ACTE III, SCÈNE III. àS
MATHÉus, à part.
Il faut que je m'assure... (Haut.) Vous ne Pavez pas vu ce matin?*...
ocTAViE, très-naturellement.
Léonidas?... non.
MATHÉUS, en confidence. Je l'ai vu . . . moi ! . . .
LÉONiADS, à part, Que dit-il?...
OCTAVIE, intriguée.
Où donc?...
MATHÉUS, d'un air fin.
Tout à l'heure. . . en venant, j'ai aperçu mon gaillard. . . qui se glissait mystérieusement... chez la petite Coraline, votre amie intime!
LÉONIDAS, à part, pouffant de rire.
Menteur!. ..
OCTAVIE, rassurée, à part.
Ati! je devine. . . un piège!... {Haut et gaiment.) E\\ bien l tant mieux !. . . ce cher Léonidas. . . si ça l'amuse. . . je ne suis pas une duègne sévère, moi. . . chargée de veiller sur lui. . . MATHÉUS, à part.
Ça ne lui fait rien ! . . . je suis un tigre de jalousie !
OCTAVIE, toujours gaiment.
D'ailleurs, vous avez peut-être rêvé cela. . . comme tout le reste.
MATHÉUS, reprenant sa confiance.
C'est possible. . . j'en ai tant vu !.. . tant vu. . . et de toutes les couleurs. . . .sans compter une rivière d'émcraudes. . . que vous portiez. . . (.4 ce moment Octavic porte la main à sa figure et il aperçoit la bague de Léonidas.) Tiens ! . . . Quelle est donc celle bague? OCTAVIE, à part.
Oh !
LÉONIDAS, « part.
Aïe! aïe!
OCTAVIE, embarrassée.
C'est . . . c'est une perle ! . . .
MATHÉUS, virement.
Parbleu ! . . . je le vois bien ! . . . une perle magnifique. . . mais je ne vous la connaissais pas. . . vous ne l'aviez pas, hier. , .
Cest possible ! . . .
MATHÉUS, à part, frappé.
Oh! mon rèr*! {Haut.) On vous l'a donc apportée, ce malin?...
* Mathéus. — Octavie. — T-éonidas,
OCTAVIE
Appaiemmeni !
MATHÉUS
Qui ça ?
OCTAVIE
Le joaillier!
MATHÉUS, s' animant.
Avant le jour?
OCTAVIE
Pourquoi pas?
MATHÉUS
Laissez donc ! . . .
OCTAVIE
Eh ! qui voulez-vous que ce soit?
MATHÉUS, qui remonte agité.
Quelqu'un qui m'a précédé ici. . . un amant peut-être. (Léonidas referme vivement sa porte.) Oh ! la porte qui vient de se fermer ! . . . OCTAVIE, passant vivement à droite.
La porte. . . c'est. . . le vent peut-être.
Lèvent!. ..
OCTAVIE, se posant et avec audace.
D'ailleurs, Monsieur, quand ce serait un amant?
MATHÉUS
Un amant, que vous auriez caché.
OCTAVIE, appuyant.
Que j'aurais caché!
MATHÉUS
Dans votre chambre ?
OCTAVIF.
Dans ma chambre ! Eh bien ! après?
MATHÉUS, reprenant sa colère.
Après? oh! c'est joli ! . . . Je le jetterais par la fenêtre, avant !
ccTAVie, essayant de rire.
Par la fenêtre — je vous en défie... Il n'y en a point...
MATHÉUS
N'importe, je le verrai.
OCTAVIE, lui barrant le passage.
Je vous le défends... vous ne le verrez pas !
MATHÉUS, la faisant repasser à gauche et ouvrant la porte. Je le verrai *. . .
OCTAVIE, à part^ tremblante.
Je suis perdue!. . .
MATHÉUS, immobile sur le seuil.
Ah !.. . 11 n'y a personne ! . . .
* Octavie. — Mathéus.