‹ Les revenantsChapitre 38 sur 39 · LE DERNIER SOURIRE · texte numérisé non relu

LE DERNIER SOURIRE

L'année suivante, durant les mascarades, Adolphe, devenu notaire à Paris, alla seul incognito, par une coupable distraction, à un bal masqué de l'Opéra-Comique.

Il devait faire le lendemain un acte ennuyeux, suivant son style, c'est-à-dire qu'il devait se marier avec mademoiselle Marie-Angéline Boucher, fille mineure, d'un blond hasardé et riche.

Cependant l'ivresse de la danse troubla le cœur d'Adolphe , si bien qu'il oublia son rôle

austère et se jeta à corps perdu dans un galop orageux.

Pour danser le galop les hardis danseurs s'emparent de la première venue, au dépit des amants craintifs, qui promènent silencieusement leurs maîtresses.

La première venue pour Adolphe fut Ànaïs.

— Anaïs !

— Adolphe !

Au même instant une bourrasque violente sépara les anciens amants, et ils ne se revirent pas. Et ils ne se reverront plus, — plus jamais !

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— Si je lui écrivais, dit le lendemain Anaïs en tendant les bras avec ardeur comme pour ressaisir une de ces heures enlevées de sa joyeuse insouciance.

A M. Adolphe Lebrun, notaire à Paris»

« Monsieur,

» Vous avez daigné me sourire, l'autre nuit, au bal de l'Opér a-Comique.

» Allons, je suis une bonne fille, j'oublie votre barbarie, je ne me souviens que de mon amour.

m Lord Sur — est en voyage, j'ai quelques jours de loisir : me feriez-vous l'insigne honneur de venir me voir rue Laffite, 24?

» Anaïs de Sauit-Gbbhaifi. »

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