‹ Les remplaçantesChapitre 87 sur 162 · ACTE PREMIER (^y · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER (^y

LE DOCTEUR

Lucienne l'aime ?... Après tout, cela ne m'étonne pas ; les dégénérés se recherchent... Et qu'est-ce que tu dis de ça, toi ?

BERTRY

Je les ai vus si confiants dans leur bonheur, si épris, si résolus, qu'après réflexion, j'ai dit oui.

LE DOCTEUR

Tu n'es pas beaucoup mieux équilibré qu'eux,

BERTRY

Possible I... Alors, tu refuses?...

Absolument !

Pourquoi ?

BERTRY

LE DOCTEUR

Est-ce que tu l'ignores, vraiment ?.,c

BERTRY

Tu as consenti à prendre Lucienne ici, malgré sa naissance et cela, du vivant même de ta femme... Tu ne l'as donc pas jugée indigne d'entrer dans ta famille...

LE DOCTEUR

Il n'est pas question de cela.

BERTRY

Explique-toi.^

68 l'évasion

LE DOCTEUR

Si tu veux qu'avant un an... tu m'entends ?... avant un an — Jean se soit suicidé... et que Lucienne...

BERTRY

Albert!...

LE DOCTEUR

Mon pauvre ami, je ne veux pas te chagriner... Causons sérieusement, puisqu'il s'agit du bonheur de ces enfants, et ne vois dans ce que je te dis aucun reproche au sujet de ta conduite passée. Jean est un malade nerveux et mélancolique, comme son père. — Quant à Lucienne, comprends-moi... elle a aussi une hérédité qui Téloigne du mariage...

BERTRY, accablé.

Nous sommes donc les prisonniers des morts?

LE DOCTEUR

Tu l'as dit...

BERTRY, dans un mouvement de colère jusquà la fui

de la scène.

Eh bien, tu m'agaces, à la fin, avec ta science, avec ton hérédité !... Alors, les hommes ne sont que des brutes inconscientes, sans individualité, sans volonté?...

LE DOCTEUR

Tu ne comprends rien à ces choses-là I...

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