Id. ihid., p
25. Les signes auxquels nous faisons allusion sont particulièrement ceux que l'on désigne sous le nom de navif ormes et de clavif ormes. — Altamira : cf. Em. Carthaïlhac et H. Breuil, op cit., p'. 70, 71 ; Santian : H. Alcade del Rio, H. Breuil, L. Sierra, Les Cavernes de la région canlahrique, Monaco, 1911, p. 28 et sniv. ; Pindal, même ouvrage, p. 71 ; Niaux : Em. Cartailhac et H. Breuil, Les peintures et gravures murales des cavernes pyrénéennes, III, Niaux (Ariège), dans Anthropologie, t. XIX (1908), p. 36, 37, 39. — La comparaison de
De l'oulillage, passons à la parure. Tous les primitifs actuels ornent leurs corps avec des colliers, c^es bracelets composés de coquillages et de dents d'animaux ; leur lête avec de grosses aiguilles ou des plumes d'oiseau. Les primitifs de la Préhistoire avaient les mêmes goûts. Ils les satisfaisaient de la même façon.
Fi>,'. 67. — Peintures appartenant à la secottde piiase.Vnn des deux petits l>isons du plafond d'Altamira marquant le plein épanouissement de la peinture en noir modelé. (Cf. Altamira^ p. 70.) A noter, au-dessus de la bosse du l'.ison. un signe i. pectiforme » (main stylisée).
ous avons cité les poinçons du type aurignacien, dont liin fut retrouvé en place sur le front d'un squelette do Grimaldi -^ D'au-
ces signes avec les instruments australiens est signalée aux mêmes références, notamment dans la monographie de la caverne de Santian. — Sur les raisons qui ont amené M. Breuil à modifier sa première interprétation des grands signes rouges d'Altamira ''norifnrrne'i, par analogie avec les kayaks eskimos), cf. Caveriifn dr. lu région cniitabriqne, op. cit., p. 200-201. — A noter, également, le regrettable anachronisme commis par M. Juan Cabré Aguh.o (El arte riipestre en Espana, Madrid), qui voit dans ces mêmes signes rouges, des chaussetrapes tendues aux animaux par les chasseurs «fuatoi'naires : sans doute il y a contact entre la biche polychrome d'Altamira et plusieurs signes « naviformes v. Malheureusement, ce contact est fortuit, car enti-e l'époque où fut tracé le signe et celle où fut peinte la biche, il y a toute la distance qui sépare l'aurignacien du magdalénien. (Cf. Anthrol'ohuiie, tome XXVII (1916), p. &9I).
26. II s'agit de l'Homme de Menton, découvert par .M. Em. Rivière,' le 26 mars 1872, dans la gro«te du Cavillon (v. infra, au chapitre des Sépultures). Sur la lithogrnphie insérée par Rivière dans .son ouvrage (r. Antiquité de rhomnie dunn les Alpes-Mnritiwei^^ op. cit., planche xi). If poinçon n'est pas représenté in situ : il repose sur le sol, on face
tre part, il n'est pas une seule station, tant soit peu explicite, où l'on ne recueille des coquillages de toute sorte, et des canines souvent percées d'un Irou de suspension ^''. Ces objets assemblés formaient des plastrons, des bracelets, des jarretières. Plusieurs de ces parures ont été reconstituées (lig. 102, p. 186). Elles témoignent d'un véritable raffinement dans le choix et la combinaison des pièces. Probablement, alors comme aujourd'hui, les coquillages servaient de monnaie poiu- les échanges ^*. Quelques foyers quaternaires ont livré des trésors, soigneusement dissimulés, où les coquilles se comptent par milliers ^' et l'on sait si ces menus
du crâne du squelette. Les éditeurs des fouilles de Grimaldi eut restitué à cet ornement sa véritable place, (cf. Grottes de Grimaldi. t. II, fasc. I, planche i, n" 1, à gïiuche), en connexion avec la boîte crânienne, (cf. infra. fig. 112, p. 224).
27. Impossible de citer tous les cas. Cf. UFCHFLEnE, Manuel... op. cit., p. 207-209.
28. Principalement les grosses ccquilles percées et fragitifvntées (Pectiinculus, Ostraea, etc.). Cette hypothèse, qui, d'ailleurs, n'a pas grande importance, a été suggérée par Em. Rivière, op. cit., p. 281.
29. Notamment à Grimaldi, grotte du Cavillon. (Cf. Em Rivière, op. cit.. p. 129 et 169-171): «A 7™ 90 au-dessous du premier niveau de la caverne, écrit l'auteur des fouilles, nous avons découvert... une couche de 20 centimètres d'épaisseur des plus intéressantes. Cette couche, d'une teinte un peu plus foncée que d'habitude, plus noirâtre, n'existait pas dans toute l'étendue de la caverne, mais seulement le long de la paroi droite, commençant à 1 m. bO environ de l'entrée de la grotte, se terminant à 3 mètres à peu prè>'. du fond et présentant ainsi une surface de 0 m. 90 de largeur sur 6 mètres de longueur. Elle était limitée à gauche, depuis la partie centrale de la caverne jusqu'à l'entrée, par de gros blocs de pierre... Elle renfermait, un véritable trésor préhistorique... y> L'inventaire de ce « trésor » donna les résultats suivants : 8.204 coquillages marins « recouverts, pour la plupart, d'une couche de peroxyde de fer qui leur donnait une teinte rouge très prononcée et, de-ci de-là, des reflets métalliques brillants •>). Sur ces 8.204 coquillages, 857 avaient été perforés. Il y avait, en outre, plusieurs beaux poinçons en os ; 49 petites vertèbres de poisson, du genre Salmo, dont 26 étaient percées au centre ; toutes avaient le même aspect rouge et brillant. Quelques rares ossements d'animaux et quelques coquilles de mollusques représentaient des débris de repas. A noter enfin une molaire humaine, grosse et légèrement usée et une
. cinquantaine de silex taillés. — L'ensemble de ces détails suggérerait plutôt que la cachette de Grimaldi était une sorte d'atelier de parure. — Le cas de Cro-Magnon (Lartet et Christy, Reliqnœ aquitnnicse, 1875, p. 92), est moins significatif. Les 300 coquilles recueillies par Lartet étaient mêlées aux ossements des cinq squelettes. Elles
LKClllMUl;; DE LA AlElllODt EIHNOGKAPHIQLE
objets ont voy.ngé, jadis, à travers le monde paléolithique. Lue fi('s(iuo d'Alpera (Espagne) représente deux personnages qui .semblent se livrer à une danse de chasse ou de guerre. Ils portent sur la tc^te une crinière de plumes ''" (fig. 103, p, 189). Cette fois, l'illusion est complète. On se croit transporté au milieu dune liibu de Peaux-Rouges, Mandans ou Apaches. Et ces Apaches jjréhistoriques ne paraissent pas avoir témoigné envers leurs semblables, de plus d'égards que leurs continuateurs actuels : <( 11 est acquis, nous apprend l'abbé Breuil, qu'une série de r?-Anios provenant d'assises solutréennes supérieures et
Fig. 68. — Les J'HASES de l'akt I'akiétal. Signes se rattachant à la seconde phase. Teciiformes de la galerie terminale à'A/tamira. (Cf. Aliamira, p. 64).
magdaléniennes anciennes du Placard, ont été transformés en coupes ^^ ». Les chasseurs quaternaires goûlcrent-ils, eux
avaient (\ow ou entrei- dans la runiposilijn des parui-cs des cadavres.. C'est ropiiiiou de Cartailhac ([ai France préhistorique, Paris, Alcan.. 2« édition, 1903, p. 107).
30. H. BuEUiL, P. Serbano Gomez, J. Cabré A(;i;ii.o, Les peintures niprstres d'Iispaync. IV. Les abris <tel liosque à Alpi'i'a. Anthropologie, tome XXIII (1912), p. 55f2, fresque de l'abri de In Vieja. A noter snr la même peinture, un « bonhomme » qui monte, on ne sait où, à 1 ;iide d'une corde (?) ou d'un mât (?) « dans l'attitude des Australieïis «pii grimpent avec les mains et les pieds sans s'aider des genoux n. fiU ibid., p. 551). Cf. lig. 104, p. 200.
31. Les crânes sont au nombre de neuf. Ils appartiennent aux couches du magdalénien inférieur, moyen et supérieur. Cf. H, Breuil et H. Obermaier, Crânes paléolithiques façonnés en coupes. Anthropologie y l'.ine XX (1909), p. 323 et f^uiv.
aussi, la volupté de boire dans le crâne de leurs ennemis ^^ ? Ils ne dédaignaient pas non plus de se peindre le corps. A part les Eskimos, que la rigueur du climat oblige à se vêtir chaudement, tous les primitifs actuels observent cette coutume. Ils y tiennent à ce point que pour renouveler leur stock de couleur ils entreprennent des expéditions de plusieurs mois. L'Australien porte toujours sur lui la petite sacoche qui contient sa provision d'argile blanche et d'ocre jaune ou rouge ^^. Pour l'époque quaternaire, nous n'avons pas, il est vrai, de preuve directe. La représentation de l'homme est rare, et ne laisse pas reconnaître si le sujet est ou non barbouillé. Mais si la couleur servait à peindre les parois des grottes, la prodigieuse diffusion des matières colorantes à travers les stations de l'âge du renne "*, y compris
.32. Il est bien tMilendu que nous suggérons cette explication sous toute réserve. L'un de ces crânes offre, à l'intérieur, des traces d'ocre roug-e. Ce qui importe ici, c'est la conclusion que les savants archéologues tirent de celle curieuse découverte : « Ces indications inattendues, disent-ils, sur l'usage des crânes à la fin du Quaternaire sont certainement susceptibles de nombreux rapprocliemeuts ethnographiques ; une fois de plus, ils manifestent un lien entre les us et coutumes de l'humanité sauvage actuelle et ceux des tribus paléolithiques, et montrent aussi combien on a eu lort de vouloir simplifier à l'excès la représentation que nous nous formions de leur vie et de leur mentalité )\
33. E. Grossi:, Les débuts de Vart. Traduction E. Dirr. Paris, Alcan, 1902, p. 41.
34. Et à tous les niveaux, aurignaciens, solutréens, magdaléniens. Cf. Cartailhac et H. Breuil, La caverne d'Altamira, op. cit., ch. vu. Uocre roiigc dans les gisements, sa préparation, ses usages, p. 115 et suiv. Cette matière colorante est constituée par des fragments d'ocre ferrugineux et manganésifève qui donnent, suivant la qualité du produit, une variété plus ou moins grande de teintes et de nuances (à Noailles, par exemple, la gamme est assez riche : jaune vif, pâle, orange, rose, vermillon, grenat, brun violacé, brun noir, noir profond, noir bleu ou verdâtre). Les troglodytes recueillaient ces fragments au cours de leurs voyages. Quelquefois ils les taillaient en crayons. Le plus souvent, ils les réduisaient en poudre, à l'aide de lames, de burins ou de grattoirs en silex. Cette poudre granuleuse était ensuite broyée dans des mortiers (galets siliceux ou calcaires, avec dépression ronde). D'autres galets ou, plus rarement, des noyaux de corne de bison servaient de meules,' de molettes ou de pilons. La poussière ainsi obtenue était || conservée soit en tas, soit dans des peaux, soit dans des os creux. Quand le moment était venu de Tuliliser, on la mélangeait avec de la graisse, de la moelle ou de l'urine. A cette opération ont sen'i les spatules en os aplati et très mince que l'on retrouve dans les assises
celles qui ne conliennenl pas et n'onl pu contenir aucune trace de fresque, permet d'affirmer que la couleur était destinée à d'autres buis que l'art picturaP^ Nombre de squelettes sont imprégnés d'ocre rouge. D'où l'on conclut, avec beaucoup de vraisemblance, que la peinture coiporelle était en honneur parmi les peuplades paléolithiques : c'est l'opinion de tous les préhistoriens^*^. Et de même que l'Aiistrahen emporte avec lui son indispensnble provision, ainsi nos troglodytes conservaient précieusement la leur dans de petits flacons. De des flacons, le comte de Rochebrune en a découvert dans la grotte des Cotlés (Vienne)"' {fiq. 105, p. 203). Ils sont confectionnés avec des os métartasiens de cheval et décorés de motifs géométriques. D'autres ont été retrouvés à l'état de débris dans les niveaux magdaléniens. Ils sont ornés de splendides gravures'". Cette particularité dénonce l'importance que les primitifs de la Préhistoire, eux aussi, accordaient à leurs couleurs. N'oublions pas de nol<^r que les flacons Sfont presque toujours souillés par les traces de l'ocre qu'ils ont renfermé.
Nous avons admiré les fresques exécutées par les artistes quaternaires. Or, parmi les Primitifs actuels, on en citerait peu qui n'aient eu l'idée de couvrir, de gravqres ou de peintures, les rochers à l'air libre ou à l'intérieur des cavernes. En Australie, du golfe de Carpenlarie aux environs de Sydney, on relève une abondance de ces images ^^ En Afrique, les Bushmens ont martelé de gravures ou orné de peintures les parois de leurs grottes *°. Leur art l'emporte en perfection sur celui des Cafres dont la civilisation est pourtant plus avancée ""^ Au Soudan, au
magdaléniennes. Les palettes étaient des pierres plates ou de larges coquilles. On utilisait aussi des galets plus petits et des ccH.]uillages de moifudre dimension qui peuvent repr(!''ftcnter des « godets à couleur ». Ces (ib.servntions ont leur importiince, car les procédés des vieux troglo<lytes sont ceux-iri niônies qu'emploient encore les primitifs actuels.
35. On l'utilisait aussi pour !a décoration des objets manuels, id. ibid., n. 119.