ACTE DEUXIÈME l
ma vie! Il faut avoir pitié de toutes mes misères, Lucienne, et oublier, et pardonner; je t'aime toujours et je te fais souffrir... Ma chérie, je t'ai fait souffrir ! pardon! pardon ! (// éclate en sanglots et s^ assied à gauche de la table de droite.)
LUCIENNE, in'ipassible.
Je n'ai rien à te pardonner. Tu Tas découverte, la vérité que je ne voulais pas voir. Tu as raison, nous nous sommes trompés et je me trompais en croyan que je pouvais t'aimer. Ah ! je le voulais, cependant, je le voulais de toutes mes forces ; mais je ne suis pas libre de mes actes, je ne suis pas libre I... J'ai voulu m'échapper, je retombe lourdement, et je suis brisée... Depuis quelque temps déjà, je m'ennuyais, je regrettais Paris, les fêtes, le monde, j'espérais encore que cet ennui ne serait que passager, mais je vois clair maintenant, c'était ma nature contrainte qui se révoltait, et il a suffi d'un contact inattendu pour me livrer sans défense à ce Paul que je n'aimais plus. Et cela,'ce n'est pas ma faute, c'était fatal ! C'est plus fort que moi, plus fort que tout ! Oui, pleurons, Jean ! pleurons ! Nous sommes bien malheureux! bien malheureux! {Elle pleure avec lui,)
JEAN
...Je suis coupable, Lucienne! Je n'aurais pas dû l'épouser, puisque je n'ai pas su t'aimer comme tu vou-
? j. l'évasion
lais être aimée... Mais ce n'est pas ma faute, à moi non plus!...
LUCIENNE
On nous l'avait dit, Jean I II est des prisons d'où l'on ne s'évade pas!... {Changeant de ton.) Alors, puisque c'est inévitable, puisque c'était définitif avant que je naisse, il est inutile de lutter plus longtemps!... et je vais donc être joyeuse, moi aussi !
LE DOCTEUR BERTKY, paraissant sur Ic penoii, une dépêche à la main.
Jean! Lucienne I J'ai la dépêche!... Ma nomination à r « Officiel » !
LUCIENNE
Ah! oui! vous triomphez! Vous triomphez 1... complètement!
RIDEAU