SCÈNE XV
Les mêmes, MARIE, LOTHUNDIAZ.
MARIE
On ne m'a donc pas trompée , vous êtes la proie de vos ennemis! A moi donc, cher Alfonso de mourir pour toi, et quelle mort? Ami, ie ciel est jaloux des amours parfaites, il nous dit par ces cruels événements, que nous appelons des hasards , qu'il n'est de bonheur que près de Dieu. Toi...
SARPI
Senora.
LOTHUNDIAZ.
Ma fille?
MARIE
Vous m'avez laissée libre en cet instant, le dernier de ma vie! je tiendrai ma promesse, tenez les vôtres. Toi, sublime inventeur, tu auras les obligations de ta grandeur, les combats de ton ambition, maintenant légitime : celte lutte occupera ta vie: tandis que la comtesse Sarpi mourra lentement et obscurément entre les quatre murs de sa maison... Mon père, et vous, comte, il est bien entendu que pour prix, de mon obéissance, la viceroyauté de Catalogne accorde au seigneur Fontanarès un nouveau délai d'un an pour son expérience.
FONTANARÈS.
Marie, vivre sans toi?...
MARIE
Vivre avec ton bourreau !
FONTANARÈS.
Adieu, je vais mourir.
MARIE
N'as-tu pas fait une promesse solennelle au roi d'Espagne , au monde?... {Bas.) Triomphe! nous mourrons après.
Ne sois point à lui, j'accepte.