ACTE I, SCÈNE XIV
PAQOITA.
D'un roi qui fera des conquêtes.
FAusTiNE, reconnaissant Monipodio.
Monipodio! sais-tu quel est cet homme?
VONIPODIO.
Ud homme qui va, dit-on, bouleverser le monde.
FAUSTINE
Ah ! voilà donc ce fameux inventeur dont on m*a tant parlé.
Et voici son valet.
DON FRÉGOSE
Tenez, Sarpi, voici la lettre du ministre, ]e garde celle du roi... (À Fonlanarès.) Eh bien! mon garçon, la lettre du roi me semble positive. Vous entreprenez de réaliser l'impossible! Quelque grand que vous vous fassiez, peut-être devriez-vous , dans cette affaire, prendre les conseils de don Ramon, un savant de Catalogne, qui, dans cette partie, a écrit des traités fort estimés.
FONTANARÈS.
En ceci. Excellence, les plus belles dissertations du inonde ne valent pas l'œuvre.
DON FRÉGOSE
Quelle présomption!.. {A Sarpi.) Sarpi, vous mettrez à la disposition du cavalier que voici, le navire qu'il choisira dans le port.
SARPI, au vice-roi.
. Étes-vous bien sûr que le roi le veuille?
DON FRÉGOSE
Nous verrons. En Espagne, il faut dire nnpa^er entre chaque pas qu'on fait.
SARPl.
On nous a d'ailleurs écrit de Valladolid.
FAusTiNE, au vice-roi.
De quoi s^agit-il?
DON FRÉGOSE
Oh! d'une chimère.
54 QUINOLA
FAUSTINE
Eh ! mais, tous ne savez donc pas que je les aime ?
DON FRÉGOSE
D'une chimère de savant que le roi a prise au sérieux, à cause du désastre de TÂrmada. Si ce cavalier réussit, nous aurons la cour à Barcelonne.
FAUSTINE
Mais nous lui devrons beaucoup.
DON FRÉGOSE, à Fauslme.
.Vous ne me parlez pas si gracieusement, à moil... (Haut.) Il s'est engagé sur sa tête à faire aller comme le vent, contre le vent, un vaisseau sans rames» ni voiles.
FAUSTINE
Sur sa tète. Oh ! mais, c'est un enfant?
SARPI
Et le seigneur Alfonso Fontanarès compte sur ce prodige pour épouser Marie Lothundiaz.
FAUSTINE
Ah! il aime...
QuiNOLA , tout bas, à Faustine.
Non, madame, il idolâtre.
FAUSTINE
La fille de Lothundiaz !
Vous vous intéressez à lui bien subitement.
FAUSTINE
Quand ce ne serait que pour voir la cour ici, je sou haite que ce cavalier réussisse.
DON FRÉGOSE
Madame, ne voulez-vous pas venir prendre une collation à la villa d'Avaloros? Une tartane vous attend au port.
FAUSTINE
Non , monseigneur , celte fête m'a fatiguée , et notre promenade en tartane serait de trop. Je n'ai pas comoie