‹ Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en lChapitre 58 sur 225 · Dépôt de la Guerre, armée du Nord, à la date · texte numérisé non relu

Dépôt de la Guerre, armée du Nord, à la date

llti LES REPRÉSENTANTS KN MISSION

son armée la libre circulation des journaux, tels que le Pèhb DccBESNE, le RËPCBLiCAiK et surtout la MONTAGNE. Il est plus que temps que nos frères d'armes soient instruits de ce qui se passe, afin de ne plus servir d'instrument à ceux qui auraient l'audace de vouloir les égarer encore.

Et à l'appui i] cite l'ordre qu'il a reçu du ministre de la Guerre :

L'adjoint de la 4* division du ministre {sic] de la Guerre aux commissaires du Conseil exécutif près l'armée du Nord et des Ardenncs.

Je vous invite, citoyens, k distribuer vous-mêmes dans tous les bataillons les différents journaux et adresses qui nous parviennent chaque jour du département de la Guerre; cette mesure est d'autant plus utile et urgente que vous n'ignorez pas que la plupart des iHats-majors sont encore infectés d'aristocratie; c'est à noua, bons républicains, à fortifier l'esprit public et à terrasser tous les scélérats qui veulent nous replonger dans les fers.

Salut et fraternité, Pbospeh Suas.

Pour copie conforme,

J. DurPRGDNB.

Il ajoute :

Je déclare une guerre éternelle aux états-majors perfides, aux dilapidateurs, enfin à tous les ennemis du bien public que je jure de dénoncer impitoyablement.

J. Defrbnne.

Et pour commencer, dans une lettre du 7, il insinue au Ministre que Tourville, commandant de Maubcuge, pouvait bien trahir ;

Le dernier officier envoyé par l'ennemi & Tourville est celui qui a dernièrement dîné avec le général.

A la même date, Tourville avait la simplicité de rcpré-

^senlor uu Ministre le danger qu'il y avait à laisser Defrenne

iî»tril)urr aux troupes des écrits incendiaires, contenant

It-noridations contre Custine et les états-majors. Il lui

rtteniaiidiiil de rappeler ce commissaire dont la conduite

CH. XXVIII. — l^»" AVRlL-28 JUILLET 93 117

amènerait, disait-il, une désorganisation totale et faciliterait rentrée des ennemis en France. Mais ce même jour encore, Defrenne écrivait de son côté à Bouchotte :

J'ai éprouvé beaucoup de désagrément ici depuis huit jours. Je n'ai point été faire visite à Custine lorsqu'il est passé à Maubeiige, parce que je n*aime pas ces platitudes. J'ai distribué avec exactitude et par moi-même l'excellent Père Duchesne, — Tourville lui a dit de ne pas le faire. — Toute la ville disoit que je répandois des journaux incendiaires. Des particuliers d'Avesnes s'en sont même plaints au député de la Convention ; tout rela ne m'éprouvantc pas, et j'irai en avant. Voici en consé- «pience Tafflche que j*ai fait faire et que je répands avec profusion. Veuillez me dire si vous approuvez ma conduite.

Et prenant l'offensive :

Custine a eu l'audace de se présenter ici avec un chapeau à la Dumouriez. Je prévois que nous serons encore trahis, si nous ne prenons des mesures vigoureuses et spontanées, telles que celles de licencier tous les états-majors et de les recréer dans lf»s 2i heures; mais il faut préalablement un envoi de bons i-ommissaires pour connoître à fond tous les individus qui les composent.

J'ai tant de choses à dire qu'une journée d'écriture n'y suffiroit pas ; aussi je vais me rendre à Paris pour quelques instants, et vous verrez que ma présence n'y sera pas inutile.

J. Defrenne.

Celiiez, comme on le peut croire, n'avait pas été corrigé par ses quatre jours de citadelle. Il se plaignait au Ministre, le 10 juillet, de Custine qui l'avait fait arrêter pour des journaux, ajoutant :

J'ai recommencé à en distribuer depuis mon élargissement... Si Custine s'en fâche encore, tant pis pour lui, cela prouvera davantage que les scélérats craignent toujours la vérité *.

Et le lendemain, ayant su (il n'eut pas de peine à le croire) que Bouchotte n'avait pas nui à sa prompte libération :

Page 1