SCÈNE V
Les mêmes, les paysans, les paysannes arec des bouquets , dis branches de feuillage, GONINBERG, avec eux; ils arrivent par la gauche, derrière le lit ; MARTHE et les valets de Mathéus accourent par la droite, ensuite BERTHOLD.
CHOEUR
Air : Guerre, guerre (Norma.) Cloire! (bis) quelle allégresse!
Enfin, pour lui Un sort heureux a lui.
Gloire! (bis) à sa richesse.
Rendons honneur.
Et, vive monseigneur !
{Goninberg, le bonnet à la main, se confond en salutations.)
MATHÉus, ahuri.
Qu'est-ce qu'ils ont?. . . qu'est-ce qu'ils me veulent?
MARXnE.
Je n'en sais rien. . . mais j'en pleure de joie! {On entend deloin Berthold, criant •• Mon cher naî'.re .'. . Où es''il? oii est-il?. . .) BERTHOLD, entrant, essoufflé.
Ah!
MATHÉUS
Berlhoîd ! mon ami ! . . . Tu n'es donc pas morl?
BERTHOLD, élounc, et gaîment.
Moi! je ne l'ai jamais été de ma vie.... et j'accours pour vous sauver.
MATHÉUS
Me sauver?. ...
BERTUOLD.
Apprenez . . .
MATHÉUS, vivmcnt.
.)e lésais. . . Tu me l'avais dit.
7i LES UÈVKS DE MATHELS.
BERTHOLD, vivement.
Moi?. . . jamais ! . . • (Avec bonté.) Ça m'a bien coûté ; mais j'a-vais juré à votre père d'attendre que le malheur vous eût bien
iprouvé
MATH EUS, hochant la tête.
C'est fait!...
liERiaOLD.
Que VOUS fussiez bien corrigé. . .
MATUÉUS.
i^h ! c'est fait.
BERTHOLD
Alors, j'ai couru à la maison des Rosiers. . .
MATiiÉLS, troxihlé.
Eh bien!. . • mais. . . la danseuse?. . .
BERTBOLD.
Je la lui avais rachetée sous-main elle n'y tenait pas plus
qu'à vous. . . Elle ne se doutait pas des richesses immenses que le
vieux lapidaire y avait enfouies ! J'ai racheté votre hôtel, qui
vous attend. . . J'ai racheté votre liberté. {Il montre l'aubergiste). MATHÉus, à Goninherg.
Ah! maître gueux.'. . je maintiens votre version.
GONiNBERG, Saluant avecgaîté.
Tout ce qu'il vous plaira, Monseigneur! . . . Je suis payé. . . et ma femme est morte !..
BERTHOLD
Votre voiture est en bas, et voici vos gens. . .
{Les valets s'avancent d'un pas et le saluent.)
MATHÉUS
Mes gens aussi ! . . . Tu as donc tout racheté!... (L'embrassant.) Mon sauveur! mon ami!.. Gabrielle! et vous, bonne mère Marthe, nous ne nous quitterons plus ! . . . O mes rêves !.... J'élèverai une statue au cauchemar ! . . .
Ani : Le joli rêve. [Au public).
Enfin, nous allons être heureux, Cette fois ce n'est plus un songe.
Non, tout cela n'est pas mensonge...
En voyant ces traits gracieux, .lene dors plus. .. J'en croismes yeux, Fortune, amour, comblent mes vœux 1
Rendons hommage A monseigueur, Après l'orage Vient le bonheur.
Mais plus on a, plus on désire ; Et mon bonheur est incomplet Si je n'obtiens le doux secret De vous plaire, et de pouvoir dire Le joli rêve que j'ai fait. {bis).
Ah t le beau rêve que j'ai fait.
CHOEUR
Rendons hommage A monseigneur, Après l'orage Revient le bonheur,