ACTE IV, SCÈNE XIV
Sarpi , en agissant contre vous comme il le fait , exécute les ordres d’un pouvoir terrible, et cette fête pourrait être, sans moi , le baiser de Judas. On vient de me confier qu’à votre sortie, et peut-être ici même, vous serez arrêté, jeté dans une prison, et votre procès commencera... pour ne jamais finir. Est-ce en une nuit qui vous reste que vous remettrez en étal le vaisseau que vous avez perdu? Quant à votre œuvre, elle est impossible à recommencer. Je veux vous sauver, vous et votre gloire , vous et votre fortune.
FONTASARÈS.
Vous ! et comment?
FAÜSTINE.
Avaloros a mis à ma disposition un de ses navires, Monipodio m’a donné ses meilleurs contrebandiers, allons à Venise, la république vous fera patricien, et vous donnera dix fois plus d’or que l’Espagne ne vous en a promis... (A part.) Et ils ne viennent pas.
FONTANARÈS. '
Et Marie? si nous l’enlevons, je crois en vous.
FAUSTINF..
Vous pensez à elle au moment où il faut choisir entre la vie et la mort. Si vous tardez, nous pouvons être perdus.
FOXTANARÈS.
Nous?... madame.