L.\ZAHETTE
. Tu dis ça, mais auras-tu le courage... Tout le monde va demander que je retourne là-bas. Moi je ne veux pas. Écoute. C'est pas par paresse A Paris, j'avais pour ainsi dire des domestiques. Ici. je me mettrai laveuse. J'aurai plus de mal, pas vrai? Eh bien, j'aime mieux, j'aime mieux. Ou alors, il faut dire que tout ça est oublié, et que notre petit de maintenant, il grandira comme il pourra sans papa ni maman. Parce que si je retourne là-bas, c'est lini. Tui. tu perdras l'habitude de travailler, et tu arriveras à m'oublier. Et moi... moi aussi je perdrai l'habitude de travailler... et.... à Paris, je finirai peut-êlre par faire comme les autres, et courir avec Pierre ou avec Paul... Tu vois... C'est pour ton petit autant que pour moi. ce que je te demande là..^
Tu as raison.
C'est juré?
C'est juré !
l'LA.NCllOT
LAZARETTE
Alors, viens que je t'embrasse. Pas comme mon homme — pas encore — mais comme le père de mon petit. Je ne sais pas comment çUe t'embrassait, ta bonne amie, mais des baisers comme celui-là, y a qu'une honnête femme qui peut en donner... Allons! on n'en reparlera plus.
PLANCHOT
T'es une brave femme.
LAZARETTE. Elle aperçoit par la fenêtre le père Planchât.
Voici ton père... Du courage.