SŒURS FRANCISCAINES DE SAINT-SAUVEUR
Communauté pour les enfants délaissées.
Maisom unique à Toulouse, au Port-Neuf Sainf'Sateoeur,
La Révérende Mère Joséphine Vaquié naquit à Foix (Ariège), en 1837, de parents très chrétiens. A Page de dix-sept ans, triomphant de la tendresse de son cœur pour sa famille bien-aimée, elle partit pour le noviciat des Sœurs de Nevers où elle fut admise sous le nom de Sœur Elisabeth. Après sa profession, elle se distingua par son dévouement, Toubli total d'elle-même, son humilité, son amour de Notre-Seigneur. De si beaux commencements faisaient présager un avenir sans nuages : il n'en fut rien cependant. Sœur Elisabeth se laissa bientôt absorber par la pensée d'une vie plus parfaite, passée loin du monde, dans la solitude et la prière, et un jour, sans rien dire à personne, pas même à son directeur spirituel (elle n'était pas liée par des vœux), elle quitta le couvent. Après avoir marché assez longtemps à travers champs, elle finit par rejoindre le chemin de fer qui la conduisit à Montélimar. De là, elle se rendit aux Trappistines de Maubec; mais après quelques jours de retraite, elle s'aperçut de son inaptitude pour la vie contemplative. Elle retourna donc à Foix, dans sa famille, auprès de sa mère, dont la santé chancelante réclamait ses soins. Reçue à
bras ouverts par tous les siens, liea ne lui manquait désormais pour être heureuse, et cependant cette âme se sentait toujours attirée par la grâce de Dieu, sans qu'elle put comprendre à quel état elle était destinée. Tourmentée par le désir de rentrer dans la vie religieuse, elle obtint son admission dans plusieurs communautés, mais à peine yétait-elle entrée, qu'elle se sentait prised'un ennui invincible et dans la nécessité d'en sortir.
Elle vivait donc résignée dans sa famille où elle menait une vie pieuse et retirée, quand, en 1863, le R. P. Conrad, gardien du couvent des Capucins de Toulouse, préchant à Fois, eut l'occasion de faire sa connaissance. Il sut vite apprécier la candeur, l'énergie et la bonne volonté de cette âme : aussi résolut-il de l'enrôler dans un petit ouvroir qu'il venait de fonder à Toulouse et qui se composait de quelques personnes pieuses, unies simplement entre elles par la Règle du Tiers-Ordre et la communauté d'idées et de bonites œuvres. Ces saintes filles, vêtues d'une modeste robe de serge grise, mais sans aucun signe extérieur de la vie religieuse, s'étaient vite rendues populaires dans le quartier sous le nom de Petites Saurs de la rue Valenciennes, où était leur demeure. Elles passaient souvent les nuits aux chevets des malades les plus délaissés, et le jour elles faisaient la classe à une vingtaine de pauvres petites filles qu'elles avaient ramassées dans les rues de la ville. Mlle Vaquié, Sœur Joséphine, — c'est le nouveau nom qui lui fut donné — vint se joindre à ce groupe de Tertiaires et au bout d'un an elle en devint la supérieure.
Cependant, le E. P. Conrad fut changé do couvent, en 1865. C'était une grande épreuve pour ses filles spirituelles qui perdaient en lui et leur inspirateur et leur appui. Le nouveau supérieur du couvent de Toulouse, voyant d'un côté le bien qui s'opérait dans le petit ouvroir, et de l'autre ne voulant pas prendre sur lui ni de cesser son concours, ni d'encourager une œuvre dont il ne prévoyait pas l'Issue, en référa à Mgr l'archevêque. Celui-ci fut d'avis qu'il était opportun de favoriser ces pieuses Tertiaires et de les préparer à la vie de communauté religieuse régulière.
On fit en conséquence un choix des meilleurs sujets et l'on décida Tacquisition de la petite maison habitée rue Valenciennes. A cet effet, l'une des Sœurs fit généreusement le sacrifice de la moitié de son patrimoine. L'acte était signé, quand un créancier qui avait le droit de surenchère, vint faire opposition, dans l'espoir de revendre l'immeuble aux religieuses pour un prix exorbitant. Celles-ci trouvant le local désormais trop cher pour les services qu'il pouvait rendre, sans compter qu'il les mettait dans l'impossibilité, pour plus tard, de s'étendre, se mirent à la recherche d'une autre maison. Au bout de trois mois, au moment où elles allaient se trouver sans asile, elles rencontrèrent providentiellement le local le plus approprié à leurs besoins.
Il existait sur les bords du canal du Midi, au Port-Neuf Saint-Sauveur, tout près du couvent des Capucins et de celui des Clarisses, de grands magasins, construits jadis comme entrepôts pour le trafic du canal, mais devenus inutiles par suite de l'établissement du chemin de fer. Une vaste cour entourée de murailles et isolée par des rues de toutes les maisons voisines, un jardin spacieux avec de grands arbres, un air pur, et l'absence de tout mauvais voisinage, rendaient cet endroit parfaitement propre à une maison religieuse. Les ressources des Sœurs ne permettant pas de l'acquérir en entier, elles firent choix de deux vastes corps de bâtiments, l'un pour les enfants, l'autre pour elles, et dès le mois de juin 1866, elles s'installèrent dans cette demeure restée trente ans sans locataires.
Deux mois se passèrent à l'installation matérielle. C'est alors que la pauvre Mère Joséphine acheva de ruiner sa santé, déjà bien chancelante. Obligée de tout diriger par elle-même, de tout surveiller, de tout improviser, sans cesse sur pieds, prenant à peine le repos absolument nécessaire pour réparer ses forces, elle contracta les germes de cet épuisement qui, deux ans plus tard, devait la conduire au tombeau. Elle continua néanmoins de se dévouer avec le même zèle à l'organisation de la communauté et à l'éducation des petites filles.
LES RELIGlEUSEa FRANCISCAINES
Le 12 août, une douzaine d'entre elles furei par Mgr l'archevêque de Toulouse, La céré née, il examina avec soin les dispositions et i leur chapelle, puis réunissant les Sœurs dan communauté, il leur témoigna sa satisfactio qui avait été fait en si peu de temps, tout ' prenait à leur œuvre et à leur congrégation comme gage de sa haute approbation, il lei permission d'entendre la messe et de conseï Eucharistie dans leur chapelle. Il ajouta que étaient déjà filles de saint François par le elles devaient embrasser la Règle donnée p£ adopter un costume franciscain, de couleur moins comme étant plus modeste et plus aj exigences du siècle actuel . Il leur recomn soumettre un modèle et pria le Père Gardien de Toulouse de leur dresser des Constitution il donnerait son approbation. Les Sœurs, au ■ joie, ne savaient comment remercier leur arch les larmes qui coulaient de leurs yeux témoi; de leur reconnaissance.
Le 8 septembre suivant, la Mère JoséphiQ< ses compagnes reçurent le saint habit des m Gardien. Le nouveau costume est de coulcu forme simple et austère.
Dans le courant de l'hiver, les Constitutiot minées et approuvées. A partir de ce rnomeu nauté éprouvée jusqu'alors par des tiraillemeni à toute œuvre qui se fonde, commença à mai paix en toute régularité et charité. Une i ajoutée à la maison servit à la fois de dori enfants et d'abri pendant le mauvais temps. établie pour nourrir les soixante filles arraché d'une existence vagabonde. Dès lors, les fami influentes de Toulouse s'intéressèrent à l'i Sœurs Franciscaines et vinrent généreusemeni
L'Œuvre était donc définitivement constitu* qui l'avait fondée devait tomber la premier
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après sa profession, victime de sa charité. La Mère Joséphine avait porté presque seule toutes les charges de la maison ; il avait fallu former les Sœurs aux exercices de la vie religieuse, diriger le noviciat, surveiller les emplois intérieurs de l'ouvroir, discipliner les enfants sans éducation, apprendre à leurs maîtresses la manière de les conduire et de maintenir l'ordre dans les classes, répondre aux demandes d'admission, correspondre avec les postulantes, s'occuper des actes administratifs, en un mot supporter seule tous les embarras d'une société naissante. Elle eut encore pour la deuxième fois la douleur de voir le Père Gardien changé de résidence et de perdre en lui le directeur qui l'avait aidée de ses conseils et soutenue dans l'œuvre si pénible de cette fondation.
A partir de cette époque, sa santé déjà si ébranlée ne fit que se délabrer de plus en plus. La fièvre typhoïde vint achever la dissolution de son pauvre corps, et le 21 octobre 1868, la Mère Joséphine, à peine âgée de trente et un ans, rendait son âme à son Créateur, pendant que ses Sœurs désolées priaient et pleuraient autour de sa couche de douleur. Elle était morte à la peine : véritable martyre, moins glorieux, il est vrai, que celui du sang, mais plus douloureux dans sa longue agonie.
Dieu récompensa sans nul doute la grande charité de la pieuse fondatrice en l'admettant dans le séjour des élus (i).
La Mère Angèle Combes lui succéda dans la charge de Supérieure. Atteinte d'un cancer, elle en supporta les horribles douleurs avec une patience admirable. Elle mourut, eni877, en disant ces mots : c Mon Dieu, je vous aime ! »
Malgré cette perte cruelle, l'ouvroir franciscain de Toulouse continua doucement à vivre et prospère sans secousses, toujours sous la direction des PP. Capucins.
En 1885, une belle chapelle fût bâtie et un grand parc fut acheté pour en faire un jardin potager.