‹ Les rencontres de M. de Bréot; romanChapitre 2 sur 12 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

tant leur manière de comprendre cette vie-ci que Pautre, et Von aura justement affaire, dans ce livre, à des gens qui ne font pas grand cas de ridée que quelque chose de nous puisse survivre à ce que nous avons été. Ce sont eux que le xvii' siècle appelait du nom de Libertins et qui pensaient, avec leur Ninon de Lenclos, « qu^on est bien à plaindre, quand on a besoin de la religion pour se conduire, car c^est une preuve qu'on a l'esprit bien borné ou le cœur bien corrompu » .

Les quelques 'Esprits Forts que f ai entrepris de figurer ici y parlent donc assez mal de ce qui leur semblait des préjugés. Aussi aurais-je peut-être hésité à rapporter leurs propos, si je n'avais été sur qu'ils leur appartinssent en propre et si je n avais jugé qu'ils composassent un curieux tableau de mœurs ou plutôt, comme je le disais, une sorte de comédie burlesque et outrée qui barbouille de couleurs crues un sujet au fond grave et sérieux, et n'en montre, au lieu de la face véritable, que les bouches peintes et les masques aux joues de carton.

Quelles qu elles soient, je n'aurais pas voulu publier ces Rencontres de M, de Bréot sans un mot d'avertissement. Il est vrai qu'on pmurra me

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répondre que le moyen de rendre inutile Vexplication était de supprimer l'ouvrage. Je l'eusse peut-être fait si Je n eusse été convaincu quil est un de ceux parmi les miens où se marque le mieux que je nai Jamais^ en écrivant, cherché quoi que ce soit d'autre que le plaisir délicieux et toujours nouveau d'une occupation inutile.

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