‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 13 sur 225 · Procès-verbal, t. XVÏ, p · texte numérisé non relu

Procès-verbal, t. XVÏ, p

i6 LES REPRÉSENTANTS EN MISSION

L'invasion des Prussiens dans la vallée de la Meuse avait favorisé les progrès des Autrichiens dans le département du Nord. Les commissaires de l'Assemblée sur celte frontière s'en étaient justement inquiétés :

Les avant postes du camp de Bruile (près Saint- Amand) sont repoussés, écrivait Delmas ; toutes les troupes du camp rentrent à Valenciennes.

Si cette frontière n'est pas promptement secourue, rennemi y fera de grands ravages. M. Dumouriez, pour renforcer l'armée qu'il commande actuellement, affaiblit celle-ci d'environ 10 OpO hommes, et lui enlève deux maréchaux de camp bien utiles, notamment M. de Beurnonville (7 septembre).

Lui et ses collègues, de Bellegarde et Dubois-Dubais, rassemblent des volontaires. Mais qu'était-ce à côté des forces régulières que les Autricliiens amenaient contre nos places? Ils voyaient déjà Maubeuge, Lille et Valenciennes à la. veille d'être bombardées *.

Le péril le plus immédiat était vers la trouée que le roi de Prusse avait réussi à faire, en prenant Longwy et Verdun. C'est de ce côté que Dumouriez devait porter ses forces. Dans cette situation, les défilés de l'Argonne avaient une importance capitale pour Tattaquo comme pour la défense, et le général sut y prévenir l'ennemi *. C'étaient les Thermopyles de la France. On le disait, et un commissaire du pouvoir exécutif Clianderlos-Laclos relevait le mot, avec une sorte de scepticisme : « Ce sont bien, écrivait-il à son Ministre, des espèces de Thermopyles, mais d'abord il faut être sur d'avoir des Spartiates, et, de plus, mourir n'est pas vaincre. »

Les Thermopyles furent tournés encore et leurs défen-

1. Lettre de Dubois-Dubais, J.-B. Delmas, Gossuin, de Bellegarde, Sallengros au Ministre, i9 septembre.

2. Le 21 août, Dubois-Dubais, Delmas et Bellegarde, annoncent, de Valenciennes, le départ de Dumouriez pour l'armée du Cenlre afin de s'opposer à l'ennemi. U est accompagné du général Dillon, « qui a bien regretté de n'avoir pas été à portée, par l'incertitude de son sort, de s'opposer aux entreprises de l'ennemi et se flatte qu'il y aurait réussi. »

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scurs ne so firent pas tuer; mais notre Léonidas sut, à son tour, prendre l'ennemi à revers. Replié sur Sainte- Menehould, il appela à lui Beurnonville de Tarmée du Nord, Kellermann de l'armée du Centre. Commissaires de l'Assemblée nationale, commissaires de la Commune de Paris, tous travaillaient à Tenvi à lui procurer des renforts, à en accélérer la marche, et le ministre, prenant, lui, ses exemples dans l'histoire romaine, le pressait d'imiter Fabius Cunctator, d'attendre la réunion de toutes ses forces, de ne point risquer une bataille (18 septembre). La bataille fut risquée et gagnée. Ce fut à Kellermann, établi sur les hauteurs voisines du corps de Dumouriez, qu'il échut de soutenir cette fameuse canonnade qui fut la bataille de Valmy et qui décida de la campagne (20 septembre 1792); car le roi de Prusse, déjà dégoûté de la guerre, ayant devant lui Paris en révolution et sur ses flancs Dumouriez, prit le parti de regagner l'Argonne et de repasser la frontière. L'invasion avait échoué *.

Ce jour-là la Convention venait de se réunir. Le lendemain elle proclamait la déchéance de la royauté, et le surlendemain inaugurait l'ère de la république \

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