‹ Les Ressources de Quinola, comédie en cinq actesChapitre 58 sur 135 · SCÈNE VIL FAUSTINE, QUINOLA · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL FAUSTINE, QUINOLA

Tu dis donc qu'il est triste?

Tout est contre lui.

(11 se fait un jeu de scène entre Fausline et Quinola à propos du bon de deux mille écus qu'elle lient à la main.)

Mais il sait lutter.

Voici deux ans que nous nageons dans les difficultés, et nous nous sommes vus quelquefois à fond : le gravier est bien dur.

Oui , mais quelle force, quel génie !

Voilà, madame, les effets de l'amour.

Et qui maintenant aime-t-il?

Toujours Marie Lothundiaz!

Une poupée!

Une vraie poupée.

Les hommes de talent sont tous ainsi...

De vrais colosses à pied d'argile.

Ils revêtent de leurs illusions une créature , et ils

s'attrapent : ils aiment leur propre création, les égoïstes !

quinola, à part.

Absolument comme les femmes!... (Haut.) Tenez, madame , je voudrais , par un moyen honnête , que cette poupée fût au fond... non... mais d'un couvent.

Tu me parais être un brave garçon.

J'aime mon maître.

Crois-tu qu'il m'ait remarquée?

Pas encore.

Parle-lui de moi.

Mais alors, il parle de me rompre un bâton sur le dos. Voyez-vous, madame, cette fille?...

Celte fille doit être à jamais perdue pour lui.

Mais s'il en mourait, madame?

Il l'aime donc bien!

Ah! ce n'est pas ma faute! De Valladolid ici, je lui ai mille fois soutenu cette thèse qu'un homme comme lui devait adorer les femmes, mais en aimer une seule, jamais.

Tu es un bien mauvais drôle! Va dire à Lothundiaz de venir me parler et de m'amener ici lui-même sa fille... (À pari.) Elle ira au couvent. quinola, à part.

Voilà l'ennemi; elle nous aime trop pour ne pas nous faire beaucoup de mal.

(Quinola sort en rencontrant don Frégose.)

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