D'VN LIVRE DE SAINT AVGVSTIN
Qvand ce grand sainct écrit de la Cité de Dieu, Ou bien le ciel descend, où il monte en ce lieu.
D'VN TABLEAV D'HELENE.
Hélène on t'a ressuscitee.
Guidon auecques son pinceau,
Oblige d'aimer le tableau
De ta beauté bien imitée :
Rien ne manque à cet ornement
Que l'action du mouuement ; Mais s'il te l'a nié, c'est assés qu'on t'adore, Il eut peur que quelqu'vn ne te rauisse encore, Et les plus chastes yeux^ quiverroient ce pourtrait, Sans doute entreprendroient ce que Paris a fait.
DV MESME
Heureux rauissement d'Helene,
Fauorable infidélité
Qui donne l'immortalité
A Guidon, pour vn peu de peine !
Ce fameux peintre efface auecques ses couleurs Vn crime à qui l'Asie a deu tous ses malheurs r
Car, enfin, ce n'est plus vn crime, Qu'elle abandonne auiourd'huy son espoux.
Ce diuorce est bien légitime ; C'est pour le ciel, qu'il n'en soit point ialoux.
de la Guerre d'Estampes. 79
DV MESME
Dans vn coin de cette peinture,
Se voit vn monstre de nature, n petit More où l'art cstalle ses grandeurs, t'qui plus il est laid, moins il a de laideurs, à l'autheur réussit, obiet qui tout consommes, slle Grecque, à montrer ses traits ingénieux, 3n dessein n'est-il pas, que ces soleils tes yeux, isques en Occident peuuent noircir les hommes ?
DV MESME
Beaux yevx, dont les puissantes fiâmes,
ladis ont brûlé iusqu'aux âmes, omment épargnés vous ces toilles de tableau, près auoir réduit cent Princes au tombeau ?
Sans doute ie sçay le mystère,
le ne le puis dissimuler,
Vostre feu ne sçauroit brûler,
Car il est icy dans sa sphère.