SCÈNE XI- Les mêmes, QUINOLA, DONA LOPEZ
QUINOLA
Qui a dit nigaud?
FONTANARÈS.
Pour cadeau de noces , je vous ferai anoblir , et ma femme et moi, nous vous laisserons constituer sur sa fortune un majorât pour votre flls...
MARIE
Eh bien! mon père?
QUIKOLA.
Eh bien ! monsieur ?
LOTHUNDIAZ.
Oh ! c'est ce brigand de Lavradi.
QOINOLA.
Mon maître a fait reconnaître mon innocence par le roi.
M'anoblir est alors chose bien moins difficile...
48 QUINOLA
QCINOLA.
Ah ! VOUS croyez qu'un bourgeois devient grand seigneur avec les patentes du roi? Voyons. Figurez-yous que je suis marquis de Lavradi. Mon cher , prête-moi cent ducats.
LOTHUNDIilZ.
Cent coups de bâton! Cent ducats?... le revenu d'une terre de deux mille écus d'or.
QOINOLA.
Là! voyez-vous?... Et ça veut être noble! Autre chose. Comte Lolhundiaz, avancez deux mille écus d'or à votre gendre, pour qu'il puisse accomplir ses promesses au roi d'Espagne.
LOTHUNDiAz , à Fonianatès.
Et qu'as-tu donc promis?
FONTANABÈS.
Le roi d'Espagne, instruit de mon amour pour votre fille, vient à Barcelonne voir marcher un vaisseau sans rames ni voiles , par une machine de mon invention , et nous mariera lui-même.
LOTHUNDIAZ, à part.
Ils veulent me berner... (jEraii(.)Tu feras marcher les vaisseaux tout seuls? je le veux bien, j'irai voir ça. Ça m'amusera. Mais je ne veux pas pour gendre , d'hommes à grandes visées. Les filles élevées dans nos familles n'ont pas besoin de prodiges, mais d'un homme qui se résigne à s'occuper de son ménage , et non des affaires du soleil et de la lune. Être bon père de famille est le seul prodige que je veuille en ceci.
FONTABTABÈS.
A l'âge de douze ans, votre fille, seigneur, m'a souri comme Béatrix à Dante. Enfant, elle a vu d'abord an frère en moi; puis, quand nous nous sommes sentis séparés par la fortune, elle m'a vu concevant l'entreprise hardie de combler cette distance à force de gloire. Je suis allé pour elle en Italie , étudier avec Galilée. Elle a , la première , applaudi à mon œuvre , elle Ta comprise ! elle a épousé ma pensée avant de m'épouser moi-même; elle est ainsi devenue pour moi le monde