‹ Les remplaçantesChapitre 110 sur 162 · ACTE DEUXIEME 10 f · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME 10 f

LUCIENNE

Peut-être irons-nous à Paris demain ou aprèsdemain... pour deux jours... Mon oncle attend d'une minute à l'autre sa nomination de commandeur, et il invitera à dîner ses confrères qui ont l'intention de lui offrir les insignes. On dansera probablement. Le docteur La Belleuse est resté à Paris pour tout organiser.

MADAME DE CATTENIÈRES

C'est son affaire... Je demandais quand vous ren* trerez détînitivement ?

LUCIENNE

Nous n'avons pas l'intention de rentrer.

ALICE

Tu vas passer l'hiver ici?

LUCIENNE

Pourquoi pas ?

ALICE

Eh bien, ma chère, je ne voudrais pas être à ta place... Mais autant t'enterrer tout de suite.

MADAME DE CATTENIÈR.ES, regardant autour d'elle.

Evidemment, c'est très bien ici, mais une cage aux barreaux dorés nen est pas moins une cage.

ALICE

Et tu ne te plains pas de ton sort ?

LUCIENNE

Je suis très heureuse...

Très heureuse! Avant trois mois vous serez de retour à Paris, que votre mari le veuille ou non.

LUCIENNE

Pourquoi supposez-vous que je ne pourrai pas rester ici?

MADAME DE CATTENIERES

Parce que... parce que, Jolie comme vous Têtes; avec les goûts mondains que vous avez, il est impossible que vous perdiez votre jeunesse au milieu des champs.

LUCIENNE

Si je m'y trouve bien.

ALICE, se levant.

Tais-toi donc. Tu ne me feras jamais croire ça, que tu te plaises indéfiniment ici... toi surtout. LUCIENNE, rêveuse.

Moi surtout !

MADAME DE CATTENIERES

Vous n'êtes pas plus faite pour cette existence que moi pour être servante d'auberge. Le docteur Bertry le disait avec raison.

LUCIENNE, de même.

Oui.,.

ALICE

Jamaisje n'aurais cru que tu pusses rester ici pendant six mois de suite.

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