Image ris(iuéc. On n'y voit que du feu
2. Livi'c hleuy t. Il, p. 127. On lit dans VExlrait du registre des déltbérçi' tions du district de Strasbourg une délibération qui se résume ainsi :
« Le succès que la philosophie vient d'obtenir sur les catholiques et les protestants est incomplet », car il reste les juifs : leurs pratiques, la circoncision par exemple, sont un outrage à la divinité; leur longue barbe, pure ostentation.
a Ils pratiquent, ajoute le re<]uéranl. une langue qu'ils ne connaissent pas cl qui n*est plus usitée depuis longtemps. Kn conséquence, je requiers la commission provisoire de leur interdire ces usages et d*ordonner qu'un autodafé sera fait à la Vérité de tous les livres hébreux et principalement du Talmud, • — Suit l'arrêté conforme, 2 frimaire, 22 novembre 1793. {Uvre hleii, t. II, n* 91, p. 200.)
3. Livre bleu, t. I (Pièces h l'appui de l'Appel), n»36, p. 31.
Dix lignes suffisent, et au delà, pour chaque objet d*une pétition. C4eux qui en écrivent davantage seront suspectés de vouloir mettre des longueurs à la Révolution *.
Nouvelle catégorie de suspects!
Avec son collègue Léniane, dont le nom se trouve auprès du sien au bas de ces derniers arrêtés, il s'associait à Sainl- Just et h Le Bas et les suppléait au besoin dans celte guerre contre toute religion que la proclamation du culte de la Raison avait inaugurée*.
Le 30 brumaire, il avait célébré avec enthousiasme la fête de la Uaison. Il comptait sur ces fêtes pour relever Tesprit public dans Strasbourg. Dietricli, disait-il dans une lettre du lendemain, l'avait perdu; et, en bon sectateur du nouveau culte, il demandait sa tète, exprimant le vœu qu'elle tombât sur la jdace de Strasbourg ^ Il sacrifiait à la jalousie dos Jacobins rinfluence politique des sections dont il sup[)rima la permanence. Enfin il était prêt à renchérir sur tous les actes révolutionnaires. Dans la séance du 10 frimaire aux Jacobins de Strasbourg, le compte rendu dit de lui :
Baudot demande la parole, et, de la tribune, il développe, avec une éloquence mâle et républicaine, les grandes mesures que l'on doit prendre dans un instant où la terreur est à l'ordre du
1. Livre bleu, t. I (Pit^res a l'appui de l'Appel), n" 35, p. 30.
'2. Schneider se trouvait singulièrement distancé, lui qui venait d'écrire : - Je ne dirai point pour cela qu'il ne faut plus de prêtres... La religion chrétienne est incontestablement un moyen efficace pour la perfection du genre humain; sa morale est pure, simple et humaine, et celui qui veut l'abolir est, d'après mon opinion, un homme dangereux et nuisible, un ennemi de la moralité sans laquelle aucun État, et bien moins encore aucun»' République, ne peut subsister longtemps. • (Sur Mat des affaires retifjif'uxes', f^' septembre 1793.) — Heitz, Notes sur Eutoge Schneider, p. 8".
3. « L'e'iprit public fait chaque jour quel(|ues progrès. Hier on a célébré ici la fêle de la liaison, plusieurs prêtres lui ont fait hommage de leur? titres de sottise.
«* La propagande, envoyée par les Sociétés populaires voisines, produit le meilleur effet. ..
«« La perle de l'esprit publie, à Strasbourg remonte au temps de la puissance du maire Dielrich; il seroit très important qu'il en subît la peine sur le lieu même du délit. >>
.M.-A. Baudot.
cil. XXXI. — LA RÉVOLUTION EN ALSACE 335
îour-, il insiste sur la nécessité d'un épurement dans les sociétés 3opulaires, puis dans les administrations; fait sentir que les rertus morales et civiques doivent être la base du caractère du •épuhlicain; c'est sur elles que repose la liberté, cette liberté iainte, forte de sa propre énergie et de sa conscience, qui fait utter et triompher des efforts des traîtres qui l'environnent. Il îngage tous les citoyens à se ranger sous ses lois et menace îeux qui s\y refuseront de la hache qui est suspendue sw* la \éte des pervers *.
La hache, argument péremptoire de ces apôtres de la liberté.
Et à la suite des épurations accomplies en sa présence, remontant à la tribune dans la séance du 19, il ne s'arrête )lus à ces simples éliminations politiques. Voici comme le îrocès-verbal résume son discours :
Dans un gouvernement républicain, où tout doit tendre au )ien public, il est surpris de voir une infinité de gens suspects m gérer les fonds, en disposer, en dispenser les revenus; lepuis le moment de leur suspicion, ils sont hors la loi, hors du îorps politique; ils ne doivent y avoir aucune part, ils s'empa- •ent d'un bien qui doit appartenir aux sans-culoltes. Pour •emédier à ces abus, quel seroil le moyen? [Ce seroit] de ne aisser dans la République que des répubhcains, point d'amal- ,^ame d'ancien régime avec un gouvernement naissant; il faut lonséquemment faire abstraction de tous les membres gangrenés, qui n'ont pas Tcsprit du bien public. Les égoïstes, les nsouciants, les ennemis de la liberté, ennemis de la nature întière, ne doivent pas compter parmi ses enfants.
Il insiste sur les raisons de cette amputation :
Quel est celui d'entre vous qui pourroit supporter les regards l'un ennemi du genre humain, qui ne chercheroit pas à le létruire? Et ne sont-ils pas dans ce cas, tous ceux qui s'oppoent au bien général, ou môme qui n'y concourent pas? Guerre ►uverte, guerre éternelle avec eux, ou bien renonçons de auver la patrie.
1. Extrait de quelques fragments des procès-verbaux de la Société des acobins de Strasbourg dans le Livre bleu, t. I (Pièces à l'appui de l*Appel), «^ 104, p. 206.
El il exhortait les patriotes à la lutte :
C'est actuellement que tout républicain doit se montrer, c'est dans les difficultés qu'il doit se prononcer; il n'y a point de mérite à être patriote dans la paix, c'est dans les moments de crise que Ton doit agir. La révolution est faite pour le peuple; c'est un accumulement de bien et la destruction des préjugés qui faisoientson malheur. Quel que soit le nombre des égoïstes, des lâches, des ennemis du peuple, ne les redoutons pas; ce nest pas le nombre qui fait la force, c'est l'union et la vertu. Si quatre années n'ont pas suffi pour les éclairer, ils ne le seront jamais; ils étoient nés pour l'esclavage, ils prendront les masques, les dehors du patriotisme, et ne l'auront jamais dans le cœur.
Détruisons-les donc entièrement *.
Le procès- verbal .continue :
L'orateur pensoit d'abord (pi'on auroit pu les occuper à des travaux publics : les nobles eussent détruit leurs châteaux; de leurs débris, leurs adhérents eussent construit des chaumières aux sans-culottes ; mais en leur donnant cette liberté, ils pourroient s'échapper. Faisons-les donc disparoître d'un sol qu'ils ont souillé : fussent-ils un million; ne sacrifieroit-on pas la vingt-quatrième partie de soi-même pour détruire une gangrène qui pourroit infecter tout le reste du corps?
C'est de la chirurgie politique.
Mais par là, dira-t-on, nous nous attirerons l'exécration des despotes. — El ne les exécrons-nous pas nous-mêmes, eux et leurs enfants, leurs infâmes suppôts, les nobles et les prêtres? — Jamais d'autre idée, d'autre pensée, que pour la liberté.
Cette liberté-là menait bien loin.
D'après ces considérations l'orateur pense qu'il faut mettre à mort tout homme qui n'est pas tout entier à la République.
Et le procès-verbal reproduit encore ses paroles :
Élevons un mur de séparation entre le royalisme et la patrie; ce mur s'écroulera sur la tête des coupables, et forçons tout