ACTE PREiMIER Sg
nue, et certes, la force m'eût manqué pour la réaliser..» Mais avec votre aide... mais, unis tous deux dans la vie... car je vous aime, Lucienne, et depuis longtemps...
LUCIENNE
Je le sais, maintenant... je sais que je vous aime, moi aussi, depuis longtemps... 11 avait vos traits, ce mari idéal que, dans mon rêve, j'enveloppais de tendresses.
JEAN
A leur science désespérante, nous opposerons les énergies de nos jeunesses et la puissance de notre amour !
Je le voudrais... mais j'ai peur!... Si nous nous trompions, Jean, et si j'allais, moi, ne pas pouvoir m'évader !...
JEAN
Je vous aimerai tant...
LUCIENNE
J'ai peur de l'influence de la morte...
JEAN
Vous l'oublierez... je vous forcerai à l'oublier... D'abord, vous me sauverez, moi... Et déjà, je me sens plus fort.
LUCIENNE
Ah ! Jean !... Si c'était possible!... Quel bonheur! Si c'était possible !
6o l'évasion
JEAN
De toutes nos forces nous allons l'essayer... Y consentez-vous .-
LUCIENNE
J'y consens!
JEAN, lui prenant les mains, avec e^iision.
... Mais il faut que j'agisse tout de suite... Il faut qu'à l'instant, nous fassions connaître nos projets d'union... Je veux profiter de ce réveil de moi-môme, de cette exaltation... parce que, si j'attendais, j'aurais peur de ne plus avoir assez de force pour vouloir. Je vais parler à votre père. Je lui ai dit, il y a longtemps déjà, que je vous voulais pour femme ; mais, à ce moment-là, j'étais sans énergie, parce que j'ignorais que vous m'aimiez. Ah ! comme nous allons être heureux 1 (// sort. Le docteur Beriry entre.)
LE DOCTEUR
Tout ton monde est parti ?
LUCIENNE
Oui.
LE DOCTEUR
Tu es contente d'aller à Ébreville ?
LUCIENNE
Ravie, ravie, ravie...
LE DOCTEUR
Qu'est-ce que tu as donc ? Tu as l'air tout exalté I