‹ Les Ressources de Quinola comèdie en cinq actes, en proseChapitre 78 sur 134 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

FONTÀNARÈS.

L’admiration est le sentiment qui se fatigue le plus promptement chez l’homme. D’ailleurs , vous ne prêtez pas sur les sentiments.

MATHIEU MAG1S

Il y a des sentiments qui rapportent et des sentiments qui ruinent. Vous êtes animés par la foi, c’est très-beau, mais c'est ruineux. Nous fîmes, il y a six mois, de petites conventions; vous me demandâtes trois mille sequins pour vos expériences...

A la condition de vous en rendre cinq mille.

FONTANARÈS.

Eh bien?

MATHIEU MAGIS

Le terme est expiré depuis deux mois.

Vous nous avez fait sommation , il y a deux mois, et, roide, le lendemain même de l’échéance.

MATHIEU MAGIS

Oh! sans fâcherie, uniquement pour être en mesure.

FONTANARÈS.

Eh bien! après?

MATHIEU IIAGIS.

Vous êtes aujourd'hui mon débiteur.

FONTANARÈS.

Déjà huit mois, passés comme un songe! Et je viens de me poser seulement cette nuit le problème à résoudre pour faire arriver l’eau froide alin de dissoudre la vapeur! Magis, mon ami, soyez mon protecteur, donnezmoi quelques jours de plus?

MATHIEU MAGIS

Oh ! tout ce que vous voudrez.

Vrai? Eh bien! voilà l’autre homme qui parait... (A Fonlanarès.) Monsieur, celui-là serait mon ami... ( A Magis.) Voyons, Magis Deux, quelques doublons?

FONTANARÈS.

Ah ! je respire.

MATHIEU MACIS

C’est tout simple. Aujourd’hui je ne suis plus seulement prêteur, je suis prêteur et coproprietaire, et je veux tirer parti de ma propriété.

Ah ! triple chien.

FONTANARÈS.

Y pensez-vous?

MATHIEU MACIS

Les capitaux sont sans foi...

Sans espérance ni charité, les écus ne sont pas catholiques.

MATHIEU MACIS

A qui vient toucher une lettre de change, nous ne pouvons pas dire : « Attendez, un homme de talent est en train de chercher une mine d’or dans un grenier ou dans une écurie! » En six mois, j’aurais doublé mes pelits sequins. Ecoutez , monsieur , j’ai une petite famille.

FON TAN ARÈS, à Quinola.

Ça a une femme.

Et si ça fait des petits, ils mangeront la Catalogne.

MATHIEU MAGIS

J’ai de lourdes charges.

FONTANARÈS.

Vous voyez comme je vis.

MATHIEU MAGIS-

Eh! monsieur, si j’étais riche, je vous prêterais... ( Quinola tend la main ) de quoi vivre mieux.

FONTANARÈS.

Attendez encore quinze jours.

MATHIEU MAGIS, à part.

Ils me fendent le cœur. Si ça me regardait, je me

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