LE BICYCLISTE
Paix, paix ! v'iàles mœurs! (Il passe.)
LAZARETTE
Est-il bète, celui-là... qu'est-ce qu'il dit?.;
{Par-dessus la haie.) Espèce d'imbécile !... Il est loin. [A Planchot.) Allez ! attrape le bout du drap. (// le prend. Elle lient Vautre exirémité. Riant.) Ce que tu as Tair nigaud!... Secoue !... Tiens fort ! (Elle Je lui fait lâcher.) Alors, quoi ! t'as pas de sang dans les veines !
TLA^CUOT
J'ai jamais été blanchisseuse, moi 1 ((> rjui suit en pliant le drap.^
LAZARETTE
Oui. S'il pouvait être employé do chemin de fer, c'est un bon métier.
PLANCHOT
Faut des protections.
LAZARETTE
Naturellement.
l'LANCHOT
Et de l'instruction.
LAZARETTE
Je le sais bien.
PLANCnOT
Ce n"est pas avec ce que nous gagnons qu'on pourra...
LAZARETTE, parlant du drap.
Plie-le de côté, voyons... Encore... Viens... {Elle joint les deux extrémités que tenait Planchot
Li;S REMPLAÇA M ES
à celles ijudlii tenait elle-même.) Nous avons trop de loyer. Il faudrait trouver une maison plus petite. Et économiser encore.
l'LA.NCllOT
On pourra essayer.
. LA7.AIŒÏTE
(Juand on se prive pour son mioche, ça ne coûte pas.
PLANCHOT
Certainement.
LAZAHETTE
Comment font les autres?
l'LANCHOT
Quels autres?
LAZAHETTE
Tout le monde. I>es Valin?
PLAiNCHOT
La femme a été nourrice à Paris.
LAZAKETTE
Et les Boutard ?
PLAN en UT
Ils ont pris un nourrisson... ■ Parait le farleur sur la route.)
LE FACTEIH
Bonjour, la compagnie.
rLA.NCIIOT ('/ LAZAKETTE
Monsieur Honoré, bonjour... qu'est-ce qu'il y a de nouveau aujourd'hui ?
LE FACTEUR, à Plaiicllol.
Votre oncle est de retour de Paris.
PLANCIIOT
Mon oncle François ?
LE FACTEUR
Oui.
LAZARETTE
Comment se fait-il que nous ne Tayons pas encore vu?
LE FACTEUR
Il est allé à H'ond-d'Herbes.
PLANCIIOT
A-t-il ramené du monde?
LE FACTEUR
Deux enfants de l'hospice pour Neuville-sur- Ouche.
PLANCHOT
Et pour notre commune?
LE FACTEUR
Rien... Si. Un petit bourgeois du bureau de placement. [Un temps.) Il paraît que la Perrin est très bien où elle est, qu'elle se fait des mois... de je ne sais pas combien..." Oh ! il ne va pas tarder à venir... Au revoir.
LliS 1ŒMPLA(..ANÏE>'
PLANciioT et lazaiu:ttf.
Bonjour, monsieur Honoré. (A'' farlaur suil
PLANCIIOT, à LazanUlc.
Toi, tu n'es pas de ce pays-ci, tu ne peu\ pas comprendre ça...
LAZARETTK, falblemcn l .
Si, je le comprends.
PLANCIIOT
.Non.
LAZARETTE
Si.
l'LANCIIOT
C'est pourtant pas bien loin chez toi... Et les femmes ne sont pas nourrices.
LAZAHETTE
Ce n'est pas la mode.
PLANCIIOT
Ici, elles le sont toutes... Toi, lu ne voudrais pas?
LAZARETTE
Je ne voudrais pas quoi?
PLANCIIOT
Aller faire une nourriture à Paris.
LAZARETTE
Et notre petit... S'il allait lui arriver malheur, comme au premier?
LES RlîMPLAt.A.NTLï
l'LA.NClIur
Un le doniii'i-ail au père et à la mère (|iii en auraient bien soin...
lazahktti; El lui?
l'LA.VCHUl
Moi... moi... je ferais comme les aulres...
LAZARKTTi:
C'est juslemenl ce que je ne veux pas... .Vlors, Plauchot, ça ne te ferait rien crèlre toul seul?... Moi, ca me ferait.
l'LA.NCIloT
Si, ça me ferait... Lu lemjjs.) Tas raison, va, vaut mieux vivre comme nous vivons... Ahl seulement, si tu prenais un nourrisson...
LA /.A HE ni:
il faudra il élever le UiHre au biberon et donner mon lait — son lait — au petit parisien. Ça, je ne pourrais pas... Tiens, justement, le voilà qui s "éveille et qui va réclamer son déjeuner, i f^llc loniDience ù déboHloiiiier son cors'i;/e et va derrière le rideau allaiter son enfant. Aa béhé.) Oui, oui, monsieur..; Là, là, ne te facile pas... Il n'y a pas de petit bourgeois qui te le prendra... Tiens, mon gosse... c'est bon... oui, prends bien... Tu me fais un peu mal, mais
LES HliMl'LAÇAMES '•*
ça ne fait rien. . Bois à La soif, mon ^çi'os. {Chniilnnl <'< nii-niiiw
Le oliul à Jeaiiiiellc
Est une jolie Jiéte.
(Juand i veut s' faire beau.
l' s" iiclie le museau.
.Avec sa salive
llf lait sa lessive.
l'LA.NCIIOT
.\lil voilà mon oncle François... et deux femmes avec lui... Le gaillard !... C'est un bon métier que celui de meneur de nourrices. iPdrall sur lu roule^ vi'nanl de (jarirhi'. M. Franniis, ()0 ans. liouge de teinl, blanc de cheveux, pâlies de lapin. Très civanl. Blouse bleu foncé , laissant voir un <jilel et une grosse chaîne en or. Une sacoche en bandoulière. Une rouoertnre à bords rouges sur V épaule. Un bâton retenu au ptoignet par une lanière de cuir. Une casquette passemontagne. Deux femmes de la campagne l'escortent.)