LOTHUNDIAZ , LE GRAND INQUISITEUR , DON
FRÉGOSE
DON FRÉGOSE
Je suis perdu, ruiné, déshonoré ! Aller tomber aux pieds du roi, je le trouverais impitoyable.
LOTHUNDIAZ.
A quel prix ai-je acheté la noblesse? Mon fils est mort en Flandre dans une embuscade, et ma fille se meurt; son mari, le gouverneur du Roussillon; n'a pas voulu lui permettre d'assister au triomphe de ce démon de Fontanarès. Elle avait bien raison de me dire que je me repentirais de mon aveuglement volontaire.
43i QUINOLA.
L'iirQuisiTEUR, à don Frégose,
Le saint^ffice a rappelé vos services au roi, vous ireï comme vice-roi au Pérou, vous pourrez y rétablir voire fortune; mais achevez votre ouvrage : écrasons Tinvenleur pour étouffer cette funeste invention.
Et, comment? Ne dois -je pas obéir aux ordres du roi, du moins ostensiblement.
l'inquisiteur.
Nous vous avons préparé les moyens d'obéir à la fois au saint-office et au roi. Vous n'avez qu'à m'obéir... {A Lolhundiaz.) Comte Lothundiaz , en qualité de premier magistrat municipal de Barceloone, vous offrirez au nom de la ville une couronne d'or à don Ramon, l'auteur de la découverte dont le résultat assure à l'Espagne la domination de la mer.
LOTHUNDIAZ, élonné»
A don Ramon?
l'inquisiteur et don frêgose. • A don Ramon.
don FRÉGOSE.
Vous le complimenterez.
lothundiaz.
Mais...
l'inquisiteur.
Ainsi le veut le saint-offîce.
lothundiaz, pliant le genou.
Pardon !
DON FRÉGOSE
Qu'entendez-vous crier par le peuple ?
( On crie : Viv« don Ramon ! ) LOTHUNDIAZ.
Vive don Ramon. Eb bien! tant mieux, je serai vengé du mal que je me suis fait à moi-même.