ACTE PREMIE?v
ment qu'on calomnie... Et d'ailleurs, ce qu'on raconte est si invraisemblable... Du reste, je n'y ai rien compris... On m'a dit — je te répète cela dans ton intérêt — on m'a dit que si les parents de M. de Maucour avaient refusé de donner suite aux projets de mariage, ce n'était pas à cause de toi...
LUCIENNE
C'est à cause du nom de ma mère, n'est-ce pas ?
ALICE, embarrassée.
Pas précisément.
LUCIENNE
C'est bon, je ne savais pas cela et je te remercie de me l'avoir appris.
ALICE
D'ailleurs, tu ne dois pas en éprouver de grands regrets ; car si Paul t'avait aimée réellement, autant que tu le mérites, il aurait fait plus d'efforts pour vaincre la résistance de ses parents. — Mais j'ai l'air de t'accaparer. Tu ne m'en veux pas ?... [Elle se lève et va vers M. el madame Longuyon.)
LUCIENNE, nerveuse.
Non... Monsieur de Maucour?
PAUL
Mademoiselle !...
LUCIENNE
Un mot!... Dirait-on pas que vous me fuyez...
PAUL
On m'a fait tenir auprès de vous, mademoiselle, une conduite si indigne, que je m'attendais, de votre part, à des reproches.
LUCIENNE
Bah ! Avec moi ça n'a pas d'importance.
Je vous ai bien aimée, Lucienne !
LUCIENNE, bas.
Moi aussi, je vous ai bien aimé !
PAUL, ^75
Et je vous aime encore... Je vous demande pardon... Je ne devrais pas parler ainsi à une jeune fille...
LUCIENNE
Allez donc! Allez donc! Est-ce que je suis une jeune fille comme les autres, moi?
PAUL
Oui. Et meilleure que bien d'autres. Heureux celui dont vous serez la femme.
LUCIENNE
Ne dites donc pas ce que vous ne pensez pas. D'abord, je ne me marierai jamais.
PAUL
Avez-vous si peur de l'amour.^
LUCIENNE
Mais je n'ai pas dit cela...