‹ Les Ressources de Quinola comèdie en cinq actes, en proseChapitre 26 sur 134 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MONIPODIO, enveloppé dans un manteau, assis sous le balcon du palais Brancadori. QUINOLA se glisse avec des précautions de voleur, et frôle Monipodio.

MOMPODIO.

Qui marche ainsi dans mes souliers?

lin gentilhomme qui n’en a plus...

(Quinola est déguenillé comme à son entrée au prologue.) MONIPODIO.

On dirait la voix de Lavradi.

Monipodio!... je te croyais... pendu.

MONIPODIO.

Je le croyais roué de coups en Afrique,

Hélas! on en reçoit partout.

HONIPODIO.

Tu as l’audace de te promener ici ?

Tu y restes bien. Moi , j’ai dans ma résille mes lettres de grâce. En attendant un marquisat et une famille , je me nomme Quinola.

HONIPODtO.

A qui donc as-tu volé ta grâce?

(jUINOLA.

Au roi.

HONIPODIO.

Tu as vu le roi? (il le flaire) et tu sens la misère.

Comme un grenier de poète. Et que fais-tu ?

UONIPO.DK).

Rien.

C’est bientôt fait ; si ça le donne des rentes , je me sens du goût pour ta profession.

HONIPODIO.

J’étais bien incompris , mon ami ! Traqué par nos ennemis politiques...

Les corrégidors , alcades et alguazils.

HONIPODIO.

Il a fallu prendre un parti....

Je te devine : de gibier tu t’es fait chasseur.

HONIPODIO.

Fi donc! je suis toujours moi-même. Seulement je m’entends avec le vice-roi. Quand un de mes hommes a comblé la mesure , je lui dis : Va-t’en : et s’il ne s’en va pas, ah! dame! la justice... Tu comprends... Ce n’est pas trahir !

Page 1