‹ Les remplaçantes; pièce en trois actesChapitre 6 sur 46 · LE BICYCLISTE · texte numérisé non relu

LE BICYCLISTE

Paix, paix ! v'iàles mœurs! (Il passe.)

LAZARETTE

Est-il bète, celui-là... qu'est-ce qu'il dit?.;

{Par-dessus la haie.) Espèce d'imbécile !... Il est loin. [A Planchot.) Allez ! attrape le bout du drap. (// le prend. Elle lient Vautre exirémité. Riant.) Ce que tu as Tair nigaud!... Secoue !... Tiens fort ! (Elle Je lui fait lâcher.) Alors, quoi ! t'as pas de sang dans les veines !

TLA^CUOT

J'ai jamais été blanchisseuse, moi 1 ((> rjui suit en pliant le drap.^

LAZARETTE

Oui. S'il pouvait être employé do chemin de fer, c'est un bon métier.

PLANCHOT

Faut des protections.

LAZARETTE

Naturellement.

l'LANCHOT

Et de l'instruction.

LAZARETTE

Je le sais bien.

PLANCnOT

Ce n"est pas avec ce que nous gagnons qu'on pourra...

LAZARETTE, parlant du drap.

Plie-le de côté, voyons... Encore... Viens... {Elle joint les deux extrémités que tenait Planchot

Li;S REMPLAÇA M ES

à celles ijudlii tenait elle-même.) Nous avons trop de loyer. Il faudrait trouver une maison plus petite. Et économiser encore.

l'LA.NCllOT

On pourra essayer.

. LA7.AIŒÏTE

(Juand on se prive pour son mioche, ça ne coûte pas.

PLANCHOT

Certainement.

LAZAHETTE

Comment font les autres?

l'LANCHOT

Quels autres?

LAZAHETTE

Tout le monde. I>es Valin?

PLAiNCHOT

La femme a été nourrice à Paris.

LAZAKETTE

Et les Boutard ?

PLAN en UT

Ils ont pris un nourrisson... ■ Parait le farleur sur la route.)

LE FACTEIH

Bonjour, la compagnie.

rLA.NCIIOT ('/ LAZAKETTE

Monsieur Honoré, bonjour... qu'est-ce qu'il y a de nouveau aujourd'hui ?

LE FACTEUR, à Plaiicllol.

Votre oncle est de retour de Paris.

PLANCIIOT

Mon oncle François ?

LE FACTEUR

Oui.

LAZARETTE

Comment se fait-il que nous ne Tayons pas encore vu?

LE FACTEUR

Il est allé à H'ond-d'Herbes.

PLANCIIOT

A-t-il ramené du monde?

LE FACTEUR

Deux enfants de l'hospice pour Neuville-sur- Ouche.

PLANCHOT

Et pour notre commune?

LE FACTEUR

Rien... Si. Un petit bourgeois du bureau de placement. [Un temps.) Il paraît que la Perrin est très bien où elle est, qu'elle se fait des mois... de je ne sais pas combien..." Oh ! il ne va pas tarder à venir... Au revoir.

LliS 1ŒMPLA(..ANÏE>'

PLANciioT et lazaiu:ttf.

Bonjour, monsieur Honoré. (A'' farlaur suil

PLANCIIOT, à LazanUlc.

Toi, tu n'es pas de ce pays-ci, tu ne peu\ pas comprendre ça...

LAZARETTK, falblemcn l .

Si, je le comprends.

PLANCIIOT

.Non.

LAZARETTE

Si.

l'LANCIIOT

C'est pourtant pas bien loin chez toi... Et les femmes ne sont pas nourrices.

LAZAHETTE

Ce n'est pas la mode.

PLANCIIOT

Ici, elles le sont toutes... Toi, lu ne voudrais pas?

LAZARETTE

Je ne voudrais pas quoi?

PLANCIIOT

Aller faire une nourriture à Paris.

LAZARETTE

Et notre petit... S'il allait lui arriver malheur, comme au premier?

LES RlîMPLAt.A.NTLï

l'LA.NClIur

Un le doniii'i-ail au père et à la mère (|iii en auraient bien soin...

lazahktti; El lui?

l'LA.VCHUl

Moi... moi... je ferais comme les aulres...

LAZARKTTi:

C'est juslemenl ce que je ne veux pas... .Vlors, Plauchot, ça ne te ferait rien crèlre toul seul?... Moi, ca me ferait.

l'LA.NCIloT

Si, ça me ferait... Lu lemjjs.) Tas raison, va, vaut mieux vivre comme nous vivons... Ahl seulement, si tu prenais un nourrisson...

LA /.A HE ni:

il faudra il élever le UiHre au biberon et donner mon lait — son lait — au petit parisien. Ça, je ne pourrais pas... Tiens, justement, le voilà qui s "éveille et qui va réclamer son déjeuner, i f^llc loniDience ù déboHloiiiier son cors'i;/e et va derrière le rideau allaiter son enfant. Aa béhé.) Oui, oui, monsieur..; Là, là, ne te facile pas... Il n'y a pas de petit bourgeois qui te le prendra... Tiens, mon gosse... c'est bon... oui, prends bien... Tu me fais un peu mal, mais

LES HliMl'LAÇAMES '•*

ça ne fait rien. . Bois à La soif, mon ^çi'os. {Chniilnnl <'< nii-niiiw

Le oliul à Jeaiiiiellc

Est une jolie Jiéte.

(Juand i veut s' faire beau.

l' s" iiclie le museau.

.Avec sa salive

llf lait sa lessive.

l'LA.NCIIOT

.\lil voilà mon oncle François... et deux femmes avec lui... Le gaillard !... C'est un bon métier que celui de meneur de nourrices. iPdrall sur lu roule^ vi'nanl de (jarirhi'. M. Franniis, ()0 ans. liouge de teinl, blanc de cheveux, pâlies de lapin. Très civanl. Blouse bleu foncé , laissant voir un <jilel et une grosse chaîne en or. Une sacoche en bandoulière. Une rouoertnre à bords rouges sur V épaule. Un bâton retenu au ptoignet par une lanière de cuir. Une casquette passemontagne. Deux femmes de la campagne l'escortent.)

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