pour apprendre les différents ouvrages propres à leur sexe.
Tessyy commune de Metz (Haute-Savoie), asile pour idiotes, orphelines : couture, agriculture.
Tignieu (Isère), orphelinat, dévidage de la soie, agriculture, soin des malades à domicile et catéchisme pour les enfants de la paroisse.
Saint' Symphorien-sur-Coise (Rhône), orphelinat, couture, garnissage de chapeaux de paille.
Vienne (Isère), Sœurs gardes-malades, service de la cathédrale et de la cure.
Peyrillac (Haute- Vienne) , patronage de jeunes filles, catéchisme, soin de l'église et des malades.
Châteatiponsac (Haute- Vienne), service de la chapelle du pèlerinage de Notre-Dame de Toute-Bonté, gardesmalades, catéchisme pour les enfants de la paroisse.
Saini-Just f Haute -Vienne), Craon (Vieane), patronage de jeunes filles, soin des malades à domicile, catéchisme, service de la sacristie.
Révérende Mère LorAin,
La ViUaite (Creuse), mêmes œuvres.
Magtiac- Laval (Haute- Vienne), Saint-Léonard (Haute- Vienne), Le Verger-Liglel (Vienne), soin des malades à domicile.
Dompierre(Ha.ute'Vieaae),Bussières-Pûiievwe (Haute- Vienne), mêmes œuvres.
Paris, rue Servandoni, 7, et Saint-Mandé, près Paris, rue de la Fraternité, Sœurs gardes- malades.
Le Vast (Manche), hospice.
Martinvast (Manche), ouvroir et soin des malades à domicile.
Pouligny- saint' Pi erre (Indre), Saint- Zacharie (Var), mêmes œuvres.
FRANCISCAINES DU SACRÉ-CŒUR DE QUERQUEVILLE, Par Equeurdreville (Manche),
N^ 32 bis.
Les Franciscaines du Sacré-Cœur de Villeurbanne répondant à rappel de M. Tabbé Hainneville, curé de Querqueville, par Equeurdreville (Manche), ont fondé, en 1892, une maison de charité dans sa paroisse.
Marchant sur les traces de leur séraphique Père, observant rigoureusement la sainte pauvreté et Tesprit de pénitence, elles pratiquent le dévouement le plus entier envers de pauvres et intérCvSsantes familles d'ouvriers bretons, venus à Querqueville prendre part à de longs et difficiles travaux de défense nationale, en construisant la digue de rOuest, près Cherbourg.
Les Sœurs dirigent un ouvroir, un patronage, une crèche et une garderie d*enfants, et vont soigner les malades à domicile. Par les enfants elles atteignent les mères de famille : dans cette population ouvrière et cosmopolite, «c la femme sans religion est pire que Thomme et demande un apostolat, dit le curé de la paroisse, plus difficile à exercer que celui des sauvages du Congo > .
Depuis 1895, les Franciscaines du Sacré-Cœur de Querqueville sont indépendantes de celles de Villeurbanne, tout en restant unies par la même affection et le même esprit.