Jbid,y pièce
dées sur les principes de charité, ne se refuseront pas sans doute à partager avec la République une partie de leurs abondantes provisions, et nous ne serions pas étonnés d'apprendre, au premier instant, l'émigration de tous les saints de constitution argentine qui peuvent encore exister aujourd hui dans chacun de ces établissements.
On fait aujourd'hui l'examen des caisses publiques. Nous mettrons tous nos soins à activer les agents chargés de l'évacuation de chaque objet propre et utile à la République, qui pourra, suivant un premier aperçu, tirer de Téleclorat, tant en argent qu'en denrées, à peu près un milliard *.
Une chose que vous apprendrez sans doute avec autant de satisfaction, c'est que le soldat, au courage duquel on doit cette superbe conquête, bivouaque tous les jours sur les hauteurs qui dominent Trêves, et loin de murmurer contre les mesures prises pour Tempêcher d'entrer dans la ville, y a fortement applaudi. Il surveille lui-même les magasins qui sont à l'intérieur, et malgré les besoins qui le pressent quelquefois, il respecte tout, il ne touche à rien ; il attend avec impatience Tordre d'aller cueillir de nouveaux lauriers.
BouRBOTTE, Goujon.
Le Comité (('arnol), en leur répondant le 6 fructidor {2'\ aoul), y applaudit; et, sans se laisser éblouir par le succès du jour, il songe au lendemain :
Nous apprenons avec satisfaction par vos dépêches que vous avez à vous louer du bon ordre et de la discipline des troupes.
La perte de quinze caissons de vivres est un petit malheur dont l'armée de la Moselle saura se dédommager dans un pays d'où vous nous donnez à espérer qu'on pourra tirer un milliard. Nous craignons (ju'il n'y ait quelque chose à rabattre; mais nous sommes tran(|uilles sur les mesures que vous avez prises.
Nous sommes empressés de savoir si le blocus de Luxembourg, (jue nous vous avons recommandé, est fait, si celte place est approvisionnée, si l'on peut espérer de la réduire par la famine. Vous devez vous attendre à être fréquemment et fortement attaqués; il faut donc que votre armée d'observation sr»ii toujours prête au combat.
Bourbotti», bien qu'il ne* fut pas atteint par le décret sur le rappel des commissaires délégués aux armées depuis six
\. 11 avait écrit deux milliards!
mois, demandait d'y être compris. Carnot lui écrit le 14 fructidor (31 août), au nom du Comité, que l'intérêt public exige qu'il reste; il ne restera pas seul :
Nous proposerons le plus tôt possible à la Convention nationale des collègues pour remplacer Hentz et Goujon.
Nous regardons comme très important le plan de campagne dont vous nous faites part et nous désirons qu'il soit exécuté le plus promptement possible; mais il faut que vos mesures soient prises de telle manière que vos opérations aboutissent à une action décisive qui anéantisse une grande partie des ennemis et les dissipe entièrement, tellement qu'ils ne puissent se rallier avant la fin de la campagne ; c'est le seul moyen de vous assurer la prise de Luxembourg, de terminer glorieusement et solidement la guerre, et de vivre aux dépends de l'ennemi.
Vous faites on ne peut plus sagement de vous concerter avec le général de l'armée de Sambre-et-Meuse; mais il faut rendre vos mouvements assez indépendants des siens pour que, dans le cas même où des circonstances imprévues l'empêcheroient d'exécuter ceux qui auroient été convenus, votre projet n'en réussit pas moins.
Carnot.
liibération du territoire. — L'ennemi repoussé au delà
de la Meuse et du Rhin.
Le 13 fructidor (1" septembre), le Comité de salut public fut en partie renouvelé. D'après le Moniteur ^ Carnot se trouva désigné par le sort pour en sortir avec Robert Lindet et Barèrc et ne fut pas réélu, non plus que les deux autres *. Il y resta pourtant. On lit son nom au bas des
{ . Collot d'Hcrbois et Billaud ayant donné en même temps leur démission, ïa Convention décida, sur la proposition de Duhem, qu'un membre seulement serait nommé à la place des deux démissionnaires. Il y eut donc quatre membres h élire en tout : on élut Delmas, Cochon, Fourcroy et Merlin (de Douai). {Moniteur du 17 fructidor (3 septembre), t. XXI, p. 656.) — - Le 13 thermidor, pour compléter le Comité de salut public, entamé par la révolution qui venait de s'accomplir, la Convention avait nommé Bréard, Kschassériaux l'ainé, Laloy, Thuriot, Treilhard et Tallien. (Moniteur du 15 thermidor (2 août 1794),' t. XXI, p. 366.)