ACTE TROISIEME
LA BELLEUSE
Vous êtes malade, cher maiire...
MORIENVAL
Mais oui, cher maître.
LE DOCTEUR BERTRY, sc reprenant et s animant. Malade... Moi, malade... Vous êtes fou ; moi, malade!...
BERTRY
Calme-toi... Nous voyons bien que tu es souffrant...
LE DOCTEUR BERTRY
Tu m'ennuies ! /e te défends de dir-^ ça, tu m'entends ! Malade, moi! Je suis moins malade que toi... oui, que toi... Seulement, toi, tu ne le sais pas... Moins souffrant que vous, La Belleuse ; vous n'arriverez pas à mon âge, je vous en réponds... Je ne sais pas ce qui vous a pris à tous les trois. (Reprenant tout à fait son sano^-froid avec un grand ejfort de volonté et scandant les mots.) Je vous disais que la manifestation dont je suis l'objet est un hommage au corps médical tout entier, un hommage à la science... Et comme l'émotion m'avait un peu fatigué, je vous priais de me laisser seul... Mais ne dites pas que je suis malade ou souffrant... je ne suis ni souffrant ni malade, vous entendez?... Là... [Avec un sourire.) Laissez-moi... La Belleuse... Voyez où on en est...
LA BELLEUSE
Oui, cher maître. (.4 Richon, ensortant.) C'est déso-
148 l'évasion
lant, il faut maintenant que j'aille recevoir les félicitations à sa place. (Ufi soupir.) Enfin 1 {Ils sortent.)