‹ Les rêves de MathéusChapitre 45 sur 71 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

GONINBEPxG, GABRIELLE, MÈRE MARTHE.

GABRIELLE, sc mettant vivement entre eux. Non, non ! . . . M. Goninberg. . . je vous en conjure. . • je consens à tout, je serai votre femme. . .

MÈRE MARTHE

Qu'est-ce que tu dis-là?

GONINBERG, s'arrêlant.

Ma femme ! . . . Vous ! . . . mamzelle Gabriellc !

GABRIELLE

Dès aujourd'hui.. . Quand vous l'exigerez...

coM>BERG, arec juie.

\ l'instant même j'envoie prévenir le bourgmestre. Ce soir les liaiiçailles! {Il passe à drcj'ii,'.)

ACTi; IV, SCENE Ilf. 47

MKKii MARTHE, vivciHcnt, pussc four ïanctcr. Je lie veux pas. . . {A sa fille.) Te sacrifier pour moi. ((jabrtellc ta calme et lui sourit tristement.)

GONiNBERG, à Gabriellc. * N'écoutez pas votre respectable grand'inère... Elle raisonne comme mon tourne-broche. . .

MÈRE MARTHE, se fdchanl.

c'est-à-dire que ma tète déménage?

GONINBERG.

Oui. . . vous lui feriez manquer le meilleur parti du pays î . . .

MÈRE MARTHE, avec iroiiie.

Oh ! le meilleur ! . . .

GONINBERG.

Dam! puisque je suis le seul!. . . Vous verrez, ma petite tourterelle! quel ménage de pigeonneaux nous ferons!,. . D'abord, en votre honneur. . , j'agrandis mon auberge. . . J'achète les restes de ce vieux château. (// le monire.)

GABRiELLE, étonixêe.

Le château des comtes de Schlitz qui tombe en ruines ! . . .

MÈRE MARTHE, effrayée.

Et qui est abandonné depuis trente ans. . . parce que l'àme du dernier comte de Schlitz... un méchant homme, y revient toutes les nuits!..,

GONINBERG, souriant.

Son âme?. .. Il n'en avait point... Elle ne peut pas revenir!...

MÈRE MARTHE, Continuant.

Et lorsqu'on ose pénétrer dans sa chambre, le fantôme vous tord le col !

GONINBERG, passc entre clles, à mi-voix et ricinl '^*. Des contes de nourrice! qu« j'ai accrédités moi-même... si bien que le propriétaire actuel ne veut plus l'habiter et qu'il me le donnera pour une croûte de pain. J'en ferai un hôtel magnifique, à l'enseigne du Revenant! Alors vous deviendrez une grosse petite richarde!.., nous vivrons longtemps, et nous aurons beaucoup d'enfants.

MÈRE MARTHE, criant.

Je ne veux pas. . .

GONINBERG, Se trompant On n'ira pas vous demander la permission.

MÈRE MARTHE

Je ne vous donne pas ma Gabrielle.

GABRIELLE, bttS .

Ma mère!...

* Mère Marthe. — Gabrielle. — Goninberg. " Mère Marthe. — Goninberg. — Gabrielle.

48 LES RÊVES DE MATUÉlîS.

GOîsi>BERG, se fâchant aussi.

Ah! mais, diles donc, locataire insolvable et têtue!... si vous faites tant la pimbêche!. . . je reprends ma parole, et. . .

GABRIELLE hoS.

Non, non... Monsieur Goninberg, je la déciderai !

GONINBERG, bOS.

H me faut son consentement par écrit ou sinon. . .

MÈRE MARTHE, pIcUTÎlichaïU.

Elle est à moi, je la garderai . . .

GABRIELLE, bns à Goninberg.

Ne lui diles rien... je vous apporterai ce consentement... Venez, venez ma mère.

MÈRE MARTHE, Sortant avec elle.

Je n'veux pas !... je ii'vèui pas !... je h' veux pas !... ( Elles sortent par la droite. )

GONINBERG. Setll.

Quelle vieille coriace !... {Haussant les épaules.) Pourquoi donc qu'on ne supprime pas les vieilles femmes!... Je vous demande à quoi ça sert?. ..

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