CLASSIFICATION DE M. ELOY
4re catégorie : Lucien Croquet — M. Légu — Vidal — Victor — Auguste S.
2e catégorie : Mme Galtié — Henri Vallat — Bris — Nouguier — n° ?.
5e Catégorie : Cuni — M",e Cer... — Bour — Henri Bil — Hoyos.
âe catégorie : Jules D... — Gaspard — Carron — Far.
à'e catégorie : Soufflet — Eobert-Tilloy.
6e catégorie A — Eyraud.
Que penser de ces deux classifications ?
Les quatre premiers échelons, chez M. Vie, qui contiennent les cas de moralité relativement supérieure, ne comprennent que 3 criminels et o normaux ; au contraire, les quatre derniers échelons contiennent 7 criminels, soit plus du double, et 5 normaux. Il est incontestable que la sagacité de M. Vie ne s'est pas trouvée eD défaut, pour les criminels ; il a moins bien dépisté les normaux, puisqu'il les a répartis en nombre égal dans les deux catégories. Les deux moitiés de la classification de M. Eloy sont à peu près équivalentes, sauf qu'il a un criminel de moins dans la moitié supérieure et un honnête homme de moins dans la moitié inférieure.
Quant aux erreurs dans la comparaison des couples, elles sont au nombre de o sur 11 pour M. Vie et aussi pour M. Eloy.
Elles ont porté sur Vallat, Jules D., la femme Gallié, Vidal, Carron le parricide, l'Inverti et enfin Hoyos.
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11 y aurait lieu, pour finir, de rechercher si quelque analogie se découvre entre les résultats d'examen de nos trois experts. Peu nombreux sont les noms de ceux qui ont été mis
dans la même catégorie par tous; j'entends par même catégorie la première moitié ou la seconde de la série hiérarchique ; Lucien Croquet, n° 2, Bour, Cuny, Henri Bil, Far, Gaspard, Eyraud, Tilloy sont seuls dans ce cas. C'est vraiment très peu, que pour 9 écritures sur 22 les graphologues se soient mis d'accord. Ils sont donc en opposition pour 13, et déjà ce désaccord sur la majorité des écritures nous démontre d'une manière évidente que la matière à traiter ici est bien délicate.
Nous avons constaté, à propos delà graphologie de l'intelligence, que les experts arrivent assez bien à définir les caractères d'une écriture intelligente. Il n'en est pas de même ici ; et cette observation ne manque pas de gravité. J'y porterai toutes les atténuations qu'on voudra, et je reconnaîtrai avec plaisir que si les documents avaient été plus abondants, on aurait fait mieux. Soit. Je sais même gré aux graphologues de ne pas s'être retranchés derrière l'insuffisance des documents. Il n'en reste pas moins vrai, malheureusement, qu'une opinion commune n'a pas pu se former sur la moralité dans les écritures, et il semble qu'on a le droit d'en conclure que cette graphologie-là est beaucoup moins avancée que celle de l'intelligence.
Pour les couples à comparer, les mêmes divergences se manifestent entre nos trois experts. M. Crépieux Jamin se trompe sur la moralité de Carron, le parricide, sur celle de Hoyos et celle de l'Inverti ; M. Vie ne commet aucune erreur sur eux; il se trompe sur d'autres; M. Eloy se méprend un peu sur les mêmes que M. Vie, un peu sur les mêmes que M. Crépieux-Jamin. Des rencontres sont inévitables quand on opère sur d'aussi petits nombres ; mais ces rencontres n'ont rien de significatif.
Par-dessus tout, c'est le quantum d'erreurs qui nous étonne. La moindre est de 3 sur 11, ce qui est considérable, relativement à ce que nous avions constaté dans nos études graphiques sur l'intelligence. Nous sommes loin du pourcentage de 90 diagnostics justes ; nous n'atteignons ici que 73 pour le plus avisé des graphologues, 64 pour le second, et aussi pour le troisième. Les doutes, les hésitations, les changements d'opinions, dont quelques experts ont bien voulu nous faire la confidence montrent encore, et d'une autre manière, com-
bien ces questions sont encore mal étudiées ; et certainement, M. Crépieux -Jamin, qui sait si bien quand il doit douter de lui-même, qui est non seulement le plus savant, mais le plus douteur de tous mes experts, n'a pas été grandement surpris des erreurs que nous avons été obligé d'inscrire à son actif. Ces erreurs n'ont rien de décourageant. Il De faut jamais se décourager. Il faut chercher, travailler, et surtout travailler mieux, avec des méthodes plus sûres, ne pas oublier que sans l'observation et l'expérimentation méthodique on n'aboutit à rien, ou plutôt on aboutit à des conclusions dont l'exactitude ne se contrôle pas et qui permettent des illusions dangereuses. Admettons que la graphologie du caractère, et en particulier celle de la bonté, peut s'amender,se perfectionner, égaler la précision à laquelle a déjà atteint la graphologie de l'intelligence. Espérons-le; mais confessons que pour le moment, ce n'est encore qu'une lueur incertaine.