‹ Les religions de l'IndeChapitre 22 sur 109 · AthV. X · texte numérisé non relu

AthV. X

culations sur Torigine des choses. Varuna et ses pairs avaient fait le. monde, c'est-à-dire qu'ils l'avaient organisé. Mais d'où, avaient-ils tiré les matériaux pour le façonner * ? A ceci il y avait une très vieille réponse, puisqu'elle est indo-européenne : le monde a été formé du corps d'un être primitif, d'un géant, le Purushaj dépecé par les dieux 2. Evidemment cette réponse ne pouvait toujours satisfaire ; car ce Purusha et ces dieux d'où venaient-ils eux-mêmes ? et qu'y avait-il avant leur naissance ? Ici il faudrait citer en entier l'hymne célèbre où la substance en soi, supérieure à toute catégorie et à toute antinomie, est posée comme le premier terme avec une profondeur de pensée et une hauteur de langage qu'aucune école n'a jamais dépassées^. En elle naquit le Désir, Kdma, et ce fut là le point de départ du développement successif des êtres. Dans cette conception, le Dieu personnel ou, comme on dira plus tard, le Ka, le Qui? est un des termes, parfois le premier terme de l'évolution de l'Absolu, du Tat, du Ce. Il est Hiranyagarhha « l'Embryon d'or* », qui fut la première forme. Mais déjà l'analyse tend à intercaler ejitre lui et la notion ultième un certain nombre de principes où d'hypostases tels que les Eaux, la Chaleur, l'Ordre, la Vérité, le Désir, le Temps^. Ces deux derniers surtout sont devenus, dans l'Atharva-Vêda, le centre d'un vaste symbolisme^. — En présence de ces spéculations d'une part, et d'autre part en présence des doctrines finales si arrêtées et si concordantes de la Perse et de la Scandinavie, on est étonné de l'absencç de toute eschatologie. Ces hommes qui ont tant médité sur l'origine des choses, ne paraissent pas s'être demandé si et comment elle doivent finir, et le Vêda ne sait rien des Derniers temps.

On voudrait avoir quelques données sur la chronologie de toutes ces spéculations ; mais ici tout devient extrêmement incertain. De ce qu'elles sont postérieures logiquement et que, à l'état formulé, elle se trouvent presque toutes dans un livre du Rig-Vêda qui ne ressemble pas aux autres, le dixième, on conclut généralement qu'elles appartiennent à la dernière période ,de la poésie védique. Il se peut que cette supposition soit juste, bien que nous ne soyons pas g.ussi rassuré à cet égard qu'on paraît l'être d'ordinaire. Les seules preuves positives, celles qui peuvent se tirer de la langue, sont très rares, et encore, dans le cas précisément où ellies fournissent la démonstration la plus complète d'une composition récente, dans celui de l'hymne au Purusha, on se trouve en présence d'idées extrêmement anciennes. Un point, toutefois, peut être tenu

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