‹ Les reposoirs de la procession [par] Saint Pol-RouxChapitre 24 sur 49 · APOCALYPSE · texte numérisé non relu

APOCALYPSE

A Paul Roinard, Par un matin d'huissier, mai 1894.

Le soleil monte faire téter la Vie.

0 l'héroïque songe où ma cavale de brise m'emporta jiivénilement, à travers l'inique plateau des siècles, vendanger les diadèmes, crever les crùnes, fendre les masques, broyer les testicules, fondre les balances, culbuter les idoles; puis, dans le ravin misérable où ne daigne l'œil hautain, sonner la diane révélatrice, secouer l'hébétude des races asservies, couper les anneaux des chevilles, redresser

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les fronts, tailler une forme humaine dans chaque broussaille de poils et de cheveux, délivrer la rouge alouette captive en la cage des dents et superposer les jougs en escalier pour que, sur la splendide catastrophe des tyrans aplatis en crapauds, les martyrs, qui jusqu'alors ahanaient à la façon des bêtes de somme, sourient, des ailes d'aigle à leurs épaules, parmi la béatitude d'un soleil neuf!

On frappe.

J'ouvre.

Accoudée au chambranle, la hideuse Réalité m'insulte d'un rot narquois en plein visage.

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