II. MOMU; l'Ai. 1:01, IIMIOUE
En Océame, rallenlioii des préhistoriens a été éveillée par plusieurs découvertes eflecluées en Australie et en Tasnianie. Nous n'avons pas de renseignements précis sur le niouslérien lasmanien -". Vu Australie on a cru un instant avoir identifié la présence de l'iioninie tertiaire. X avait-on pas distingué, sur un giès calcaire du district de VVarnaniboul, les empreintes laissées par un homme assis, les pieds en avant du corps. Mais on n'a pu tomber d'accord sur l'âge de ce grés calcaire. Les uns le tiennent pour pliocène, les autres pour pléistocène. l'^l j>iiis on s'est demandé si les empreintes ne seraient pas, plus -iniplemenl, celles d'un Kangourou^'. Le crâne de l'homme fossile de Talgai, trouvé dans la compagme de marsupiaux éteints, ne se distingue pas du crâne d'un indigène actuel". La présence, dans le dépôt, de grossiers instruments paléolithiques (désignation bien vague), et, ailleurs, d'un outillage mici-olilhiquc magdalénien avec divers débris squelettifjues, pose d'une manière intéressante le problème de l'existence dt^ l'homme quaternaire en Australie. On fera bien d'attendre, pour se j)rononcer, un supplément d information.
Poursuivant notre route vers l'Est, nous abordons enfin en Amérique. Peu de régions, au point de vue qui nous occupe, ont soulevé de plus ardentes controverses". L'humanité avaitelle réussi à s'introduire dans le Nouveau-Monde, dès la période glaciaire? Il devrait être facile de le savoir, puisque,.
20. Voir le compte-rendu de J. ÎSipi'GEN sur l'ouvrage précité de I*. Sarasin, Anthrop. t. XXVI, pp. 264 et saiv.
21. W. Branco, Die fraglichen fossilen menschliclien Fnsapnrrn... m Zeiischrift fiir Ethnologie, t. XXXVII, 1905, p. 162. La découverte de ces « empreintes « est antérieure de quielques années h la publicîilion de cet ouvra^^e. Elle a été signalée dès 1899 par le d*" F.ai.oy. L'attribution des « empreintes de pas x à un Kangourou est de M. Wn- SBR, Die Urheimat der Menschengeschlechts, cf. Anthrop., t. XVI, p. 675, n° 1.
22. D'après le «l"" Smith de l'iniversité de Sydney. Cf. Anthropologie, t. XXVI, pp. 492-493.
23. Plutôt que de multiplier le^ nii-icnces, sur un sujet qui a provoqué la publication d'un nombre considérable de travaux, nous préféron.s renvoyer, comme nous l'avons fait ci-dessus pour le paléolithique Africain et Pale.stinien, à une élude d'ensemble, très claire et très bien documentée : H. Beuchat, Manuel d'archéologie américaine,. L. I", L'Amérique préhistorique, pp. 89 h 199, (Amérique du Nord),, et pp. 229 à 245, (Amérique du Sud).
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LF, MONDE PALÉOLITHIQUE 401
nous l'avons vu, l'Amérique du Nord fui lémMn des gigantesques envahissements glaciaires. L'Anïérique du Sud, elle aussi, a connu des phénomènes semblables, dont les traces s'observent, nolanmient, dans la Cordillère argentino-chilienne. Il y avaii donc là un champ propice aux enquêtes des paléontologues et des préhistoriens.
En fait, les résultats obtenus sont assez modestes. Tout d'abord il convient d'éliminer, sans hésitation aucune, les prétendues découvertes d'ossements humains tertiaires ou quaternaires. Qu'il s'agisse de l'Amérique du Nord ou de l'Amérique du Sud, on peut leur appliquer le jugement que le docteur Laloy prononçait sur les débris exhumés, de ia Nouvelle-Orléans au Mexique : (( Aucune trouvaille ne saurait résister à la critique'*. » On sait, par ailleurs, l'acharnement que M. Ameghino a mis à soutenir d'aventureuses théories sur la descendance tertiaire de l'homme pampéen. D'après M. Ameghino, l'Argentine aurait été le berceau de l'humanité. Le clou du système était un lot d'ossements humains (TclraprnlJiomo plalensis), trouvés dans les dépôts miocènes du Monte Hermoso, au milieu de débris de foyers. M. Hrdiicka, qui traversa l'Atlantique pour étudier sur place ces pièces sensationnelles, est revenu de son voyage, pleinement édifié : (( Les ossements humains et les objets archéologiques considérés comme très anciens, géologiquement parlant, offrent tous les caractères principaux des ossements et des produits industriels des Indiens d'Amérique. Et quand ces trouvailles sont en relation avec des terrains quaternaires ou tertiaires, il semble que ce soient des relations d'intrusion^'. » Aussi l'homme pampéen est rentré dans le néant d'où il n'aurait jamais dû sortir. Jusqu'à nouvel ordre, on dira que du Canada à la Terre de Feu, les vestiges osseux de l'homme paléolithique demeurent inconnus.
En est-il de même des outils de silex? Là encore, la discus^ sion fut passionnée et nous n'entreprendrons pas de la raconter. Lorsqu'on a éliminé les pièces sporadiques dispersées à la surface du sol, à travers les provinces des Etats-Unis, on se trouve en face de trois découvertes qui, seules, paraissent
24. Anthropologie, t. XIX, pp. 634-635. Voir, eod. lac, la liste des restes humains « fossiles » de l'Amérique du Nord, avec la date de leur découverte.