CHAPITRE PREMIER
Les principes de la méthode d'inclusion
par les résines synthétiques polyvinyliques
Dans les procédés usuels d’inclusion, deux techniques se présentent, comme nous l'avons d’ailleurs déjà indiqué, pour solidifier la masse d’inclusion qui doit être nécessairement liquide au moment où se fait l'imprégnation de l’objet : soit utiliser un produit solide à froid mais facilement fusible, l'imprégnation se fera dans des bains de cette substance en fusion ; soit utiliser une solution d’un corps solide que l’on amènera à l’élat solide par évaporation.
Le premier procédé nécessite, si l’on désire obtenir des masses utilisables aux températures ordinaires, l'emploi de substances fondant entre 50 et 60° ; il y. aurait lieu de craindre des altérations thermiques qui commencent à se produire à 52°, température de la première coagulation des substances protéiques. Le beurre de cacao, fondant à 35°, peut être utilisé en place de paraffine et donne d'excellents résultats au point de vue
de la conservation des tissus. Mais, ce procédé, cité dans le manuel technique de Bolles Lee, Henneguy de 1896 (20), est pratiquement très délicat ; la réussite et l'étalement dès coupes sont très aléatoires.
Le second procédé, utilisé dans la technique à la celloïdine, est généralement très lent. Dans ce cas, d'ailleurs, le durcissement du bloc est obtenu d’abord par évaporalion lente, puis, pour éliminer les dernières traces du solvant qui seraient énergiquement retenues, on traite le bloc par un liquide dans lequel le solvant de la masse est soluble, mais non la masse elle-même : c'est l'opération de durcissement. Nous avons expérimenté des méthodes analogues avec des solutions aqueuses de gomme, et avec diverses matières plastiques en solution organique. Il est pratiquement impossible de faire des blocs par évoparation, étant donné l'énergie avec laquelle ces substances retiennent leur solvant : le centre de la masse ne durcit jamais. En appliquant le tour de main du durcissement par un liquide extrayant le solvant, nous avons pu obtenir des blocs qui ne présentaient aucun avantage sur les blocs de celloïdine et se coupaient uniquement en tranches épaisses.
Néanmoins, des pièces de 1 millimètre au plus d'épaisseur {raitées par de telles solutions, puis séchées à l'air après avoir élé sorties du bain d'imprégnation, prennent une consistance convenable à l'exécution de tranches minces montrant une excellente conservation cytologique. Mais la rélraction qui suit nécessairement l’évaporation des solutions d'inclusions est un obstacle au traitement,
par ces techniques de tissus riches en liquide ou creusés de nombreuses cavités.
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Ces procédés, excellents en principe, sont donc d'une réalisation délicate car le solvant de la matière plastique d'inclusion est difficile à éliminer totalement. Pour ne pas avoir à l’éliminer, il n’y a qu’à le supprimer et introduire la matière plastique à l’état liquide et de la durcir par polymérisation In situ.
Un grand nombre de matières plastiques dérivent, en effet, de corps de formule générale : R—CH=CH?, liquides qui, en présence d'un catalyseur, le peroxyde de Benzoyle et sous l'influence de la lumière ou de la chaleur, se polymérisent en des masses solides et transparentes dont les propriétés mécaniques varient selon le produit ulülisé. Le produit de départ est le monomère ; le produit solide obtenu est le polymère.
Imprégnons donc une pièce par une solution de peroxyde de Benzoyle dans un monomère approprié, porlons le tout dans un moule à la lumière ou à 37° (température suffisante pour produiré la réaction de polymérisation) et nous aurons réalisé une inclusion dans une malière plastique sans nous heurter aux difficultés de l’élimmation d’un solvant ; le liquide d'imprégnation se transformani par son intégralité en une masse solide.
Le. procédé de Puckett est justement la réalisation d'une telle technique. Il part des éthers méthyliques ou éthyliques de l'acide acrylique. Ces liquides, additionnés dans le commerce d'un antioxygène, l'hydroquinone, destiné à éviter leur polymérisation spontanée, sont débarrassés de ce phénol par agitation avec une solution de potasse, puis lavés avec de l’eau et enfin, après décantation, séchés sur du sulfate de soude anhydre. On obtient ainsi le monomère pur, qu'il faut conserver à la
glacière pour éviter sa polymérisation spontanée. D'autre part, on prépare une soluuon à 5 %o de peroxyde de Benzol dans ce monomère pur et on chauffe au bainmarie à 85° ce liquide jusqu'à ce qu'il ait pris une consistance sirupeuse. Il constitue la masse d'inclusion proprement dite.
Les pièces, assez volumineuses puisqu'il s'agit d'échantillons de collection microscopique, sont déshyfratés aux alcools, éclaircies au toluène, imprégnées de monomère pur. On remplit alors un cristallisoir de la masse sirupeuse ; la pièce y est déposée, on recouvre d'un couvercle ; un chauflage à 50°, de 24 à 36 heures, permet d'obtenir un disque de résine dure et transparente renfermant l'échantillon à conserver. Cette masse, très dure, peut être sciée, rabotée, polie, en blocs parallèlépipédiques permetlant, par toutes leur faces, l'examen de la pièce à la loupe binoculaire.
Puckett, d’ailleurs, fit par la méthode d'usure des coupes dans ces blocs trop durs pour être coupés au microtome et il constate sur des os ou des dents, non décalcifiés et colorés en masse avant l'inclusion, une excellente conservation des détails histologiques.
Le procédé que nous préconisons n’est autre qu'une variante de cette technique : au lieu de partir d'ester de l'acide acrylique, l'utilise comme monomère l'acétate de vinyle CH—CO—O—CH=CH? conduisant à des polymères moins durs el légèrement hydrophiles qui, au contact de l'eau, s'assouplissent considérablement ce qui a, comme on le verra plus loin, une grosse importance pour la confection et l’étalement des coupes.
Le processus des opérations ne diffère que peu de celui
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de Puckett ; toutefois le moule ne doit pas être seulement couvert mais hermétiquement bouché. Un moule en verre ne peut convenir car le démoulage serait strictement impossible. C’est donc au sujet dû moule que nous nous écarterons le plus des indications de Puckett.
Ces notions ‘préliminaires étant exposées, nous pouvons maintenant entreprendre la description de la technique proprement dite par laquelle peuvent être réalisées de telles inclusions.