ACTE III, SCÈNE XIV
Bon! voilà notre trésor...
(Lothundiaz et don Hnmon se font des civilités, et regardent les pièces de la machine nu fond du théâtre.)
FONTaNARÈS.
Marie , ici !
MARIE
Amenée par mon père. Ah ! mon ami, votre valet en m’apprenant votre détresse...
FONTANARÈS , à QuillOla.
Maraud !
QÜINOLA.
Mon petit-fils!
MARIE
Oh! il a mis fin à mes tourments.
FONTANARÈS.
Et qui donc vous tourmentait?
Vous ignore/, les persécutions auxquelles je suis en butte depuis votre arrivée, et surtout depuis votre querelle avec madame Brancador. Que faire contre l’autorité paternelle? elle est sans bornes. En restant au logis, je douterais de pouvoir vous conserver, non pas mon cœur, il est à vous en dépit de tout, mais ma personne...
FONTANARÈS.
Encore un martyre!
MARIE
En retardant le jour de votre triomphe, vous avez rendu ma situation insupportable. Hélas ! en vous voyant ici , je devine que nous avons souffert en même temps des maux inouïs. Pour pouvoir être à vous, je vais feindre de me donner à Dieu : j’entre ce soir au couvent.
FONTANARÈS.
Au couvent? Ils veulent nous séparer. Voilà des tortures à faire maudire la vie. Et vous, Marie, vous le principe et la fleur de ma découverte ! vous, celte étoile qui me protégeait, je vous force à rester dans le ciel. Oh ! je succombe.
(11 pleure.)
MARIE
Mais en promettant d’aller dans un couvent, j’ai obtenu de mon père le droit de venir ici : je voulais mettre une espérance dans mes adieux, voici les épargnes de la jeune fille, de votre sœur, ce que j’ai gardé pour le jour où tout vous abandonnerait.
FONTANARÙS.
Eh! qu’ai-je besoin, sans vous, de gloire, de fortune, et même de la vie?
MARIE
Acceptez ce que peut, ce que doit vous offrir celle qui sera votre femme. Si je vous sais malheureux et tourmenté, l’espérance me quittera dans ma retraite, et j'y mourrai, priant pour vous!
quinola , à Marie.
Laissez-le faire le superbe, et sauvons-le malgré lui. Chut ! je passe pour son grand-père...
(Marie donne son aumônièreà Quinola.)
lothundiaz, d don Ramon.
Ainsi, vous ne le trouvez pas fort?
don ramon.
Lequel? Oh! lui! c’est un artisan qui ne sait rien, et qui sans doute aura volé ce secret en Italie.
LOTHUNDIAZ.
Je m’ensuis toujours douté ; comme j’ai raison de résister à ma fille et de le lui refuser pour mari.
DON RAMON
Il la mettrait sur la paille. II a dévoré cinq mille sequins et s’est endetté de trois mille, en huit mois, sans arriver à un résultat; mais je suis là. Ah! parlezmoi de son grand-père; voilà un savant du premier ordre, et il a fort à faire avant de le valoir.
(Il montre Quinola.)
* LOTHUNDIAZ.
Sou grand-père?...
Oui, monsieur, mon nom de Fontanarès s’est changé à Venise, en celui de Fonlanaresi.