ACTE DEUXIEME QI
LUCIENNE
C'est que... tu me laisses bien seule... Je m'ennuie un peu, moi...
JEAN
Mais non, mais non, tu ne t'ennuies pas. — Nous sommes très heureux... Ce n'est pas vrai? LUCIENNE, rê'jeuse.
Si.
JEAN
Ah ! ça va mieux... Du bon beurre... un morceau de saucisson... et en route !... J'étais éreinté !...
LUCIENNE
Pourquoi n'as-tu pas monté Poulette ?
JEAN
Elle boite. J"ai envie de m'acheter une bicy^clette.
LUCIENNE
Ah ! oui... Achètes-en une pour moi aussi, dis, veux-tu r
JEAN
C'est pour le coup que les Grandpré ne nous confieraient pas leur fille !
(Un silence.)
LUCIENNE
Paris ne te manque pas, à toi }
JEAN
Pas du tout 1 Et à toi?...
LUCIENNE sans conviclion.
A moi non plus... Peut-être... j'aimerais mieux recevoir un peu plus... seulement... {ai^ec un sourire) tu est si jaloux !
C'est vrai... mais c'est parce que je t'aime ! si fort ! si fort !
LUCIENNE
Oui.
UN DOMESTIQUE, entrant par le fond.
Il y a là deux vélocipédistes et une dame en voiture qui demandent à parler à monsieur et à madame.
LUCIENNE
Ah î Ils ne vous ont pas dit leur nom ?
LE DOMESTIQUE
J'ai oublié de le demander.
JEAN, contrarié, se levant.
C'est Paul de Maucour, sa femme et madame de Cattenières, je parie 1 J'ai envie de faire dire que nous ne sommes pas là.
LUCIENNE
Oh ! Pourquoi ?
JEAN
Paul m*agace avec ses...
LUCJENNB
C'est encore la jalousie.