SCÈNE VII
LES JiÊMES, GONINBERG.
GONINBERG, ret^cnant par la droite, bas à Gabrielle. Le bourgmestre va venir ainsi que nos voisins, . . Ah! <;a, que me veut-on ?
GABRIELLE, troublée et l'interrompant.
C'est. . . c'est monsieur. . . qui demande sa carte. . .
MATHÉUS, à part.
Ah ! elle est servante ici! . . . Je ne souffrirai pas ça! . . .
GONINBERG
Sa carte!... bien, bien.
MATHÉUS, fièrement.
Et un cure-dent!. ..
GONINBERG, f/wj resserre un étui, à part. Je ne veux j)as qu'elle voye que je me sers de lunettes. .. [Hautà Gabrielle qitiest prèsdu comptoir.) Eh bien! ma petite Gabrielle... prenez un bout de papier sur le comptoir. . . et écrivez. . . GABRIELLE, distraite, ouvre le livre de comptes, prend la lettre retournée que Goninberg y a serrée et écrit sur la page blanche. Oui, M. Goninberg ! . . .
GONINBERG, dictant.
Nous disons. . . jambon sauté aux olives. . .
MATHÉUS, à sa table.
Du tout. . . choucroute au lard . . .
GONINBERG.
Ça ne fait rien. . . c'est le même prix!.. Une bouteille de Uordeaux ! . . .
MATHÉUS
Du tout ! . . . un pot de bière . . .
M LliS RÊVES Di: MATHÉLS.
CONINBERG.
Ça ne fait rien . . . c'est le naême prix ! . . . Café et liqueur
MATHÉUS-
Ah ça! Il est plein d'imagination!. . . (Criant.) Je n'en ai pas eu!..
COSINBERG.
Ça ne fait rien . . . c'est le môme prix. {A GabricUe.) Total. . . deuxrixdallers.
GABRiELLE, Se récriant, à elle même.
Oh ! par exemple ! . . .
MATHÉUS, indigné, passant près de GahrieUe et prenant le papier.
Deux rixdallers ! . . . Dites donc. . . Est-ce que vous cultivez la ph.irmacie?. . . Votre carte est un mémoire d'apothicaire, entendez-vous, maître queux?. . . (Il met la carte dans sa poche.)
GOMNBERG, sc crotjant injurie.
Comment, maitre gueux?. . .
MATHÉUS
J'avais dit : maître queux... mais j'adopte votre version. .. comme plus exacte !
CONINBERG, se fâchant.
Payez-moi ... ou je vous mène chez le juge?. . .
MATHÉUS, xwnlant sortir.
J'allais vous demander son adresse pour vous y conduire ! . . .
GomBERG, harrant la porte.
Vous ne sortirez pas ! . . .
GABRIELLE, has à Matkéus.
Donnez-lui .ses deux rixdallers !. . .
MATHÉUS, bas.
Mes principes s'y opposent... et autre chose aussi. (Haut.) Supposez que j'aie oublié ma bourse.
GOMNBERG, éclatant.
Ah ! voilà le grand mot lâché ! . . .
Air : Allex, emblème des masses...
On vient manger tout son saoul, Puis on dit (c'est la ressource) :
Chez moi, j'ai laissé ma bourse, Et l'on part comme un filou î...
Insolent!
MATHÉUS, marchant sur lui.
GABRIELLE, alarmée.
M, Goninberg!
GONiNBERG, appelant à son secours.
A moi, Péters ! Saussmann ! , . .
AOTE IV, SCEM: Mil.
BUTHÉcs, s'armant d'une broche qui est à sa portée. (Suite de l'air.) Ahl vous appelez vos garçons!...
La bataille sera complète, De vous, et de vos marmitons, Je m'en vais faire une brochette î
ENSEMBLE
SH
G0NII«BERG.
De ce drôle sans le sou, Délivrez-moi, je vous prie!
Chassez de l'hôtellerie Ce vagabond, ce filou.
MATHÉUS
Prenez vite ce grigou!
Et chassez-le, je vous prie.
Car, de cette hôtellerie, Il est le premier filou.
GARÇONS accourant.
Ah I vous n'avez pas le sou?
Filez sans cérémonie, Car, dans son hôtellerie, H ne veut point de filou.
GABRIELLE
Ah! de grâce, calmez-vous.
Partez donc, je vous en prie 1 Sortez de l'hôtellerie...
N'excitez pas leur courroux!..