‹ Les Ressources de Quinola comèdie en cinq actes, en proseChapitre 10 sur 134 · PROLOGUE, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

PROLOGUE, SCÈNE VI

prison, car on l’accuse d’êire au mieux avec le diable; et malheureusement , cette fois . le saint-oOice a raison , nous l’avons vu constamment au fond de notre bourse. Eh bien! madame, je vous en supplie, inspirez au roi la curiosité de voir un homme qui lui apporte une domination aussi étendue que celle que Colomb à donnée à l’Espagne.

LA MARQUISE

Mais, depuis que Colomb a donné le nouveau monde à l'Espagne, on nous en offre un tous les quinze jours !

Ah! madame, chaque homme de génie a le sien.

Sangodénii, il est si rare de faire honnêtement sa fortune et celle de l’État, sans rien prendre aux particuliers, que le phénomène mérite d’èlre favorisé.

LA MARQUISE

Enfin, de quoi s’agit-il?

Encore une fois! ne riez pas, madame! Il s’agit de faire aller les vaisseaux sans voiles ni rames, malgré le vent, au moyen d’une marmite pleine d’eau qui bout.

LA MARQUISE

Ah! çà, d’où viens-tu? Que dis-tu? Rêves-tu?

Et voilà ce qu’ils nous chantent tous! Ah ! vulgaire, tu es ainsi fait que l’homme de génie qui a raison dix ans avant tout le monde, passe pour un fou pendant vingt-cinq ans. 11 n’y a que moi qui croie en cet homme , et c’est à cause de cela que je l’aime : comprendre c’est égaler !

LA MARQUISE

Que, moi , je dise de telles sornettes au roi?

Madame , il n’y a que vous dans toute l’Espagne à qui le roi ne dira pas : Taisez-vous!

LA MARQUISE

Tu ne connais pas le roi, et je le connais, moi!... (A pari.) Il faut ravoir ma lettre... (Haut.) Il se présente

une circonstance heureuse pour Ion maître : on apprend en ce moment au roi la perte de l’Armada, tiens-toi sur son passage et lu lui parleras.

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