VI PREFACE
sastres de 1870 eussent une explication facile et coupant court à plus ample recherche.
Je dois néanmoins reconnaître qu'à la fin ^e la lutte avec FAUemagne l'opinion publique avait eu une plus juste intuition des choses.
Je me rappelle qu'errant dans Paris, l'un des premiers jours de l'armistice, capitulard comme les camarades, dans ma sphère modeste, et prisonnier de guerre, — heureusement sur le papier, — le hasard m'amena à gravir la butte Montmartre, entrain d'enfanter tout autre chose qu'une souris, et que, sur le mur du cimetière, je lus en lettres gigantesques cette phrase menaçante : « Il faut fusiller cinquante généraux. «
Il y manquait, pour qu'elle fût impartiale, ce simple complément : « et une centaine de pékins. »
Mais ce vœu patriotique, émis par quelque gardien des canons à la veille de devenir célèbres, étendait le cercle des responsabilités et ne les concentrait pas sur une seule tête. Le besoin d'un bouc émissaire ne se faisait pas encore généralement sentir. On n'avait pas eu le temps de se recorder et en criant : « Sus à Bazaine ! » de montrer qu'on avait trouvé l'infaillible moyen de permettre à tout le monde de dormir enfin sur les deux oreilles.