I. Fremiers essais. — II. Extension et pr
Le premier et principal iosinimeat pour établir à Avignon les Sœurs j M. l'abbé Roland, vicaire de la parois vénérable ecclésiastique était entré ta quaote ans, dans les saints ordres, apn place honorable dans l'enregistrement net, le g octobre 1775, d'une famille tr ancienne. Ce digne prêtre, comme poi qu'il avait donné aux affaires tempe animé d'un grand zèle pour le salut premières années de soa ministère, il don. spirituel où se trouvaient les 11 dessein de les assister par la fondation d qui leur procurerait les secours de l'an:
Deux éléments étaient nécessaires œuvre : une maison et des religieuses.
I . Nous résumons Ici les NoUs sur l'état des Pauvres Saurs de Saint' François d'Ai mecic AubancI, 9, place Saint-Pierre, Avignt
326 LES RBUGIEUSES FRANCISCAINES
ritable donna le local, me de la Croix, 8 ; quelques-unes des pénitentes de l'abbé Roland s'ofl5*irent à lui pour revêtir l'habit religieux du Tiers-Ordre et former la future communauté. Ce qui eut lieu le 21 novembre 1840.
Quand les six nouvelles Sœurs parurent au dehors, elles eurent à subir le jugement du public. A la vue du cordon franciscain qu'elles portaient extérieurement, le peuple leur donna le nom de Sœurs de la Corde ^ nom qui leur est resté et qui leur rappelle qu'elles sont étroitement liées à Jésus- Christ, pour le servir dans la personne des malades, ses membres sou£frants.
Mais la vie religieuse ne s'improvise pas. Il lui fiaut un postulat, un noviciat ; il lui faut surtout un supérieur pour la pratique essentielle et fondamentale de l'obéissance. Tous ces éléments faisaient défaut à la communauté naissante, composée de personnes tirées presque toutes de l'humble condition de servantes. M. l'abbé Roland, entré tard dans l'état ecclésiastique, avait conçu et entrepris son œuvre avec plus de zèle que d'expérience de l'état religieux. Impatient dégrossir son troupeau, il admettait tous les sujets qui se présentaient, après quelques jours de postulat. Dire que ce choix de première main fut toujours heureux et répondit pleinement aux exigences de la situation, serait exagéré. Aussi il fallut bientôt renvoyer certaines Sœurs turbulentes et brouillonnes qui jetèrent à leur tour, en ville, le discrédit sur la communauté. Puis, dans la nuit du 2 mars 1842, eut lieu une équipée homérique digne d'être relatée.
Un complot s'était tramé, à l'insu du trop confiant fondateur. SœurScolastique, supérieure, avait résolu de s'affranchir de l'autorité, en élevant communauté contre communauté. Elle loue et aménage clandestinement une maison, et la nuit, suivie de trois complices, déloge sans bruit, emporte ses effets et s'établit dans son couvent improvisé. Au lever, grand émoi dans le monastère! L'abbé Roland averti, accourt et voit sa ruche tout agitée et troublée... Toutefois l'autorité ecclésiastique agit avec énergie et célérité ; avant la fin du mois, Sœur Scolastique déposait l'habit reli-
gieux et le schisme cessait : les frelo envolés de la ruche.
Mais la malveillance s'arma de ce fait pauvre fondateur et le déclarer iDcapat une famille religieuse.
Il faut aux œuvres de Dieu un baptêm de contradiction. Tout institut qui, dan rencontre pas l'épreuve, bâtit sur le donne la solidité à la base de l'édifice, et qui, enfonçant plus profondément les rac communique une durée séculaire.
Cependant l'aventure qui venait de se avec elle une leçon. La Supérieure que 1'; mise à la tête dt. sa communauté, et sui puyait avec trop de confiance, venait, pa d'en compromettre gravement l'existé qu'elle devait être remplacée par un guid éclairé. Une Supérieure étrangère, déjà religieuse et ayant fait ses preuves, en m< donnerait plus de prestige à l'autorité, é aussi à former et à gouverner les jeunes ; quence, il demanda à la fervente comni ciscaines du Puy de vouloir bien céder c blés d'imprimer à son institut une vé religieuse.
On acquiesça à la demande : Sœur Sta Supérieure, et Sœur de Tous -les- Saints, tresse des novices.
Les deux nouvelles religieuses n'av plan pour établir la réforme, que celui di de mettre en pratique la Règle qu'elles aj propre communauté. Il fallut des ménagt tances se faisaient sentir. Mais le bon exi sance qui entraîne les volontés hésitantes
Sœur Stanislas était un modèle de pi' ment. Au dehors, oo admirait sa modesii gieuse; son assiduité à visiter les maladi rapport avec les familles toujoursheureu:
S- e..r 'j^zjù'. vr^. ii ^.ir:le -r^^iîi tocj-i^rs marquée aa coin c- ':>:,- rrrii'- e: le 1^ r'"..%rï:é ; sins éclat et sans manifesîâ:io- -«^.ivrri-r^r-:, cil-: Tcvaï: ce qui manquait au service d-rs H'-ilii-rî et ï^i. i.t y remc-il^T. Les soins des Sœurs gar':-rS':i:i'.-id:r^ -r^i: -2: d-r pljs trn pl^is appréciés en ville.
.Vil;.r-.r- .:^^21t2.:, au Lojt de trois ans Sœur Stanislas tcmr-a ni:il.a i^ e: «es m-r^iecins déclarèrent que l'air natal pourrai: s-: .1 r^p^r^-r :îcs ::rces et lui rendre la santé. Elle retour.^a au P^y. M^is, sur la demande de l'archevêque d'Avi^T.or-, .^î^r L'cLrjlay, qui venait de prendre possession dfr son ^.i':/'^, cl.e revint bientôt, rétablie et accompagnée d': Soeur Siinie-Rosalîe comme assistante. Une nouvelle épreuve allait commencer.
En 1852, le choiera éclata à Avignon. Le poste le plus difficile et le plus pk'-rilleux, celui de la maison de santé, fut assic^né aux dix-huit Sœurs de Saint-François. Toutes s'y pcjrtèrcnt avec joie, s*y dévouèrent avec un zèle admirable et deux tombèrent victimes de leur charité.
Dans un autre endroit, une Sœur appelée au service des cholériques, voit les habitants terrorisés déserter le villa<(e et la laisser seule au milieu des malades. Elle va d'un pestiféré à l'autre, soigne les vivants et ensevelit les morts. Atteinte à son tour par le fléau, elle s'administre un remède énergique et au bout de trois jours revient au chevet des malades qu'elle ne quitte plus. Le Ministre décerna à cette religieuse une médaille d'or.
La communauté des Sœurs de Saint-François avait fait ses preuves. 11 n'y avait plus qu'une voix dans Avignon, pour rendre témoignage à son dévouement. M. l'abbé Roland, après tant d'épreuves, de contradictions et d'obstacles suruiontés, put oublier ses peines et considérer son ii'uvro comme acceptée et établie pour l'avenir. Dieu voulut lui méuairor cette consolation en ce monde avant d'en recevoir une plus grande dans l'autre. Il vit arriver sa dernière lunirc avec le calme et l'espérance chrétienne du prêtre
qui s'endort dans le Seigneur. Entoura dévoués de ses filles spirituelles, c'e qu'il entendit la voix du divin Maître : mon Père; j'ai été malade et vous m'a\ âgé de soixante-dix-iiuit ans. Il laissa, manuscrits curieux sur le maguétisn une étude approfondie, avant son ordi;
M. l'abbé Martin, vicaire général de gnon, fut nommé Supérieur des Sœ comprit bien vite tout le bien que p< diocèse cette congrégation, il lui doi libre et tout son dévouement et s'il j table fondateur, il en fut Vorganisatei
Jusque-là, la communauté n'avait p bien arrêtée ; on allait, on venait selo demandait : il était urgent de mettre t ordre. Un règlement provisoire fut M. Martin se mit'à faire aux Soeurs ( vies sur la vie religieuse, à compose; Noviciat religieux et les Constiiuti répétait souvent cette recommandatic vous êtes les plus exposées de toutes 1 crées à Dieu, à cause du soin des n mais, tant que vous serez franches et confesseur pour tout ce qui touche à ' avec votre Supérieure, pour tout ce qi des malades, vous pouvez vous consid< et vous n'avez rien à craindre. »
En même temps que le Supérieur cipesde la vie religieuse. Sœur Stanis les laisaient mettre en pratique ; tout et devoir de l'obéissance qui vivifie to: mesure que ce principe était compris, rite entraient dans tous les actes de la i
En 1854, une première fondation eu en 1856, une deuxième à Api. Déjà, e gation avait été reconnue par décret parut la lettre suivante de Mgr Debe
Constitutions : c II est écrit que Dieu abaisse ses regards sur les humbles et qu'il les couvre de sa protection. C'est pourquoi, lorsque M. Tabbé Roland, le pieux fondateur de votre congrégation, voulut doter la ville d'Avignon d'un établissement de Sœurs gardes-malades, il ne crut pouvoir l'asseoir plus solidement, qu'en lui donnant pour base l'humilité du Tiers-Ordre de Saint-François. C'est sous la bannière de celui qui s'appelait le petit pauvre de Jésus-Christ qu'il vous enrôla.
c Cette sagesse chrétienne qui marche à rebours de la sagesse mondaine, est justifiée par le résultat consolant que nous avons aujourd'hui sous les yeux. Comme le grain caché, pendant l'hiver, sous le sillon, renaît et se développe au printemps, ainsi, après plusieurs années d'épreuve et d'obscurité, votre congrégation prend un accroissement qui réjouit le cœur de votre premier Pasteur.
« A l'heure où votre pieux fondateur est allé recevoir dans le ciel le prix de sa foi et de son dévouement, nous vous avons recueillies comme un précieux héritage qu'il nous léguait et nous vous avons confiées à des hommes également distingués pour leur dévouement et leur foi.
c C'est sous la direction de ces nouveaux guides que nous vous avons vues, pendant la cruelle épidémie qui vient de sévir avec tant de rigueur, vous immoler au bien public et multiplier vos dévouements du jour et de la nuit, à l'égal du nombre des victimes qui vous appelaient à leur lit de douleur. Deux d'entre vous, par un privilège que la foi apprécie au-dessus de tous les biens de ce monde, en succombant à la fatigue et aux atteintes du fléau, ont conquis la glorieuse palme du martyre. La ville d'Avignon, émue du spectacle touchant qu'elle a eu sous les yeux, en gardera dans ses annales un souvenir ineffaçable.
< Aujourd'hui, nos très chères Sœurs, pour vous donner un nouveau gage de notre affection paternelle, nous vous présentons des Règles et des Constitutions qui doivent affermir vos pas dans la sainte carrière où vous êtes entrées. Toutefois, avant de les approuver définitivement, nous désirons que vous en fassiez l'essai, afin de demander
LBS RBLIGIBUSES PRANCISCJ
au temps l'épreuve qui conserve toute durables,
« Recevez-les, avec les bénédictions les accompagne.
• La paix, la miséricorde viendront s tes celles qui les observeront avec âdélii
« Quicumque kanc regulam secuii fi illas et misericordia.
* Donné à Avignon, en notre palai sous notre sceau, notre seing et le contresecrétaire de notre archevêché, le 12 no'
« Jean-Marie Debelav, archevêqi Ce fut avec les sentiments d'une rel sance que la congrégation reçut ses Q Règles des mains du premier pasteur qi nelle circonstance, mettait le comble aux n'avait cessé de lui prodiguer. Les no Mgr Debelay, de M. l'abbé Roland et d' restent à jamais étroitement unis dans prières des Sœurs de la Corde.
La congrégation était reconnue par par l'archevêque; plus elle croissait < plus l'insuffisance du couvent de la rue c était concentrée se faisait péniblement quence, on acheta un assez vaste terr petite habitation, au quartier du Port:
servit d'école provisoire et où avait véc lèbre graveur des portraits de Frédéri Pologne, de sainte Geneviève, des mari Le couvent fut construit sous la direci Pougnet, du clergé avignonnais, qui & architecte en cette circonstance et bâtit Saint- Vincent de Paul de Marseille, mt ture gothique qui coûta six millions.
Le 8 septembre 1858, toutes les Sœu nombre d'environ soixante-dix, prirent nouveau monastère que Mgr Debelay ment. «Jusque-là, dit-il aux religieuse!
bien vous étiez à Tétroit dans votre ancien couvent, je n'osais presque pas demander à Dieu de nous envoyer de nouveaux sujets et d'accroître votre famille. Aujourd'hui que l'espace s'ouvre devant vous, mes vœux n'ont plus de réserve et vont avec mon cœur : Croisses et multiplies ^ pour la gloire de Dieu ; croisses et multiplies ^oxrcXt. salut des âmes et votre propre sanctification. »
A partir de ce jour béni de la Nativité de la sainte Vierge, la congrégation se développa rapidement, toujours sous la direction de la Mère Stanislas, jusqu'en 1880. Elle mourut le 3 janvier de cette année, à l'âge de soixantehuit ans, après avoir vécu quarante-trois ans en religion et gouverné l'institut pendant trente-trois ans. Elle se fit remarquer surtout par son union avec Dieu, son oubli d'elle-même et sa simplicité.
Dans ses dernières années tout particulièrement, elle était toute retirée en Dieu, fermant les yeux dès qu'elle était seule et priant à peu près continuellement. Si elle n'était pas au travail commun, on était sûr de la trouver à la chapelle, dans un petit coin retiré de l'oratoire de Saint- Joseph, où elle demeurait immobile, le visage rayonnant, le plus souvent récitant le rosaire. Cette union lui donnait une grande paix au milieu de ses peines et lui montrait dans l'abandon à la Providence la source de sa force et de son habituelle sérénité. Dieu avant tout. Dieu plus que tout y c'était le mobile de toute sa conduite.
Son oubli d'elle-même était porté presque à l'excès. Elle avait pour maxime : la dernière en tout^ la dernière pour tout. Que personne ne souffre y disait -elle souvent,^/ je serai contente; ou bien encore : Après mes enfants, moi, ça n*en vaut pas la peine. Le bon Dieu l'avait douée d'un grand bon sens qui lui faisait voir avec clarté et rapidité la solution des difficultés qui se présentaient à elle; néanmoins, jamais elle n'agissait sans soumettre ses vues et suivait avec une humilité sincère les avis qu'on lui donnait. Quand mes Supérieurs ont parlé ^ disait-elle, je n*ai plus aucun souci. On a vu rarement une âme plus obéissante et plus simple.
Les ruses, les mots à double entente, les petites tromperies, elle ne pouvait les souÉfrir ; jamais elle n'aurait dit ce qu'elle ne pensait pas. Elle était simple dans sa tenue, dans ses jappons avec les personnes du monde, dans ses
Révérende Mère du Saint-Esprit (i).
paroles, pourtant si pénétrantes, dans sa piété. C'était une véritable religieuse.
Les Pauvres Sœurs de Saint-François sont au nombre
I. La Révérende Mère du Saiat-Espril est actueliement supérieure g-énérale de la Congrégation.
actuellement d'environ cent quatre-vingts et possèdent seize maisons dont voici la liste, avec l'indication des œuvres dont elles s'occupent :
Avignon : rue du Portail-Magnanen, piaison-mère et noviciat, soin des malades à domicile.
Avignon : au Lycée^ les Sœurs sont chargées du soin de la sacristie, de l'infirmerie, de la cuisine et de la lingerie.
Orange^ soin des malades.
CarpentraSy soin des malades, salle d'asile libre.
Apty soin des malades, salle d'asile communal.
Ulsle-sur-la-Sorgue^ soin des malades, orphelinat de petits garçons.
Cavaillon^ soin des malades.
PertuiSy soin des malades.
La Tour d'AigueSy soin des malades, juvénat.
Caromby hospice.
Cucurony hospice.
Sainte- Cécile j hospice. ,
Ces douze maisons sont dans le diocèse d'Avignon, les trois suivantes dans celui d'Aix.
Salon, soin des malades.
Saini'Remiy soin des malades, salle d'asile communal.
Cabanes, hospice.
A Ries (Basses- Alpes), à la villa Jordany, est établie, depuis 1895, une maison de retraite pour les prêtres âgés ou infirmes; il y a aussi des Sœurs gardes-malades.
Les Pauvres Sœurs de Saint-François sont habillées de bure brune et portent la corde de laine blanche.