‹ Les ressources de Quinola: comédie en cinq actes, en prose, et précédée d'un prologueChapitre 117 sur 132 · ACTE IV, SCÈNE XVI. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XVI. i

FOMTANARèS.

- Coirimeni D'être pas fidèle à cet inépuisable amour , qui, par trois fois, est venu me secourir , me sauver, et qui n'ayant plus qu'à s'offrir lui-même au malheur, s'immole d'une main en me tendant de l'autre, avec ceci... {ii montre la lellre)' mon honneur, l'estime du roi, l'admiration de l'univers.

(Entre Paquita qui sort après avoir fait un signe à Faosline.)

FAtsTiNE , à parL

Àh ! la voilà comtesse Sarpi!... {A Fonlanarès,) Ta vie , ta gloire , ta fortune , ton honneur sont enfin dans mes mains, et Marie n'est plus entre nous.

FONTANARÈS.

Nous! nous!

FAUSTINE

Ne me démens point, Alfonso! j'ai tout conquis de toi, ne me refuse pas ton cœur : tu n'auras jamais d'amour plus dévoué, plus soumis , ni plus intelligent; enfin, tu seras le grand homme que tu dois être.

FONTANARÈS.

Votre audace m'épouvante. (Il montre la lettre.) Avec cette somme je suis encore seul l'arbitre de ma destinée. Quand le roi verra quelle est mon œuvre et ses résultats, il fera casser le mariage obtenu par la violence, et j'aime assez Marie pour attendre.

FAUSTINE

Fontanarès^ si je vous aime follement , peut-être estce à cause de cette délicieuse simplicité, le cachet* du génie...

FONTANARÈS.

Elle me glace, quand elle sourit.

FAUSTINE

Cet or! le tenez-vous?

FONTANARÈS.

Le voici.

FAUSTINE

Et vous l'anrais-je laissé donner, si vous l'aviez dû prendre? Demain, vous trouverez tous vos créanciers.

126 QUmOLA.

entre vous et cette somme que vous leur devez. Sans or, que pourrez-vous? Votre lutte recommence! Mais ton œuvre, grand enfant I n'est pas dispersée, elle est à mol, mon Malbieu Magis en est l'acquéreur, je la tiens sous mes pieds, dans mon palais. Je suis la seule qui ne te volera ni ta gloire, ni ta fortune, ne serait-Kîe pas me voler moi-même?

FONT AN ARES

Comment, c'est toi. Vénitienne maudite!...

FAUSTiNE.

Oui... Depuis que tu m'as insultée, ici, j'ai tout conduit: et Magis et SarpI , et tes créanciers, et l'hôte dn Soleil d'or, et les ouvriers! Mais combien d'amour dans cette fausse haine? N'as-tu donc pas été réveillé par une larme , la perle de mon repentir, tombée de mes paupières, durant ton sommeil, quand je t'admirais, toi , mon martyr adoré!

FONTANARÈS.

Non , tu n'es pas une femme..*

FAUSTINE

Ah ! il y a plus qu'une femme» dans une femme qui aimé ainsi.

FONTANARÈS.

Et, comme tu n'es pas une femme, je puis te tuer.

FAUSTINE

Pourvu que ce soit de ta maîti! {À part) Il me hait!

FONTANARÈS.

Je cherche.

FAUSTINE

Est-ce quelque chose que je puisse trouver?

FONTANARÈS.

Un supplice aussi grand que ton crime.

FAUSTINE. '

Y a-t-il des supplices pour une femme qui aime? Éprouve-moi, va!

FONTAKARtS.

Tu m'aimes, Fausline, suis-je bien toute ta vie? Mes douleurs sont-elles bien les tiennes?

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